Journal d’un CUTien à l’Etrange (saison 3, ép.1)

30 Oct

Maggie Cheung a pris un coup de vieux.

Deux heures trente du matin. Je viens de m’échapper d’une série Z avec des extra terrestres en caoutchouc. Le temps de me servir un Old N°7 façon John Huston (avec une pensée pour son plus grand fan, M. Taboni), et je me pose devant mon clavier pour détailler l’ouverture de cet Etrange Festival 2010 ; étrangement court mais intense.

Le festival est en phase de restructuration. Ramassé sur trois jours cet automne, il devrait s’épanouir pleinement en mars prochain. L’annonce est faite de manière officieuse, et la moue prudente du patron de l’événement, Philippe Lux, ne saurait défaire notre optimisme de fans.

Ce week-end, on se concentre donc sur le long métrage. Exit les courts, les bandes annonces, et le programme un peu foutraque des années précédentes. On peut supposer que les bonnes habitudes reviendront en masse au printemps prochain.

On attaque la soirée avec une salle comble pour découvrir le nouveau film de Takeshi Kitano : Outrage. Si l’on excepte la projection cannoise, il s’agit d’une première française. Après ses digressions et ses expérimentations de cinéaste respectable, Takeshi replace Beat en gangster. La séance est un grand bonheur, le film un somptueux jeu de massacre qui explore habilement la structure pyramidale d’un clan de Yakuza.

Kitano revient à ses premiers amours, et sa mise en scène s’avère toujours aussi percutante, précise, maximisant l’impact de la violence, et prenant d’un coup une distance salutaire grâce à son légendaire humour à froid. Les fans de Sonatine et d’Hana Bi apprécieront pleinement.

On enchaine très rapidement avec la bande annonce de …… non, vous ne suivez pas …. plus de bandes annonces, qu’on vous dit ….

La suite, ce sera donc Four Lions de Christopher Morris, ou le parcours de cinq musulmans, pieds nickelés confirmés, décidés à porter le djihad sur le sol britannique. Le public, pris d’un fou rire ininterrompu de 90 minutes, me contredira difficilement lorsque je décrète qu’il s’agit de la comédie de l’année. Le film est furieusement drôle, et ne recule devant aucune irrévérence.

Je ne me lasserais jamais d’admirer la comédie anglaise, qui parvient depuis des décennies à rire des sujets les plus graves. Les cinéastes outre manche semblent mettre un point d’honneur à se saisir de l’actualité la plus dramatique pour la détourner habilement. Mais ne soyons pas jaloux. En France, on a le vaudeville et le régionalisme pour se marrer.

La salle se vide un peu pour la séance de minuit.

Evil Aliens, de Jake West, sonnait comme une bonne idée. Dès les premiers plans, le film se vautre dans l’amateurisme, l’humour pénible, l’érotisme mal assumé. C’est mis en scène comme un sous Dr Who torché en trois jours. Le cinéaste avait beaucoup d’idées (presque toutes mauvaises) et trop peu d’argent. Il s’acharne à toutes les porter à l’écran en dépit du bon sens.

Les deux premières séances du soir resteront dans les annales de l’Etrange Festival, de cette manifestation qui prône la diversité au cinéma. On couvre ici tout le spectre de nos cinéphilies. Du A au Z. Du très grand au très con. Il y en a pour tous les goûts à l’Etrange Strasbourgeois ce week-end.

Bon, effectivement, si vous aimez les fresques sentimentales de Guillaume Canet, vous serez mal servis.

Greg Lauert

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien à l’Etrange (saison 3, ép.1)”

  1. rock samedi 30 octobre 2010 à 101047 #

    +300 pour Four Lions.

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