Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.7)

19 Mai

Lambert Wilson a décidé qu’il n’y aurait désormais plus rien à manger à la cantoche du Festival.

Trop de soirée au Petit Majestic tue le sommeil du festivalier. C’est ainsi que seuls les deux films de la Compétition seront chroniqués aujourd’hui.

On commence avec Des hommes et des dieux, quatrième film de Xavier Beauvois, présenté dans la grande salle du Théâtre Lumière. Tout le monde était très curieux de savoir ce que le réalisateur du Petit lieutenant allait faire avec un sujet très difficile ; l’enlèvement puis l’exécution de sept moines français dans l’Algérie du milieu des années 90.

Autant décourager tout de suite les amateurs de scoop et de polémiques, le cinéaste ne se livre pas du tout à un film-enquête. Il préfère dresser le portrait de ces hommes, retranscrire leur vie quotidienne, et évoquer le rapport qu’ils entretiennent avec la religion et avec leur foi. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas été confronté à une mise en scène d’une si belle simplicité et d’une telle évidence. Michael Lonsdale, Lambert Wilson et le reste de la distribution sont à l’unisson de ce travail et le tout culmine dans une scène de repas déjà abondamment commentée, probablement ce que l’on a vu de plus beau sur un écran cannois cette année.

My Joy (titre bien ironique), laisse nettement plus dubitatif. Première incursion dans la fiction pour le réalisateur Sergei Loznitsa, ce film tourné dans le nord de l’Ukraine suit les parcours de plusieurs personnages aux destinées bien souvent tragiques. Résolu à ne pas expliquer grand-chose à ses spectateurs, le cinéaste passe d’un personnage à un autre, d’un récit à un autre (avec quelques flashbacks pour embrouiller le tout) en ne laissant comme seuls signes possibles de compréhensions, que des échos à l’intérieur même du film. Des scènes se répondent, des thèmes reviennent de façon récurrente et plusieurs récits de personnages prennent corps à un moment ou à un autre du film.

Mais, à peine a-t-il donné une piste pour éclairer son récit que le réalisateur pose de nouvelles questions pour semer le trouble sur ses intentions. Ce principe de confusion, appliqué à une mise en scène très rigoureuse, et parfois spectaculaire dans ses effets, a certes un côté séduisant, mais l’ensemble manque au bout du compte d’incarnation et ressemble plus à un brillant exercice de style qu’à un vrai projet de film.

Demain, on tente de parler des films Poetry de Lee Chang-dong et La nostra vita de Daniele Luchetti.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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6 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.7)”

  1. jenny mercredi 19 mai 2010 à 170514 #

    Ah : FX, quand il n’écrit pas le journal d’un Cutien après avoir écumé les salles obscures et les fêtes, il parle du cinéma Z dans Métropolis, sur Arte :

    http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/3210966.html

    Quel homme.

  2. rock mercredi 19 mai 2010 à 170552 #

    Un big bravo !

  3. FX mercredi 19 mai 2010 à 200808 #

    Merci, merci…

  4. Greg LAUERT mercredi 19 mai 2010 à 200842 #

    Tu nous fais donc doublement vivre Cannes cette année.

    Sacré FX ….

  5. stef et stef mercredi 19 mai 2010 à 210900 #

    Je ne suis pas allée à cannes, mais avec le reportage consacré à FX, j’ai vécu mon petit marché du film, vive les DEAD…

  6. rock mercredi 19 mai 2010 à 210934 #

    L’homme au double canon, quel coquin…

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