Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ép.5)

19 Sep

Jennifer Lopez ne sait pas encore qu'elle va jouer dans «Plus jamais»

Waarschuwing. Vertrouw niet op de Romeinse Sublon. Het is een vreemdeling die kwam naar de Aarde om de invasie van zijn medemensen op zoek naar een nieuwe planeet voor te bereiden op hun dode wereld te vervangen. Oups ! Je disais que j’avais passé l’après-midi à rattraper les films de la compétition projetés depuis mercredi, en commençant par Zwart Water, un film néerlandais. C’est l’histoire classique de la famille qui emménage dans le vieux manoir hanté hérité de la grand-mère, et où le passé va ressurgir sous l’apparence d’un fantôme, en l’occurrence, celui d’une jeune fille. Le réalisateur, Elbert van Strien, sert pour l’occasion tous les clichés propres au genre. Il refait le coup de la porte qui grince, celui de l’eau du robinet noire et gluante, comme dans Dark Water (d’où le titre, Zwart Water, qui veut bien entendu dire Schwartzes Wasser).

Tout ce qu’on peut dire, c’est que le film, malgré son application scrupuleuse à reproduire ce que font les maîtres, tourne un peu en rond, à l’image de ses personnages – dans l’escalier, dans la cave, dans la chambre. L’ensemble parvient d’autant moins à convaincre que le scénario change de focale en plein milieu de l’intrigue, quittant le point de vue subjectif de la fillette pour adopter celui de son père. Il reste cependant la qualité de l’interprétation. La jeune actrice est très convaincante dans un rôle plutôt sinistre. Et même le père, malgré l’erreur de casting manifeste (une espèce de surfeur blondinet dont chaque apparition est un choc pour le regard), se montre à la hauteur. Pas terrible, donc, mais il paraît que c’est un premier film.

Benicio del Toro n'aime pas la collection de CD d'Emilie Dequenne

Je poursuis mon rattrapage de la compétition de la semaine un peu plus au sud, en Belgique, avec La Meute, de Franck Richard. C’est un survival. Emilie Dequenne joue la jeune urbaine paumée au fin fond d’une ancienne région minière dévastée par la crise. Yolande Moreau joue la matrone des dégénérés locaux. On pense beaucoup à Calvaire, de Fabrice du Welz, les belles images en moins. Malgré lui, le film fait prendre conscience d’une des raisons de la supériorité du cinéma de genre américain sur l’Europe. Outre-Atlantique, les héros, même s’ils ne sont pas toujours très malins, sont des gens ordinaires, ce qui permet au spectateur de s’identifier à eux. Dans La Meute, le spectateur s’en fout dès les premières minutes. Emilie Dequenne joue déjà un personnage marginal, une « rebelle ». La preuve : elle se propose d’aller n’importe où, de rester sur la route jusqu’à ce que son autoradio ait épuisé toute sa pile de CD. A moins d’être drogué, ou dans un film de Sean Penn, personne n’est aussi sottement irresponsable. Ce genre d’individu a beau être ultra-minoritaire, il semble pourtant représenter aux yeux de nos auteurs la quintessence de la jeunesse contemporaine.

L’autre problème de ce type de film est sa cible. Les répliques de Yolande Moreau et les blagounettes de Philippe Nahon sont là pour provoquer le rire gras d’un public décérébré pendant que les héros se font dépecer. On quitte ici le territoire du divertissement pour entrer dans celui de la complaisance. Trouver salle comble pour une séance de rattrapage laisse néanmoins présager un prix du public.

Nos héros découvrent la file d'attente de la première de «Monsters»

Pour La Meute, déjà, les spectateurs accrédités étaient invités à vider les lieux pour laisser leurs fauteuils aux entrées payantes. Quarante minutes avant le début de la projection de Monsters, le premier film en compétition de la soirée, le même sketch est sur le point de se reproduire. Seulement voilà, cette fois, je n’ai plus très envie de jouer des coudes et de louvoyer pour entrer coûte que coûte dans la salle. J’ai l’impression qu’on ne veut pas de moi, que je fais partie d’une catégorie unerwünscht. Bizness is bizness. Cette conception des choses n’est ni vile ni méprisable, je la comprends parfaitement. Elle n’est simplement pas compatible avec mon emploi du temps. Du coup, je ne finirai pas la journée à 2h15, comme Greg hier soir. Et non, on ne se croisera pas à la nuit Star Wars. Il ne faut pas exagérer.

Sylvain Mazars

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3 Réponses to “Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 3, ép.5)”

  1. Reda dimanche 19 septembre 2010 à 111150 #

    C’est une blague cet article ?

  2. Greg LAUERT dimanche 19 septembre 2010 à 140201 #

    je n’ai suivi que jusqu’à People vs George Lucas. J’ai abdiqué à 2h et je m’en veux un peu.

    Par contre, mon cher Sylvain, on a pas eu à se battre pour les places de Monsters et Rubber.
    Beau succès mais il restait des sièges.
    Et Monsters est loin d’être inintéressant. Il n’exploite que faiblement son potentiel SF. Ca aurait pu être excellent.

  3. Alix mardi 21 septembre 2010 à 111145 #

    Quel polyglotte, ce Sylvain !

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