Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 20)

22 Nov

// THE WAY OF THE GUN – Christopher McQuarrie //

Fumer tue.

Christopher McQuarrie est le grand talent caché de Usual Suspects. Bryan Singer a souvent prouvé qu’il n’était qu’un artisan appliqué. Aucune de ses œuvres n’a pu permettre de confirmer le coup d’éclat, le diamant brut de 1995. L’histoire du boiteux, on la doit donc à McQuarrie, scénariste méconnu qui ne s’est pas montré très prolixe depuis. Pourtant, lorsqu’il prend le parti de travailler en solo, il confirme son talent de brillant conteur. The Way of the gun, son premier et jusque là unique long métrage, est écrit et mis en scène en 2000.

Ryan Philippe et Benicio Del Toro, truands nihilistes, enlèvent une mère porteuse en espérant obtenir une rançon conséquente des futurs parents. Il se trouve que le père présumé n’est pas un personnage fréquentable, et qu‘il n‘a pas le tiroir-caisse facile.

Au sortir des années 2000, le polar post moderne est lancé. Shane Black, Tarantino sont passés par là. La vanne domine, la distance est de rigueur. En premier lieu, McQuarrie ne déroge pas aux nouvelles règles. Le film s’ouvre sur une scène grotesque et géniale à la fois. Et puis, au fil du récit, la potacherie prend le large. Les personnages gagnent en épaisseur.

McQuarrie cinéaste manque souvent de précision, rate quelques effets. Malgré une excellente partition de Joe Kraemer, certaines scènes n’exploitent pas totalement leur potentiel dramatique. Mais le scénariste prend le dessus. Il s’emploie à tisser des liens entre les personnages, à étoffer le récit. Il pose des enjeux clairs, pour qu’aucune figure n’agisse gratuitement. En esquivant le côté no future des protagonistes, le film gagne en classicisme. On sort les vieilles gueules du genre, comme James Caan ou Geoffrey Lewis. Et entre deux coups de shotgun, on impose un postulat tragédien.

Le film se termine dans un bain de sang dans un bordel mexicain. Il évoque Peckinpah, et Rolling Thunder. Il prend ses distances avec les petits génies du polar ricain des années 90.

Si ce premier film est resté un coup isolé, que son auteur n’a pas récidivé, c’est sans doute parce qu‘il apparait anachronique. The Way of the gun n’a pas grand chose de fun ou de sexy. McQuarrie aurait peut être gagné à poursuivre dans le ton de sa scène d’ouverture. En amateur de grand polar classique, je ne peux que le remercier de s’en être abstenu.

Greg Lauert

A savoir : Christopher McQuarrie a signé récemment l’adaptation américaine d’Anthony Zimmer de Jérome Salle, qui sera mis en scène par Florian Henckel Von Donnersmarck.

THE WAY OF THE GUN // Christopher McQuarrie // 2000 // 119 minutes // 1.85 : 1 // Avec Ryan Philippe, Benicio Del Toro, Juliette Lewis, James Caan, Geoffrey Lewis.

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3 Réponses to “Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 20)”

  1. Anonyme lundi 22 novembre 2010 à 111139 #

    Pas revu ce film depuis sa sortie, mais je me rappelle d’une déléctable poursuite en voiture à 5km/h…

  2. Tomtomtom lundi 22 novembre 2010 à 111141 #

    Pas revu ce film depuis sa sortie mais je me souviens d’une délectable poursuite en voitures à 6km/h…

  3. Tomtomtom lundi 22 novembre 2010 à 111142 #

    Voilà elle a pris 1km/h en 2min.

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