[agitation :] 90 Films cultes à l’usage des personnes pressées

19 Nov

Ed. Cà et Là

90 films cultes à l’usage des personnes pressées… Le titre de cet ouvrage le laisse sous-entendre, mais soyons clairs : la fin de chaque film y est révélée. En toute décontraction ! Ce qui, inévitablement, va diviser le monde en deux parties ; les puristes (« la fin d’un film ne se raconte pas, t’es aussi con que Laurent Weil toi ! ») et les opportunistes (« si, dites moi la fin, ça me permettra de briller samedi soir prochain, je suis invité à un dîner chez Thierry Ardisson ! »).

Ceux qui ont vu les 90 films vont se régaler. Rien ne pourra leur être défloré. Ne reste que le plaisir. Les deux auteurs, Henrik Lange et Thomas Wengelewski, se livrent à un joyeux jeu de massacre. Tours à tours cyniques (Karaté kid, King-Kong), absurdes (Fight club), frappés du bon sens (La guerre des étoiles, E.T. – ci-dessous en extrait, cliquer pour agrandir -) ou moqueurs (Dirty Dancing), ils avancent sans complexes. Libre à chacun de les suivre.

Le principe est simple. Chaque film est traité en quatre cases. Dessins minimalistes mais percutants, phrases courtes mais sentencieuses. Et une chute, qui peut tomber à plat (Psychose, Rocky, Pulp fiction), mais c’est rare. La lecture se fait avec le sourire et il n’est pas impossible de laisser échapper de sa bouche un « Ha ! Ha ! Ha ! » toujours un peu gênant, mais ici mérité.

Leur sélection pose toutefois une question : s’agit-il de films cultes ou de classiques du cinéma ? Le choix de Blade runner, The breakfast club ou Showgirls donnent du crédit au titre. Mais l’ensemble de la sélection (on pense à Lawrence d’Arabie, Citizen Kane, Cinema Paradiso ou Chantons sous la pluie) donne plus l’impression d’une encyclopédie alternative du cinéma. C’est un détail, mais cela atteste que pour que le principe de départ soit pertinent, il faut traiter de films qui, vus ou pas vus, soient connus (par exemple, les auteurs ont choisi Pulp fiction plutôt que Jackie Brown, Citizen kane plutôt que La dame de Shangaï). On peut regretter que cet ouvrage ne soit pas un moyen ludique de découvrir des œuvres plus méconnues et pourtant cultes (on pense à Seul contre tous, Phantom of the paradise, The rocky horror picture show ou La nuit du chasseur).

90 films cultes à l’usage des personnes pressées est un livre utile (et rigolo). Qu’entends-je ? Une solution idéale contre le téléchargement ?

Romain Sublon


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4 Réponses to “[agitation :] 90 Films cultes à l’usage des personnes pressées”

  1. Reda lundi 22 novembre 2010 à 210925 #

    Ca a l’air :
    – nul
    – pas drôle
    – con
    – ignare
    – et même encore pire que tout ça.

    Et en plus ça se résume à 2 idées et demi : parfait pour la génération twittos.

  2. Romain lundi 22 novembre 2010 à 231143 #

    « Ca a l’air… »
    Il faudrait le lire, non ?
    Tant de choses « ont l’air »…

  3. Reda mardi 23 novembre 2010 à 01231 #

    Bah en voyant l’extrait, plusieurs autres sur le site de la FNAC, les auteurs et le ton qu’ils adoptent (sans parler des avis que j’en ai eu) je suis pas du tout attiré.

    Ce serait comme dire : le prochain Brett Ratner à l’air nul. Côte 1000/1.

    Plus constructif : pourquoi ce livre fait l’objet de plusieurs articles dans des sites de cinema alors qu’il semble mettre en étendard tout ce qu’on ne doit pas faire ?
    Au niveau du zéro de l’analyse, du roublard et même de la négation de ce qui fait l’experience cinématographique ça pose sa crotte quand même.
    Et surtout c’est aussi drôle qu’Elie Semoun (de ce que j’en ai vu toujours).

  4. Romain lundi 29 novembre 2010 à 90947 #

    La réponse est dans la question (« pourquoi ce livre fait l’objet de plusieurs articles dans des sites de cinema alors qu’il semble mettre en étendard tout ce qu’on ne doit pas faire ? »).
    Ce livre met en lumière la popularité du cinéma : voir les films pour briller en société et/ou les voir pour vivre/comprendre/ressentir/instruire.
    Ce livre est tout a fait dispensable, cela ne fait aucun doute. il est parfois drôle, parfois sinistre. il dit la fin des films et c’est pas bien (mais on le sait).
    Et si on en parle (je parle pour nous), c’est parce qu’il propose une lecture du cinéma qui n’est pas la plus courante. Ce n’est pas une redite.

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