Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.6)

18 Mai

Dans Biutiful, Javier Bardem croque la vie à pleines dents.

L’avantage avec Alejandro Gonzales Inarritu, c’est qu’il n’y a jamais tromperie sur la marchandise : l’affiche (provisoire) de Biutiful (en Compétition) représente un Javier Bardem en train de faire la gueule. De fait, pendant 2h18, tous les malheurs du monde s’abattent sur lui. Quand il regarde un mur, celui-ci est suintant et couvert de grosses blattes. Quand il va aux toilettes, c’est pour pisser du sang. Et quand il comprend qu’il est malade, c’est évidemment un cancer. On énumèrera pas les autres réjouissances, mais elles sont le coeur de ce nouveau film qui ressemble à un worst of de son cinéma. La mise en images est évidemment brillante, mais bon, tout ça pour ça, comme disait le poète.

La mise en scène de Tamara Drewe de Stephen Frears, présenté hors compétition, ferait fuir au premier abord. Il ne faut surtout pas se fier à cette première impression tant le cinéaste semble s’amuser comme il ne l’avait pas fait depuis longtemps avec cette comédie réjouissante.

Comme la journée ne permet pas de temps mort devant l’abondance de films tentants, on enchaîne avec Carancho, nouveau film de Pablo Trapero, présenté à un Certain Regard. Toujours porté par un regard très documentaire, le réalisateur de Leonera raconte une histoire d’amour sur fonds d’intrigue criminelle et d’accidents de la route. Quelques concessions commerciales laissent à penser que ce film pourrait être pour lui un passeport hollywoodien. Le résultat à l’écran est en tout cas toujours impressionnant.

L’abondance de films me fait renoncer à la projection de Film socialisme de Jean-Luc Godard (qui ne fait plus le voyage sur la Croisette, suscitant de nombreuses réactions) pour aller m’encanailler au Marché avec Hybrid, d’Eric Valette, tourné depuis longtemps, et présenté à la surprise de tous en 3D, par ses producteurs. Le résultat, sous influence très Carpenter avec sa voiture qui tue, rappelle les petites productions horrifiques américaines des années 80, qu’on regardait avec plaisir en VHS. Ni plus, ni moins.

Copie conforme, d’Abbas Kiarostami (en Compétition) ne joue pas sur les mêmes effets, même si le réalisateur se montre très ludique, roublard et finalement assez manipulateur sur ce nouveau film. On prend beaucoup de plaisir à suivre les déambulations d’un couple dans les rues d’une petite ville de Toscane, où la confusion des sentiments se transforme en une confusion toute Buñuelienne des personnages, auquel le cinéaste semble faire référence à travers une apparition amicale de Jean-Claude Carrière.

Pour finir, la journée en beauté, un film s’impose : ça tombe bien, La Meute, de Franck Richard, annoncé au Cinéma de la plage, puis déplacé à cause de son visa de censure, est projeté dans la très confortable salle Buñuel. Comme pour Hybrid, évoqué au-dessus, on peu là aussi parler de divertissement pour nostalgique des années 80. Même si l’ensemble ne tient pas toujours la route, le casting semble bien s’amuser et le jeune cinéaste parvient à créer une atmosphère avec peu de moyens.

Demain, avant d’en parler, on essaie de voir Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois et Mon bonheur de Sergei Loznitsa.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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