Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.4)

16 Mai

Another year : encore un film qui parle de la banlieue.

A Cannes, où l’on consomme du cinéma de façon excessive, dans des conditions physiques pas toujours évidentes, le sentiment de passer à côté d’un film n’est pas étranger. C’est le cas avec Another Year de Mike Leigh, film en Compétition : en sortant d’une projection matinale (presse + public) abondamment applaudie, on pense avoir mal compris un sommet d’émotion, le portrait subtil de deux sexagénaires par un des grands noms du cinéma britannique d’aujourd’hui. Pourtant, une certaine complaisance dans la recherche d’effets comiques ou dramatiques et la lourdeur du dispositif scénaristique (le film est découpé selon les saisons de l’année) font qu’on ne peut pas complètement croire à la sincérité du réalisateur de Secrets et mensonges. On ne peut en tout cas ignorer le superbe travail esthétique qu’il accomplit avec son chef opérateur attitré, Dick Pope, qui compose ses cadres en scope comme autant de magnifiques tableaux vivants.

En parlant d’artistes de la lumière, Vilmos Szigmond fut en son temps l’un des plus brillants directeurs de la photographie américains. Pourtant, son travail sur You Will Meet a Tall Dark Stranger (hors compétition), le dernier Woody Allen, ne reflète en rien sa splendeur passée. Néanmoins, ce n’est pas trop préjudiciable au film, petit ajout annuel à la filmographie du cinéaste, pas désagréable à voir, mais très loin d’être inoubliable.

Relativement désespéré après avoir effacé mon compte-rendu avant de le récrire totalement de mémoire, je décide de me consoler en allant voir la projection de presse du dernier Gregg Araki, présenté en séance de minuit et intitulé Kaboom. Si le je-m’en-foutisme punk du cinéaste séduit dans un premier temps, la désinvolture totale de l’entreprise finit par lasser. Le traitement de l’image, tournée en vidéo HD criarde, n’arrange pas vraiment les choses.

On revient à plus de retenue avec le nouveau film de la Compétition, Un homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun. Drame sur les relations d’un père et son fils sur fond de guerre civile au Tchad, le film laisse souvent perplexe. La mise en scène, très en retenue, finit par laisser de côté le spectateur de côté et on se contente de décrypter les intentions du cinéaste plutôt que de vivre son film.

On termine la journée (cinématographique, car la nuit, elle, ne fait que commencer) avec le visionnage au Marché de Happythankyoumoreplease de et avec Josh Radnor, prix du public au Festival de Sundance. Cette récompense en dit long sur ce film « indépendant », calibré au possible, dans lequel on chercherait en vain la moindre once d’originalité. Enfin, en attendant de prendre l’apéro, ça détend un peu.

Demain, si l’absence de sommeil n’anéantit pas votre humble serviteur, on parle de La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier et Outrage de Takeshi Kitano.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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