[dvd :] PARC – Arnaud des Pallières

13 Oct

Ed. Montparnasse

Georges Clou a une femme, un fils, un chien, un boulot stable, une maison luxueuse au Parc (ville privée bourgeoise sur la Côte d’Azur) et il va à l’église le dimanche. Paul Marteau est un bel homme solitaire et mélancolique qui supporte mal le monde, mais désir tout de même y appartenir. Il s’installe au Parc, les deux hommes se rencontrent, deviennent amis. Marteau trouve un nouveau but dans la vie : réveiller le monde en crucifiant l’idéal qu’incarne Georges Clou.

Difficile d’avoir un avis fixe face à une œuvre telle que Parc parce qu’elle est intéressante autant qu’agaçante. Intéressante car sa mise en image regorge de qualités : Arnaud des Pallières tient ses distances et installe une atmosphère fragile, sombre, d’un calme inquiétant qui laisse croire à une future explosion des plus violentes. Pour arriver à cela, le réalisateur choisit de jouer avec son spectateur en déconstruisant son scénario sans jamais oublier une pièce du puzzle. Parc reste cohérent jusqu’à son final et sa déconstruction prend sens au fur et à mesure. Arnaud des Pallières, apparemment amoureux des visages masculins de son casting, filme les excellents Sergi Lopez, Jean-Marc Barr et Laurent Delbecque avec une attention irréprochable, mais aussi avec une certaine amertume ; aucun personnage ne vaut mieux ou moins qu’un autre, le milieu social privilégié dans lequel ils sont leur donne l’impression de vivre loin des soucis d’un monde proche de l’apocalypse, ils ne s’en préoccupent que très peu (ils lisent le journal, regardent les infos pour se donner bonne conscience) et oublient presque leurs propres vices. Et c’est ici que le film devient agaçant…

Optant pour l’idée que le danger provient toujours de l’intérieur, Parc s’engouffre dans une critique sociale qui ne manque pas de donner une impression de déjà vu et entendu : on s’approche de plus en plus du Septième continent de Michael Haneke (en beaucoup moins intéressant) tout en adoptant une démarche similaire à celle de Gus Van Sant période Elephant et en faisant même du coude à la Society de Brian Yuzna (en beaucoup moins fun). Parc ne se veut pas enragé, il se veut comme une expérience à la limite du fantastique, observatrice et réfléchie, d’une violence plus interne qu’explicite. Mais la retenue du film gâche la tension présente et laisse place à un ennui des plus frustrants. De temps en temps, la réalisation arrive à prendre le dessus et fouette notre rétine avec une force étrange, mais elle finit toujours par se ranger, devient timide. Arnaud des Pallières présente une fin qui laisse perplexe et inspire finalement une forme de complaisance. Parc démarre en tentant de se démarquer du lot pour finir par se fondre dans la masse malgré une proposition de départ assez captivante qui ne politise jamais trop son sujet et le milieu social qu’il décrit.

Le dvd proposé par les éditions Montparnasse n’offre malheureusement aucun bonus en rapport direct avec Parc, préférant intégrer un documentaire du même réalisateur datant de 1999 : Is Dead (portrait incomplet de Gertrude Stein). Une série d’archives mélangées avec des images contemporaines autour de l’œuvre et la vie de l’écrivain Gertrude Stein… Peut-être qu’il vaut mieux connaître l’œuvre de l’écrivain en question pour trouver un quelconque intérêt à ce portrait.

Rock Brenner

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