Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.10)

22 Mai

Malgré les restrictions prises par Lambert Wilson, la cantine du festival est à nouveau vivante.

Vendredi, 8h30 : on va enfin connaître le contenu tellement polémique du film Hors-la-loi (Compétition) de Rachid Bouchareb. Devant la menace d’une manifestation et de perturbation des séances du film, la ville de Cannes et le Festival réagissent de façon assez spectaculaire : plusieurs cars de CRS, des policiers en tenue anti-émeute un peu partout autour du palais et une fouille systématique des sacs avec interdiction d’emporter tout flacon dans les salles de projection toute la journée. Pas pratique quand on a dormi trois heures et qu’on a la gueule de bois d’être privé d’eau à chaque séance. Ce manque de sommeil va d’ailleurs m’obliger à m’y prendre à deux fois pour visionner le film de Rachid Bouchareb. Après une projection et demie, pas de doute, la polémique suscitée par ce film très sage et très scolaire paraît bien disproportionnée. Il est difficile de dire beaucoup plus d’un film que son réalisateur voulait dans le sillage du Coup de Sirocco d’Alexandre Arcady et d’Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. On ne dira pas de quel côté il penche.

En Compétition encore, Oncle Bomlee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (en photo), meilleur film d’Apichatpong Weerasethakul et avec Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, plus sérieux concurrent, selon moi, à la Palme d’Or. S’il est difficile d’en décrire l’histoire, il est conseillé de se laisser porter par ce voyage qui sollicite les sens de ses spectateurs pendant toute la durée du film. Une des plus belles expériences du festival.

Un garçon fragile, le projet Frankenstein, avant-dernier film de la compétition, ne déclenche pas un enthousiasme démesuré lors de sa projection de presse. Il faut dire que Kornel Mundruczo, déjà responsable de Delta, présenté il y à deux ans en Compétition, prend comme vague prétexte des morceaux du roman de Mary Shelley pour raconter l’histoire d’un jeune homme passablement perturbé, qui se laisse entraîner dans une spirale meurtrière. Une certaine forme d’humour noir et de superbes cadrages en scope ne sauvent pas vraiment un film, qui ressemble un peu trop à une expérience de laboratoire.

La section Un Certain Regard sauve encore une fois la mise avec la projection de Hahaha, de Hong Sang-soo, qui livre un superbe hommage aux marivaudages rohmériens dans la seconde comédie vraiment réjouissante (après Tamara Drewe) d’un festival aux sélections un peu déprimantes.

Demain, dernier jour et compte rendu de L’Exode (Soleil trompeur 2) de Nikita Mikhalkov et de Le quattro volte de Michelangelo Frammartino.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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