[dvd:] NUITS BLANCHES – Luchino Visconti

24 Sep

En premier lieu, il convient de rendre hommage à Carlotta pour la restauration exceptionnelle de l’image.

On ne peut pas décemment découvrir un film de Visconti dans une copie médiocre. Le cinéaste, sur ce titre notamment, s’éloigne du néo réalisme, réalise une oeuvre onirique, fantasmée, graphiquement sublime. Le travail sur les décors, sur le contraste, et l’immersion dans ce magnifique brouillard sont donc parfaitement restitués.

Nuits Blanches n’a jamais été un titre phare de la filmographie de l’aristocrate milanais. Il précède dans son œuvre Rocco et ses frères, et précède pour Mastroianni l’immense révélation de la Dolce Vita.

On pourra toutefois y relever le particularisme de Visconti, sa patte d’esthète, cette mise en scène qui prend de la hauteur pour évoquer les destins les plus divers.

Le récit est adapté d’une nouvelle de Dostoievski, dont s’inspire également James Gray dans Two Lovers. Mastroianni / Marais / Schell, c’est un peu le triangle amoureux Phoenix / Paltrow / Koteas. Si ce segment n’est qu’une part du film de Gray, il est le coeur même du long métrage de Visconti. Le traitement s’avère moins urbain, moins névrosé, plus romantique.

Mastroianni, jeune, innocent et impulsif, cède le pas au monolithe Marais. L’espace de trois nuits, il va se disputer l’amour d’une femme avec un fantasme, un souvenir, un absent. Il tourbillone dans la nuit italienne, danse comme un forcené, et dans un final splendide, renonce sous les flocons.

Dans deux suppléments très intéressants, le costumier du film et le critique Vieri Razzini reviennent sur les motivations de Visconti, son approche du roman russe, sa quête onirique, ses écarts vis à vis du grand courant réaliste qui traverse le cinéma italien dans les années 50.

Une certaine perplexité subsiste. Le film ressemble si peu à Senso, à Rocco, aux Damnés ou à Mort à Venise. On pourra s’amuser à compter toutes les histoires d’amour tragiques que Visconti aura mis en scène dans sa carrière. On pourra s’émerveiller de toutes les manières que peut trouver un grand cinéaste pour conter l’essentiel.

Greg Lauert

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