Journal d’un CUTien à Cannes (saison 3, ép.11)

23 Mai

L’angoisse de la remise du palmarès

Ne tenant pas trop compte de la fatigue potentielle des festivaliers, les sélectionneurs ont choisi de montrer le film le plus long de la Compétition en toute fin de festival et à 8h30 du matin. La vision de L’Exode (Soleil trompeur 2) (en photo) est donc parasitée par une petite sieste récupératrice. Malgré cela, le film, dont le gros budget se voit à l’écran, paraît quand même bien long et ressemble finalement aux grosses productions officielles que le festival, sous Robert Favre Le Bret sélectionnait il y a quelques décennies de cela, quand les États décidaient quel film ils comptaient envoyer sur la Croisette. Le rythme assez lent s’explique à la fin quand le générique est précédé par un carton annonçant la « fin de la première époque ».

Comme les diverses sélections sont closes, on retourne vers le Palais Stéphanie pour rattraper quelques films de la Quinzaine des Réalisateurs. On passera très rapidement sur Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron, documentaire reconstituant une action en justice virtuelle des habitants de Cleveland, sinistrée par la crise de 2008, contre les banques de Wall Street. Si le propos est assez didactique, la réalisation peine à sortir du cadre d’une production télévisuelle.

Ce n’est absolument pas le cas de Le quattro volte de Michelangelo Frammartino, véritable enchantement cinématographique. Entre Bambi, Tati et les Straub, cette fable non dialoguée, tournée en Calabre a pour protagonistes un vieux berger, des chèvres, puis un arbre, qui représentent pour le cinéaste les quatre étapes du cycle de la vie tels que les avait énoncé Pythagore. Au-delà de la beauté plastique d’un film où la stylisation voisine magnifiquement avec le plus simple naturalisme, c’est la différente palettes d’émotions que parvient à susciter le cinéaste en filmant, de façon très simple, en apparence, ses sujets. Même si c’est un deuxième film, c’est une des grandes révélations du festival.

Des rumeurs annoncent Les Amours imaginaires de Xavier Dolan, gagnant du prix Un Certain Regard. J’assiste donc à la cérémonie de clôture, pensant rattraper un film qui avait fait parler de lui au début du festival, mais finalement, Claire Denis fait monter sur scène l’équipe de Hahaha de Hong Sang-soo, marquant la fin de mes séances cannoises, en attendant l’année prochaine.

De notre envoyé spécial à Cannes : François-Xavier Taboni

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