Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ép.2)

16 Sep

Mamie Nova fait de bons yaourts.

Établir de belles performances est une chose, repousser ses limites en est une autre.

C’est donc avec un nouveau record de 20 minutes de retard que j’arrive à la séance de 11 h… Le film est Vaudou, de Jacques Tourneur, projeté dans le cadre de la rétrospective Val Lewton (producteur de la mythique RKO). J’en profite immédiatement pour remercier toute l’équipe organisatrice du FEFFS (« le Fèfeuss ! », comme on dit par chez nous), grâce à qui tout un chacun peut une fois de plus parfaire sa culture cinéphilique, et enfin assister à une projection d’un film du grand Tourneur.

Malgré mon retard, et même si  Vaudou, ce n’est pas Plus Belle La Vie, je finis par saisir l’intrigue du film, où une jeune infirmière est engagée chez un riche propriétaire de champs de canne à sucre des Caraïbes. Là, elle est censée prendre soin de la femme de ce dernier, plongée dans un état quasi-végétatif, a priori causé par une fièvre tropicale… Le film est fidèle à sa légende, et les passages en contrée vaudou, sont troublants et d’une rare poésie. Splendide !

On en redemande, et ça tombe bien, puisque la séance suivante est La Féline, toujours de Jacques Tourneur, et où l’on retrouve Tom Conway, déjà présent dans Vaudou (dans le rôle du riche propriétaire). Là-aussi un film troublant, où un architecte américain très gentleman, tombe sous le charme d’une mystérieuse jeune fille Serbe, hantée par ses origines et ses pulsions animales diaboliques… Un classique mythique (que je voyais pourtant pour la première fois là-aussi), dont les scènes oniriques sont particulièrement réussies.

Au sortir du cinéma Star, je tombe (plus ou moins par hasard) sur Willy, mon compère de l’édition précédente du Fèfeuss. Malgré mes vagues origines suisses, je renonce à la projection de courts-métrages de ce pays magnifique aux idées bizarres, préférant me fier aux choix de Willy : « Les courts-métrages suisses ? Ça va pas non ?! On va aller voir Col cuore in gola ! ». Le film fait partie de la rétro Italian Pop, et effectivement, il y règne une ambiance très swingin’60’s, et très pop. Tourné à Londres par Tinto Brass, Deadly Sweet (son nom anglais) est un polar kitsch sur fond de romance, à moins que ce ne soit l’inverse… Malgré la présence de l’excellent Jean-Louis Trintignant, et de la charmante Ewa Aulin, le film se noie au milieu de clins d’oeil et de citations de Godard ou Antonioni, qu’il ne parvient malheureusement jamais à égaler… Si j’étais Jean-Louis Trintignant, j’omettrais de citer ma présence au générique de ce film, où il se fait tout de même tabassé par un nain…

"Hé Georges ! C'est avec notre argent que tu fais les courses là..."

Avec Willy, nous nous rendons gaiement à l’exposition de Lego et d’affiches Star Wars, et là, stupeur : Philippe Nahon débarque ! Ni une ni deux, il se rue vers moi et me lance : « Salut Marcel ! Comment ça va ? Allez viens on va s’en jeter un au village du festival ! »… Bon OK, cela ne s’est pas tout à fait passé comme ça.

En fait, dès que je l’ai aperçu, je fus bêtement paniqué (« Oh mon dieu, Philippe Nahon, celui qui joue dans Seul contre tous de Gaspard Noé et tout et tout !!!… »). N’osant l’aborder, je tentai lâchement, caché derrière une reconstitution en Lego d’une scène de La guerre des clones, une photo de lui scrutant une réplique du mythique Faucon Millenium. Une photo floue, cela va sans dire…

La photo floue (pardon Philippe).

Je tente de me remettre de mes émotions, et malgré la fatigue, refuse d’user de drogues (comme ce lâche de Willy, qui s’offre du Dark Dog) ; je me contente d’un café, et repars de plus belle, pour assister à la projection de Bedlam, toujours dans la rétro Val Lewton, et avec Boris Karloff Messieurs-Dames ! Bien plus connu, bien sûr, pour ses rôles de monstres en général, et de créature du docteur Frankenstein en particulier, Karloff étonne ici dans un rôle de méchant directeur d’un asile de fous. Le film n’est pas très effrayant, mais propose une intéressante réflexion sur la cruauté de l’homme envers ses congénères (c’est pas très joli d’être méchant quoi…).

Puis, je mange à toute vitesse, pour me rendre au Star St-Exupéry, pour la projection du premier film officiellement en compétition européenne du Feffeuss 2010 : La Meute.

Je ne sais pas si c’est le casting du film, des plus alléchants (avec notamment Emilie Dequenne, Yolande Moreau, Benjamin Biolay, et Philippe Nahon aaaaah !), ou le simple fait qu’on est au Feffeuss, mais la foule est au rendez-vous, et je dois jouer des coudes pour tenter de rejoindre Willy dans la salle, lui qui m’avait honteusement abandonner pour terminer sa boisson de délinquant… Trop de monde, tant pis pour Willy, je m’assois au hasard, mais à une place décisive pour assister idéalement à la présentation de la soirée par le très à l’aise Daniel Cohen (organisateur de l’événement, arrivé sous les vivas de la foule en délire).

Une partie de l’équipe du film est présente, à savoir Emilie Dequenne, Philippe Nahon (aaaaah !!!), Franck Richard le réalisateur, et la ravissante représentante des productions La Fabrique 2 dont j’ai oublié le nom.

Daniel Cohen, l'équipe du film La Meute, et des gens chevelus.

On passe un agréable moment avec ce film d’horreur où Emilie Dequenne va très vite regretter d’avoir pris Benjamin Biolay en stop. Il lui faudra survivre et résister à la cruauté de l’excellente Yolande Moreau, et de « goules » dont le visage ressemble à s’y méprendre à celui de Kingju, le chanteur masqué du groupe dérangé Stupeflip. Malgré quelques petits défauts, cette première oeuvre de Franck Richard a le mérite de rafraîchir le genre, et outre beaucoup d’humour, il parvient à instaurer une certaine poésie dans un fim de genre assez personnel finalement. C’est bon, et c’est français ma p’tite dame !

L’équipe du film répondra avec humour aux questions abondantes d’un public de connaisseur, et Franck Richard nous apprendra que ses monstres existent bel et bien, en Belgique (fais gaffe quand tu rentres Emilie…).

Le deuxième film en compète est Rammbock, de l’autrichien Marvin Kren.

Je ne m’attendais pas à grand chose, d’autant que Willy m’avait prévenu : « Je sens que ça va être catastrophique …». Hé bien que nenni ! Ce survival, qui se déroule principalement dans un immeuble et sa cour, fait preuve d’une originalité réjouissante, et plutôt rare dans un film de zombies (même si, comme le précisera Marvin en personne après le film, il ne s’agit pas véritablement de zombies au sens Romerovien du terme, mais plutôt de personnes atteintes d’un virus).

Démarré sur une histoire de jeune homme parti à Berlin tenter de reconquérir son ex-girlfriend, le film fait preuve de beaucoup d’humour, effraie, et lance une nouvelle idée toutes les 5 minutes. Courrez le voir dès qu’il sera distribué en France, c’est un ordre !

Une séance ultra-tardive de Beyond Re-Animator est programmée pour finir cette soirée déjà bien entamée, mais muni de mon mot d’excuse signé par notre rédac-chef vénéré, je fais l’impasse, et rentre me coucher. A l’unanimité de moi-même, je décide de re-signer pour une nouvelle journée au Fèffeuss. Et donc, à demain !

Marcel Ramirez

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10 Réponses to “Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ép.2)”

  1. Greg LAUERT jeudi 16 septembre 2010 à 140220 #

    La Madame de La Fabrique sur la photo, à côté d’Emilie DEQUENNE (oui, oui, DEQUENNE, et pas DUQUENNE, comme l’a appris à ses dépens notre cher Daniel) c’est Vérane FREDIANI, co boss de la société de prod avec Frank RIBIERE.

    Et je trouve qu’ils ont joliment réactualisé Red is Dead. C’est même presque encore plus drôle.

  2. Marcel RAMIREZ jeudi 16 septembre 2010 à 140233 #

    Haha merci Greg.

    Bon j’avoue ne pas être un super-spécialiste des films de zombies, mais je l’ai trouvé pas si nul moi..

    Même si le montage a peut-être été un peu vite fait…

  3. Greg LAUERT jeudi 16 septembre 2010 à 140251 #

    ah non, je ne parlais pas des zombies. J’ai bien aimé le film berlinois (avec des infectés, d’ailleurs, pas des zombies, on nous l’aura fait remarquer).

    C’est plutôt La meute qui m’aura beaucoup fait rire.

    D’ailleurs, les films avec les gangs de motards, je ne les aime que s’il y a un Orang Outang dedans.

  4. Marcel RAMIREZ jeudi 16 septembre 2010 à 150319 #

    Ah mais j’avais compris que tu parlais de La Meute, mais pardon, j’ai dit film de zombie alors que c’est vrai, ce n’en est pas exactement un…

    Et pour l’Orang Outang, tu fais référence à un film que je n’ai sûrement pas vu (C’est pas sympa de me ridiculiser comme ça devant tout le monde)…

  5. Greg LAUERT jeudi 16 septembre 2010 à 150334 #

    si on se croise dans la salle, je te paye un verre pour me faire pardonner.

    Mais pour le coup de l’Orang Outang, il y aura bien un(e) CUTien(ne) pour relever la référence.

  6. Marcel RAMIREZ jeudi 16 septembre 2010 à 150337 #

    ça roule !

  7. gus jeudi 16 septembre 2010 à 160404 #

    Ah ben Marcel t’as loupé la séance de 22h du star : erotika, esotika, psychotika, en vo italien sans sous titre et une pellicule qui sautait toutes les 30 secondes, c’était mémorable!!

  8. François-Xavier Taboni jeudi 16 septembre 2010 à 210922 #

    C’est « Doux, dur et dingue » ou « Ca va cogner » ? Ou les deux ?

  9. Marcel RAMIREZ vendredi 17 septembre 2010 à 90942 #

    @gus : Oui on m’a parlé de cette séance d’ores et déjà gravé dans les annales du Fèfeuss…

    @Greg : Pour le verre, ce sera encore valable samedi ?

    @FX : Merci d’avoir mis fin à ce suspense insoutenable…

  10. Greg LAUERT samedi 18 septembre 2010 à 20249 #

    Bravo, FX, fidèle à lui même.
    Et oui, Clyde est dans les deux ……

    Pour Marcel, le verre est valable samedi, ou dimanche, ou les deux. Suffit de se croiser et de trouver un film chiant à zapper.

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