[dvd :] L’INCOMPRIS – Luigi Comencini

24 Fév

Ed. Carlotta

Laissé inconsolable après la mort de sa femme, Sir Duncombe, consul britannique à Florence, reporte toute son affection sur Milo, son fils cadet, laissant de côté l’aîné, Andrea, qu’il juge indifférent et irresponsable.

Dans l’entretien qui conclut le livre Luigi Comencini, enfance, vocation, expériences d’un cinéaste, sa fille Cristina, qui mène la discussion, fait remarquer à Comencini que la fin de L’incompris est fortement chargée en émotion. « Elle est racoleuse » tranche-t-il immédiatement. S’il est permis de ne pas partager sa sévérité, il est de fait que le ton mélodramatique mis à l’œuvre ici fait figure d’exception dans la carrière du cinéaste, chez qui le pessimisme mène plus volontiers au cynisme le plus glaçant (A cheval sur le tigre, L’argent de la vieille, Le grand embouteillage).

Il n’aura d’ailleurs nul besoin d’y avoir recours dans ces autres formidables films sur l’enfance que sont Les aventures de Pinocchio et Eugénio. D’où peut-être son sentiment d’insatisfaction. Pourtant, jusque dans ses débordements lacrymaux, L’incompris est un film tout sauf insatisfaisant. Dès qu’il touche au monde de l’enfance, Comencini semble trouver d’instinct le juste dosage entre émotion, drôlerie et cruauté. Il est vrai qu’en bon habitué de la comédie à l’italienne, il s’entend à marier les genres, à tremper dans la mélancolie les séquences les plus drolatiques. Surtout, il sait rendre ses histoires universelles. Un mélo situé dans un milieu de haute bourgeoisie devient accessible à tous. En soi, c’est déjà proche du tour de force. Ou comment un auteur naturellement peu enclin à chercher à tirer la larme se retrouve le plus apte à le faire…

Le film est moins drôle vu adulte qu’il ne l’était quand on était enfant. On est plus sensible rétrospectivement aux vexations, à la frustration, aux efforts désespérés endurés et fournis par Andrea. « C’est dur de débuter dans la vie ! » se dit-on, un peu effaré du nombre de fois où on l’a vu gamin et du plaisir qu’on y prenait à chaque fois.

Qu’est devenue la VF de notre enfance ? Déjà absente de l’édition DVD sorti chez Opening il y a quelques années, elle n’est pas plus présente ici. Ne reste qu’une piste italienne, crédible d’un point de vue dramatique mais pas toujours très bien synchronisée. Une sombre histoire de droits ou de matériel détérioré se cache certainement là-dessous. Dommage, cela coupe un peu le film de son premier public, à savoir les enfants…

Mathias Ulrich

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