Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.9)

21 Mai

Naomi Watts est encore mise au piquet

Alors qu’hier la polémique autour de la sélection de Carlos (téléfilm d’Olivier Assayas) Hors Compétition suscitait encore la polémique, la présence aujourd’hui de Fair Game (en photo) de Doug Liman en Compétition relève un peu du même problème tant ce thriller semble formaté pour le petit écran. En racontant l’histoire récente de Valérie Plame, de la CIA, dont la couverture fut dévoilée par l’administration Bush, le réalisateur de Jumper semble abdiquer tout point de vue et toute ambition de mise en scène. Ni vraiment pédagogique (on n’apprend rien qu’on n’aie déjà lu dans la presse), ni divertissant, le film fait amèrement regretter la grande époque du thriller politique dont Les Hommes du Président d’Alan J. Pakula, fut l’un des plus dignes représentants.

Encore une fiction très télévisuelle à Un Certain Regard, Simon Werner a disparu de Fabrice Gobert, qui vient justement de l’univers du petit écran. Et cela se sent à chaque plan de ce thriller situé dans un lycée et découpé comme le Rashomon de Kurosawa. A part titiller la fibre nostalgique des trentenaires presque quadragénaires, le réalisateur rate à peu près tout ce qu’il entreprend. Ni vrai thriller, ni divertissement pour adolescents, son film provoque rapidement l’ennui, tant la structure très artificielle du récit impose de nombreuses répétions dans une histoire déjà pas très passionnante.

Toujours dans la section Un Certain Regard, l’antithèse de Simon Werner, Rebecca H. (Return to the Dogs) de Lodge Kerrigan, mélange troublant de documentaire et de fiction sur le tournage avorté d’une biographie de la chanteuse Grace Slick du groupe Jefferson Airplaine. Assez peu accessible, très aride, le film du réalisateur de Clean Shaven finit pourtant par créer une certaine fascination, à laquelle Géraldine Pailhas, formidable, n’est pas étrangère.

On est nettement moins fasciné par le dernier opus de Ken Loach, Route Irish, sélectionné en dernière minute et pour l’instant le plus mauvais film de la compétition. Ne reculant devant aucune facilité scénaristique et jouant de façon écœurante la carte de l’émotion, le réalisateur de Kes accumule les clichés et les invraisemblances pour dénoncer les exactions de mercenaires britanniques en Irak.

Pour se laver les yeux et les oreilles, on quitte un instant l’actualité cinématographique pour redécouvrir Psychose d’Alfred Hitchcock, dans la sélection Cannes Classic. Présenté dans une copie numérique où l’image et le son ont été restaurés, ce film fondateur du cinéma moderne a séduit un public en majorité assez jeune. Celui-ci a malheureusement du supporter pendant les vingt dernières minutes du film une succession de morceaux de pop provenant de l’extérieur et parasitant la vision de l’œuvre à cause de la très mauvaise isolation sonore de la récente salle du 60e.

Demain, si tout va bien, on parle de Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb, d’Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, d’Apichatpong Weerasethakul et d’Un garçon fragile, le projet Frankenstein, de Kornel Mundruczo.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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