Tops & flops 2010 (1/2)

1 Jan

Voici la première partie des Tops & Flops 2010, par les membres de la rédaction de CUT (la consigne : 5 tops et 3 flops maximum). La deuxième partie sera mise en ligne le dimanche 2 janvier.

Toupie or not toupie.

MATHIAS ULRICH

TOPS

City of life and death (Lu Chuan)

Tamara Drewe (Stephen Frears)

Bad lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (Werner Herzog)

Dragons (Chris Sanders et Dean Deblois)

The housemaid (Im Sang-soo)

FLOPS

La rafle (Rose Bosch)

Le guerrier silencieux (Nicolas Winding Refn)

Adèle Blanc-Sec (Luc Besson)

Peu, voir pas du tout, mis les pieds dans les salles certains mois. Une année cinéma en forme de gruyère, trop morcelé pour que je me permette de la commenter.

En Chine, les négociations entre la CGT et l'Etat avancent bien.

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SYLVAIN MAZARS

TOPS

A Serious Man (Ethan & Joel Coen)

Inception (Christopher Nolan)

Toy Story 3 (Lee Unkrich)

Fantastic Mr Fox (Wes Anderson)

Les Trois Prochains Jours (Paul Haggis)

Cette année, mon podium est constitué de trois très grands films, contrairement à l’année dernière. Clint Eastwood quitte le top 5 malgré les qualités d’Invictus. Pixar, toujours bien placé, perd une place, même si j’ai préféré Toy Story 3 à Là-haut. La surprise vient de Fantastic Mr Fox, qui contient pourtant tout ce que je n’aime pas chez Wes Anderson et qui plaît à tant de spectateurs. Son univers serait-il mieux adapté au cinéma d’animation ? Enfin, je sélectionne Les Trois Prochains Jours pour Russell Crowe, une fois de plus désarmant de facilité, et pour le travail d’orfèvre sur l’adaptation. Petite déception cette année : The Ghost Writer, même si c’est un bon film. Malgré le style, toujours brillant, malgré l’histoire, très ambitieuse, l’intrigue reste insignifiante. Proche de l’actualité, ce qui est unique chez Polanski, le film pourrait en outre mal vieillir.

FLOPS

Phénomènes paranormaux (Olatunde Osunsanmi)

La Horde (Yannick Dahan, Benjamin Rocher)

Splice (Vincenzo Natali)

Un film éprouvant, débile et épouvantablement laid ? Phénomènes paranormaux. Désormais, n’importe quel geek qui se pique de faire des films fait ça… ou du zombie. C’est la facilité. Or, précisément, pour qu’un tel genre fonctionne, il faudrait se montrer un peu plus exigeant et ne pas prendre les spectateurs pour des demeurés. Un film puant ? La Horde. Dahan aurait mieux fait de se concentrer sur ses zombies plutôt que de prétendre ancrer son film dans un contexte politico-social auquel il n’entend manifestement rien. Un film pourri malgré l’ambition et le budget ? Splice. Natali s’attaque à un sujet riche, les limites de la science, et arrive à être ennuyeux en passant totalement à côté de bout en bout. La faute à des personnages antipathiques et à des idées frustes.

François Bayrou reviendra plus fort en 2012.

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ANNE-LAURE TARDY

Après un rapide premier jet, l’esquisse de mon top/flop 2010 ne me permet qu’un constat : je suis de la chair (consentante) à blockbuster. Incapable de distinguer les vrais bons films, ceux dont je me  souviendrai encore dans 10 ans, des claques de l’instant, vus au bon moment, dans le bon lieu, avec les bonnes personnes… Aussi, sans classement mais avec une pincée de lieux communs, roulements de bic sur le bureau, mon tops /flops 2010 se compose de :

TOPS

The social network (David Fincher)

Après la déception monumentale qu’avait été pour moi Benjamin Button, voir David Fincher s’atteler à un projet aussi inepte (croyais-je alors) m’avait fait croire que rien (de rien) ne pourrait me pousser dans les salles à sa sortie. Mea culpa : j’avais tort.

Inception (Christopher Nolan)

Comme souvent avec Nolan, une sensation de génial en sortant, et une tendance de presque mauvaise foi à oublier tout ce qui aura pu me déplaire ou m’ennuyer au cours de la projection (les re-visionnages sont ainsi toujours plein de surprises). Alors oui, un manque d’onirisme, des actions inutiles, mais Inception reste pour moi, avant tout, le souvenir d’une musique qui pénètre chaque pore de la peau, se mêle aux atomes de surface, pour un univers qu’on (em)porte avec soi quelques heures encore, bien après que le mot fin ait clos l’aventure

Fantastic mister Fox (Wes Anderson)

Toy story 3 (Lee Unkrich and co)

To-To-Ro, Totoro…!

La révélation (Hans Christian Schmidt)

Entre Tops et Flops se placent les inclassables qu’ont été Amer et White Lightning. Le premier pour saluer sa simple existence, son premier segment et la curiosité qu’il a su éveiller chez moi de ses sources. Le second parce que je ne peux nier la trace qu’il a laissé en moi, même si cette dernière a un goût d’essence et de morbide.

FLOPS

En tentant d’essayer d’éviter de tirer sur les nombreuses ambulances type Prince of Persia, Predators ou La meute. Les heureux élus sont :

L’Arnacoeur (Pascal Chaumeil)

Alice au pays des merveilles (Tim Burton)

Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois)

"Et on va appeler ça : Fessebouc!" Cette blague ne fait rire que Jackie Chan.

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GREG LAUERT

TOPS

A serious man (Joel et Ethan Coen)

Un film pour les fans hardcore du célèbre duo, et un voile levé sur le fatalisme de leur œuvre.

Lovely Bones (Peter Jackson)

Un mélo flamboyant par la nouvelle rock star du cinéma. Il peut tout se permettre, et surtout d’être là où on ne l’attend absolument pas.

Kick Ass (Matthew Vaughn)

Un gros coup de pied post moderne dans la fourmillière pépère du film de super héros. Et la consécration de Matthew Vaughn comme nouvel entertainer en chef.

Fantastic M. Fox (Wes Anderson)

Qui aurait cru que son style correspondrait si bien à un film d’animation ? On pourra retenir l’apparition du loup comme scène de l’année, tous genres confondus.

We are four lions (Chris Morris)

Un énième trublion de la télévision anglaise rappelle que rire du pire, c’est encore ce qu’il y a de meilleur. LA comédie de l’année.

En 2010, je me suis dit que je devenais un vieux con de cinéphile. Je ne suis pas encore exactement largué, mais j’ai la nostalgie qui me titille. Le cinéma, c’était mieux avant ? Pas sûr. Le rapport au cinéma, c’était mieux avant. Pour sûr.

Je me souviens des années 80/90. Je me souviens de l’angoisse fébrile, en pénétrant dans mon vidéo club. Le film que je voulais voir serait-il disponible ? Je me souviens de la première diffusion du Temple maudit sur Canal+, et des trésors d’ingéniosité que j’ai du développer pour tromper mes parents et voir les six rediffs. Je me souviens de mes 4 séances d’Eyes Wide Shut, et du sentiment dévastateur à l’idée que, plus jamais, je ne verrais une nouvelle image de Stanley. Je me souviens avoir fait 30 kilomètres jusqu’à la prochaine médiathèque pour trouver une VHS pourrie du Falstaff de Welles. Le cinéma, c’était une affaire de désir. On rêvait les films avant de les voir, on les retournait cent fois dans nos têtes avant de les revoir. A l’époque, je courais après les films, comme on poursuit des chimères. La cinéphilie, c’était une quête.

Aujourd’hui, les films me poursuivent. « Tu as vu le nouveau Joe Dante ? » « Ah merde, non, encore un film de retard ». DVDscreener, DVDrip, DVD tout court, Bluray, carte illimitée. Le cinéma est devenu un lupanar où on baise à l’œil. La grande dame se terrait derrière un rideau de velours, maintenant, elle écarte les cuisses sur tous mes écrans. On ne peut plus désirer le cinéma. En 2010, on ne prend plus le temps d’avoir une érection. Tout est là, disponible, gratuit, dans ce grand fatras numérique.

Sans attente, sans frustration, le 7ème art est-il toujours si important ? Il y a très longtemps, dans une galaxie très très lointaine, JLG disait que le cinéma fabrique des souvenirs, et la télévision de l’oubli. Laisser John Ford sur un petit coin de disque dur, c’est peut être aussi, doucement, le vouer à l’oubli. Sans élitisme, je suis un peu amer devant la désacralisation du cinéma. J’y participe, soit, je me goinfre avec les nouveaux cinéphiles. Mais je me permets quelques états d’âmes à l’évocation de mes triques adolescentes.

Monsieur est content. Il a eu une Monica Lewinsky XBox pour Noël.

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DAVID ERHARD

TOPS

Toy Story 3 (Lee Unkrich)

Voilà certainement pourquoi les Stars se font refaire, le plastique doit être plus expressif. On se sent plus proche de ces jouets que nombres d’acteurs aux noms devenus slogans. Une force dans l’approche des personnages venant certainement des deux premiers opus, on connaît leur passé qui ne disparaît pas à chaque nouvelle aventure, qui les suit et leur donne une dimension humaine.

Social Network (David Fincher)

Fincher maîtrise quelque chose que peu de réalisateurs arrivent à approcher. La plupart partent de branches d’idées pour en faire un film, essayant de faire tenir le tout tant bien que mal en une seule et même histoire. Fincher prend le temps de laisser le tout germer, une intrigue qui s’élève progressivement, sortie d’un pitch qui ne me donnait pas du tout envie.

Comment faire un top quand la liste de film ne suscite que des « pas mal », « Ah oui il y avait cette scène et… ah non c’est tout » ou « je l’ai vu celui-là ? ». Reste quelques surprises sans être des films au niveau des deux précédents, simplement différents et ayant réussi à doser l’intérêt et le divertissement. Four lions (Chris Morris), Kickass (Matthew Vaughn) et Amer (Hélène Cattet et Bruno Forzani) apportent ce petit plus qui donne envie d’en parler dès que l’on quitte la salle, sans les encenser, juste pour échanger une expérience que l’on sait assez rare.

FLOPS

Legion (Scott Charles Stewart)

« Ah bah non, c’est juste une bande-annonce qui en jette, vous voulez vraiment que j’en fasse un film ? Enfer et damnation, qu’est ce que je peux rajouter… des gentils et des méchants ? »

Paranormal activity 2 (Tod Williams)

« Pour cette scène, j’aimerais une vidéo de la piscine et de la porte d’entrée aussi. Par contre, il faut faire comme si on n’avait pas de budget, alors on va jouer la suggestion à fond ! On va faire croire que quelque chose sort de la piscine et là ! Rien ! Après on filme le chien et là, toujours rien !! Ca va les faire flipper ! »

Alice au pays des merveilles (Tim Burton)

« Alice a grandi, elle ne croit plus en rien. Le chapelier est dépressif. Le lièvre casse tout et… Oui je vais bien pourquoi ? Non non, je ne rêve plus, pour ça il faudrait que je dorme. »

Guy Carlier à l'Olympia.

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STEPHANIE DALFEUR

TOPS

La Pivellina (Tizza Covi et Rainer Frimmel)

Les amours imaginaires (Xavier Dolan)

La vie au ranch (Sophie Letourneur)

Cavaliers seuls (Jean Rochefort et Delphine Gleize)

Inception (Christopher Nolan)

FLOPS

L’illusionniste (Sylvain Chomet)

L’arbre et la forêt (Olivier Ducastel et Jacques Martineau)

Le bruit des glaçons (Bertrand Blier)

Mon année cinéma 2010 : si j’ai une fille en 2011, elle s’appellera Pam, je ne l’abandonnerais jamais dans un square et elle écoutera Dalida!

On ne choisit pas sa famille.

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ROCK BRENNER

TOPS

Enter the Void (Gaspar Noé)

Parce que dans un pays où l’expérimentation technique se laisse grandement désirer, Enter the Void s’impose comme une claque visuelle unique. Loin d’être sans défaut, le film laisse perplexe dans le fond, malgré une histoire d’amour complexe joliment montrée et étrangement émouvante, Gaspar Noé (comme dans tous ses films) se laisse souvent gagner par sa naïveté et une provocation qui tombe parfois à l’eau. Mais il a le grand mérite d’offrir un trip inoubliable, très risqué et soigné qui fait prendre conscience que nous avons beaucoup de chance d’avoir un type comme Gaspar Noé en France.

Mammuth (Gustave de Kervern & Benoît Delépine)

Parce qu’il est une poésie visuelle mélancolique et drôle, une balade à la fois belle et cruelle d’une précieuse liberté. Kervern et Delépine offrent sûrement le plus beau rôle de la carrière de Gérard Depardieu qui est ici brillant et touchant.

Four Lions (Chris Morris)

Parce qu’il est probablement la comédie la plus courageuse de cette année. Un sujet difficile (on parle ici d’une bande de kamikazes qui organisent un attentat) traité avec un humour noir dont seuls les britanniques peuvent en être les coupables. Cela dit, la réalisation n’est pas toujours convaincante, mais le premier long-métrage de Chris Morris s’impose déjà comme une œuvre incontournable du cinéma anglais.

White Lightnin’ (Dominic Murphy)

Parce que c’est un film qui, malheureusement, n’a fait aucun bruit à sa sortie et qui, pourtant, se révèle être l’un des crimes cinématographiques les plus troublants de l’année 2010. Se basant sur la vie d’un certain Jesco White, White Lightnin’ est un cauchemar christique subversif au milieu des rednecks des Appalaches construit comme un témoignage qu’on aurait pu trouver dans une merde de porc à côté de la tombe d’Hasil Adkins. Certains partis pris esthétiques sont très discutables et la voix off est parfois trop encombrante, mais le film de Dominic Murphy reste un mémorable coup de fouet avec des acteurs (Edward Hogg et Owen Campbell) qui mériteraient d’être très vite remarqués.

Fatal (Michaël Youn)

Parce que c’est la comédie française la plus drôle de cette année. Au Diable les préjugés de snobinards trop sûrs de leur « noble culture » (dont je n’étais pas totalement étranger), le film de Michaël Youn est un délire très influencé par le Zoolander de Ben Stiller rythmé comme un morceau de hip hop frimeur et bien gras, qui n’a pas peur de cracher dans la soupe musicale française actuelle et de livrer un putain de regard critique sur la superficialité flippante de notre réflexion (qui se focalise bien plus sur le paraître que sur le travail) à l’égard des artistes musicaux (tout genre confondu).

Il serait dommage de ne pas faire un catalogue subjectif des autres bonnes surprises de cette année, telles que le courageux I Love You Philip Morris (Glenn Ficara & John Requa), le fun, mais très bancal La Horde (Yannick Dahan & Benjamin Rocher), le très discuté Amer (Hélène Cattet & Bruno Forzani), l’insatisfaisant, mais agréable Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléan (Werner Herzog), le jouissif Kick-Ass (Matthew Vaughn), le nostalgique Expendables (Sylvester Stallone), l’attachant Get Him to the Greek (Nicholas Stoller), l’étonnant, mais bâclé Cyrus (Jay & Mark Duplass), le captivant Buried (Rodrigo Cortes), le plutôt cool Scott Pilgrim (Edgar Wright) et l’ovni musical Sound of Noise (Ola Simonsson & Johannes Stjarnes Nilsson). Il serait aussi injuste de ne pas mentionner quelques DTV et inédits comme le marrant Zack & Miri make a porno (Kevin Smith), le granguignolesque Cabin Fever 2 (Ti West), le séduisant 5150, Rue des Ormes (Eric Tessier), l’éclatant Blood and Bone (Ben Ramsey) et le mégalo, mais couillu I’m Still Here (Casey Affleck).

FLOPS

La Vie au Ranch (Sophie Letourneur)

Parce que c’est fainéant et ennuyeux à vouloir s’en exploser le crâne à coups de marteau et aussi intéressant qu’un pet. Et encore, un pet peut surprendre.

Very Bad Cops (Adam Mckay)

Parce que ça ne décolle jamais. Et pourtant, c’est le réalisateur et l’acteur principal (Will Ferrell) du génial Step Brothers, des très drôles Ricky Bobby et Anchorman

Piranha 3D (Alexandre Aja)

Parce qu’il est d’une beauferie et d’une crétinerie de si bas étage qu’au milieu de deux fous rires gênés et incontrôlables nous sommes en droit de nous demander si le mec derrière la caméra est bien le réalisateur d’Haute Tension. Aja a tout à fait le droit de se renouveler, mais il est triste qu’il nous prenne pour des bouffons…

La Foire du Trône vue par Jean-Luc Delarue.

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