Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ép.4)

18 Sep

Daniel Cohen est fier de son festival.

Parce qu’on ne pouvait pas demander à Marcel Ramirez de passer sa vie au FEFFS, il fallait bien qu’un autre rédacteur prenne le relais. A 14 heures donc, trop amoureux des classiques du cinéma pour me résoudre à suivre les courts métrages (suisses, européens, français, lapons), je me dirige vers le cinéma Star pour une après midi consacrée à la rétrospective.

Je suis ravi de revoir Vaudou, de Jacques Tourneur, mais je note d’emblée un petit problème de projection. Le film est tourné en 1.37 : 1 et projeté, semble-t-il, en 1.66 : 1. On sacrifie donc les cheveux des protagonistes. Sans être passionné par la mode capillaire des années 40, je trouve ça un rien dommage. Le film étant conçu à l’origine pour un double programme, il est raisonnablement court.

Je suis donc à la rue pendant une petite demi heure : l’occasion rêvée de jeter un œil à l’exposition Star Wars, liée au 30ème anniversaire de L’empire contre attaque. Et il se trouve que je ne suis pas le seul à me pencher sur la reconstitution en Lego du Faucon Millénium. Daniel Cohen, directeur artistique du festival, fait faire le tour du propriétaire à Antoine Blossier, réalisateur de Proie. Le patron me confie être plutôt satisfait du déroulement du festival. Il fonde de grands espoirs (assez légitimes) sur les films du week-end.

Retour en salle à 16 heures pour La decima vittima d’Elio Petri : film d’anticipation pop, sixties et italien. On pourra être surpris de la présence de Marcello Mastroianni en tête d’affiche. Il joue au chat et à la souris avec Ursula Andress, qui porte une robe transparente (et pare-balles) mais pas de soutif. Si le postulat de départ est fantastique, le traitement l’est un peu moins. Le film s’enlise assez vite dans l’humour bordélique, mais reste une agréable curiosité.

Qu’importe, je suis déjà concentré sur la pièce d’anthologie de cette fin d’après midi. On revient aux années 40, à Jacques Tourneur et à Val Lewton, pour La féline. Brian Yuzna, président du jury admirablement curieux, rejoint la séance en toute discrétion. Le film est une merveille, et constitue la pièce maitresse de la filmographie fantastique de Tourneur. C’est une petite œuvre parfaite, demeurée un cas d’école pour sa mise en scène, sa gestion de l’espace et de l’ombre portée. On ne pourra pas en dire autant du remake de Paul Shrader.

Mais l’après midi se termine, et c’est avec un rien d’appréhension que je quitte le calme de la rétrospective pour les files d’attente et l’agitation de la compétition. La soirée s’ouvre donc avec Proie, premier film d’Antoine Blossier. Après le consternant La meute, je vais à reculons découvrir une nouvelle tentative du cinéma de genre français.

Mais Proie s’avère être une œuvre intéressante et solide, à défaut d’être révolutionnaire. Sans circonvolutions, les protagonistes sont lâchés dans la forêt au bout de vingt minutes pour tâter de la défense de sanglier mutant. C’est bourrin, tendu, et assez frais dans le paysage horrifique contemporain puisqu’on y trouve ni zombies, ni dégénérés du fond des bois, ni bimbo gémissante au débardeur maculé de sang.

Pendant l’entretien qui suit la projection, une réflexion de Daniel Cohen me fait réaliser que le grand chauve assis dans la rangée voisine n’est autre que Neil Marshall. Je me retiens d’aller lui claquer une bise pour avoir réalisé le meilleur film d’horreur de la dernière décennie : The descent. Je suis un garçon réservé, que voulez vous ….

On enchaine à 22 heures avec Reykjavik Whale Watching Massacre. C’est islandais, et potache. On y harponne du petit japonais à casquette, et ça fait rire et applaudir l’assemblée. En somme, c’est un petit film de festival, oubliable mais sympathique. Cette sympathie partagée par toute la clique de CUT présente sur les lieux aura eu le mérite de faire bondir Rurik Sallé de Mad Movies.

On se réconcilie toutefois pour la séance de minuit, afin de découvrir Danger : Diabolik de Mario Bava en copie 35 mm, amenée en main propre depuis la cinémathèque française par un Jean-François Rauger exalté. J’avoue lutter contre le sommeil, et me sentir privilégié de découvrir le film dans de telles conditions.

A 2 heures 15, il ne me reste qu’à prendre poliment congé de mes compagnons fanatiques et insomniaques. J’ai un papier à écrire, et un air de Morricone à me sortir de la tête.

Dans quelques heures, Sylvain prendra le relais. Et je tenterais, en bon collaborateur vicieux, de le motiver à rester jusqu’au bout de la nuit Star Wars ….

Greg Lauert

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3 Réponses to “Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ép.4)”

  1. Léa samedi 18 septembre 2010 à 200811 #

    Bel hommage au Feffs qui est un vrai festival qui bouge! Je trouve la programmation, surtout de la rétro, très intéressante et excitante. Par contre, j’ai fait une séance du soir pour un film de la compet’ et c’est assez… suffoquant! Il y a du monde et toutes ces places réservées aux « invités » créent de la tension. Le festival c’est le public, pas les invités! Voilà pour mon seul reproche. Sinon, votre journal (comme pour Cannes et l’Etrange festival) est bien fichu. Du bon travail, voyez vous!
    Et pour finir, je vous dis tout le bien que je pense des légendes, qui sont souvent très drôles et nous épargnent la classique mention du nom du film et des gens présents sur la photo.
    CUTement vôtre,
    Léa lectrice fidèle.

  2. Reda samedi 18 septembre 2010 à 200832 #

    « J’avoue lutter contre le sommeil »

    Sacré ephémisme :D. Mais bon toute la salle en faisant autant

  3. Reda samedi 18 septembre 2010 à 200835 #

    (je confirme pour le recadrage, et même problème de format pour La féline… dommage)

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