Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 34)

28 Fév

// L’idéaliste – Francis Ford Coppola //

Avec 11 462 voix, Claims bat Denials et remporte la 13e édition de la Star Ac.

Dans les années 90, les adaptations des romans judiciaires de John Grisham se succèdent dans les salles. Sitôt l’ouvrage publié, les studios veillent à le porter à l’écran, en confiant la mise en scène aux plus solides artisans du cinéma américain, d’A.J Pakula à Robert Altman.

En 1997, Francis Ford Coppola sort d’un épuisant procès intenté à la Warner pour les droits de l’adaptation de Pinocchio. Vainqueur en première instance mais néanmoins désabusé, le vieux vigneron accepte le fardeau. Il aura épuisé tous les genres mais il n’a encore jamais tenté le film de prétoire. Pour la planète cinéphile, Coppola a jeté ses dernières forces dans son Dracula. Le vieux n’a plus la flamme, et ce n’est pas l’histoire d’un candide opposé aux grandes compagnies d’assurance dans le Sud rural qui lui fournira l’argument d’un nouveau chef d’œuvre.

Le film sort dans l’anonymat le plus complet. Le cinéaste phare des années 70 disparaît de la circulation pendant près d’une décennie. Mais que vaut vraiment ce Rainmaker en guise de point d’orgue prématuré ? Coppola peut être défini comme le cinéaste le plus égocentrique de sa génération, comme un nabab délirant, comme un dramaturge d’exception.

L’idéaliste n’est pas un brulot facile et réactionnaire comme ont pu l’être d’autres romans de John Grisham. C’est un récit complexe, avec de beaux personnages : un matériau qui sied parfaitement à un Francis Ford apaisé.

Il convoque donc la nouvelle garde (Damon, Danes) et quelques vieux briscards (Rourke, Voight et De Vito). Avec la plénitude et l’assurance du cinéaste qui aura tout connu, il réalise un film brillant et humaniste.  Le jeune avocat perd quelques illusions en posant un pied dans l’arène. La découverte d’un univers codifié par un jeune utopiste est un thème récurrent chez Coppola. Le passage à l’âge adulte est peut être le fondement de son œuvre.

De Michael Corleone à Rusty James, des gamins d’Outsiders au Willard d’Apocalypse now, il s’agit avant tout d’entrer en guerre, de prendre le taureau par les cornes, de perdre sa condition de débutant. La victoire passe par la transition, par la perte de l’innocence. L’idéaliste ne déroge pas à ces principes.

Coppola se fait discret, moins grandiloquent, et peut être plus précis. Il met en scène par touches discrètes. Une légère contre plongée répond à un angle différent dans la scène précédente. Le plafond du tribunal descend peu à peu pour accentuer la pression. Le grand lyrisme surgit subrepticement au détour de funérailles, dans un jardin automnal. On a enterré le géant un peu trop vite.

A bien y regarder, ce Rainmaker porte la marque Francis Ford Coppola. Majeur, mineur, on s’en fout. C’est une pierre de plus à l’édifice d’un monstre sacré.

Greg Lauert

A savoir : John Grisham a déclaré qu’il s’agissait de son adaptation préférée de l’un de ses ouvrages. Le choix apparait plutôt aisé.

L’idéaliste de Francis Ford Coppola // 1997 // 135 minutes // 2.35 : 1 // Avec Matt Damon, Claire Danes, Jon Voight, Mickey Rourke, Danny de Vito, Dean Stockwell, Virginia Madsen.

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