[dvd :] LA DANSE – Frederick Wiseman

26 Sep

Ed. Montparnasse

En France, me semble-t-il, on « connaît » la musique, le chant, mais pas forcément la danse : qui a déjà été voir un concert (tous genres musicaux confondus) et qui a déjà assisté à un spectacle de danse (de quelque style chorégraphique que ce soit) ? Certes, depuis quelques années, Hollywood pallie notre méconnaissance du genre à grands coups de Sexy Dance, et autres Street Dancers –et même avant, il y avait Grease, La fièvre du samedi soir, etc… Mais bon, concrètement, par chez nous ça reste un domaine assez hermétique, non ?

Eh bien c’est une partie de cet univers que Frederick Wiseman nous propose d’appréhender avec La danse, dont le sous-titre, Le ballet de l’opéra de Paris, dit bien mieux de quoi il s’agit. Car, comme on pouvait s’en douter de la part d’un réalisateur fameux pour ses fins portraits d’institutions, ce nouveau film ne nous invite pas à un tour du monde calibré de qui danse comment et pourquoi dans tel ou tel pays, non, la danse dont il est question ici est solidement ancrée au lieu dans lequel elle s’épanouit. Et c’est cela, bien sûr, qui est intéressant.

Exit donc, dans un premier temps, les morceaux de bravoure, la danse performance qui en met plein la vue : ici l’on travaille d’arrache-pied (c’était trop tentant) aussi bien dans les salles de répétitions que dans les bureaux où on comprend qu’il ne doit pas être aisé de faire tenir financièrement un édifice si lourd et fragile. Les films de Wiseman, sensibles et précis, sont connectés à une réalité sociale –là, il est par exemple troublant d’assister à une réunion avec les danseurs concernant la réforme des retraites (40 ans pour eux) dont il était déjà question au moment du tournage, il y a un peu plus d’un an de cela… On y saisit également, parce qu’il nous en laisse le temps, des choses essentielles –le lien entre l’intelligence et la capacité à transcender sa façon de danser par exemple.

Bref, si La danse n’est dans un premier temps pas super sexy, sur la durée (2h38), grâce à l’immersion subtile que Frederick Wiseman, l’homme sage (c’était trop tentant) nous propose, l’expérience s’inscrit tout aussi durablement dans l’esprit.

Jenny Ulrich

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