[dvd :] AVEC HUILLET ET STRAUB – vol.5

25 Déc

Ed. Montparnasse

Alors que quelques titres sont encore attendus dans la collection consacrée au célèbre couple de cinéma, Philippe Lafosse et Les Editions Montparnasse marquent une forme de pause avec ce cinquième volume consacré à l’œuvre de Straub et Huillet. Ce coffret dvd ne contient qu’un court métrage signé par les deux cinéastes. Le reste consiste en plusieurs documentaires, très différents dans la forme, tournés par leurs proches collaborateurs, principalement lors des tournages de leurs films.

Première déception, ce coffret est le moins « inédit » de tous : plusieurs des éléments présents ont déjà été édités en supplément de la revue Cinéma et dans le coffret Cinéastes de notre temps. Mais ne boudons pas notre plaisir, car malgré son apparente hétérogénéité, cet ensemble trace un portrait intime et souvent surprenant des Straub. La pièce maîtresse reste le film de Pedro Costa, Où gît votre sourire enfoui, où l’on retrouve les deux cinéastes devant leur table de montage, passant leur temps à vitupérer l’un contre l’autre. Au-delà de l’intrusion dans la vie privée des réalisateurs, on découvre le soin maniaque avec lequel ils choisissent leurs prises et montent leurs films.

On retrouve cette obsession du détail dans les autres documentaires présentés, qu’il s’agisse de la simple captation d’images (d’une qualité technique précaire) sur le tournage de Noir péché, où les deux réalisateurs donnent des indications très précises au comédien Howard Vernon, ou du film de Harun Farocki, réalisé pendant le tournage d’Amerika, rapports de classe, où on assiste aux répétitions des comédiens, qui doivent s’imprégner de la rythmique imposée par les Straub.

Mais le document le plus intime et le plus touchant, reste celui tourné par Philippe Lafosse, qui reprend des interventions de Jean-Marie Straub, venu présenter, après la mort de Danièle Huillet,  certains de leurs films au public. Toujours acerbe, souvent mordant, le réalisateur répond à des spectateurs qui ont bien du mal à ne pas se laisser désarçonner. A la manière de Godard, le cinéaste répond légèrement à côté des questions, joue sur les mots et envoie valser toute tentative d’analyse ou d’intellectualisation de ses films. Toujours en colère mais souvent attachant, Jean-Marie Straub trouve le moyen, au-delà des invectives, de donner quelques belles définitions de ce que devrait être le cinéma.

François-Xavier Taboni

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s