[cinéphilie :] Kim Chapiron

21 Juin

Qui a mangé toutes les fraises Tagada ?

Après Sheitan, que l’on pouvait trouver drôle ou (et ?) risible, Kim Chapiron signe Dog pound (en salles le 23 juin). Son deuxième film est une plongée saisissante dans le monde des prisons juvéniles. C’est donc un huit clos, qui se veut étouffant, charnel et réaliste. Etouffant : oui. Kim Chapiron profite d’un univers évidemment fascinant pour raconter une histoire spectaculaire, celle de Butch, ado rebelle et survolté. La violence, semblant pouvoir jaillir à chaque instant, est une idée obsédante, pour le filmeur, le filmé et le mateur.  Charnel : oui. Kim Chapiron filme avec élégance et justesse le corps et la gueule de ces adolescents. Réaliste : non. On est loin du documentaire. Si Kim Chapiron filme le quotidien de ces gamins (ils sont tous en taule ou repris de justice) c’est pour mieux le sublimer. Et là est le couac. On sent dans quelques scènes un plaisir un peu bourgeois à filmer ces caïds, à se délecter de leur folie. Un petit air de « j’me fais peur à moindre frais.« . Et si ce n’est pas nauséabond, c’est un peu déplaisant. Mais ne restons pas sur ce bémol. Dog pound est un film efficace et captivant.

Nous parlerons de Dog pound dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 3 juillet). En attendant, Kim Chapiron nous livre ses souvenirs et/ou impressions des films suivants.

GHOST OF THE CIVIL DEAD (John Hillcoat)

Pas vu.

FULL METAL JACKET (Stanley Kubrick)

Pour moi, c’est un film très important. Déjà parce que je suis à moitié Vietnamien. Ca touche des zones très sensibles en moi. Ma grand-mère a vécu 10 ans de résistance et un an de torture… Je ne saurais pas te dire à quel point je suis du côté de la petite fille du film ! Kubrick a su dénoncer et démontrer l’absurdité de la guerre. Je me souviens de cette scène où les soldats avouent ne pas savoir ce qu’ils font là. L’émotion de ce film m’a marqué à tout jamais. Et puis, il y a les scènes de dortoir de mon film qui sont évidemment inspirées par celles de Full Metal Jacket.

KEN PARK (Larry Clark)

J’ai plus envie de parler de Larry Clark que de Ken Park. Ce n’est pas son film que je préfère. Il est l’un des meilleurs cinéastes pour parler de cet âge-là. Dans mon film, le personnage de Davis est issu des films de Larry Clark, ce côté petit dealer qui se prend pour Eminem ou 50cent et qui n’est en fait qu’un ado gentil en manque de sensations fortes.

SHEITAN (Kim Chapiron)

C’est mon premier film. Il y a dans Dog pound un hommage à Sheitan avec la scène de la MILF (Mother I’d Like to Fuck). Déjà dans mes deux premiers courts-métrages, je faisais ça : un personnage s’arrête et raconte une histoire qu’on voit en images. Je m’amuse beaucoup à faire ça. Dans Sheitan, c’était avec un plateau de charcuterie, là c’est avec une MILF.

IRREVERSIBLE (Gaspar Noé)

Irréversible. Gaspar Noé. J’avais adoré Seul contre tous. J’ai vu récemment Enter the void qui est incroyable. Il a cette façon incroyable de rendre symphonique l’ultra-violence. Je suis content que des réalisateurs parviennent encore à faire des films pareils. Il fait partie des rares mecs radicaux dans le cinoche.

LES BEAUX GOSSES (Riad Sattouf)

Génial, j’adore. En plus je suis sensible aux films qui filment la jeunesse. Parce qu’on est vite de vieux cons ! Là, dans ce film, la jeunesse est racontée de façon juste et drôle.

Propos recueillis par Romain Sublon

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