[cinéphilie :] F.J. Ossang

9 Mar

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes.

F.J. Ossang, que l’on pourrait décrire ainsi : une bulle d’air coiffée d’une crête poivre et sel qui quand il rit, vous fait rire. Ce bonhomme, ce punk (sans chien apparent et sans 1664 dans la main), vient de réaliser son quatrième long métrage : Dharma guns – la succession Starkhov (en salles le 9 mars 2011). Ses précédents films s’intitulaient L’affaire des division morituri (1984), Le trésor des Îles chiennes (1990) et Docteur Chance (1997). Ces films seront disponibles dans un coffret dvd à paraître le 5 avril 2011.

D’une beauté sidérante, Dharma guns met un bon coup de polish à l’Humanité. Si le film est construit en trois temps (il faut le voir pour comprendre, on ne va pas mâcher tout le sale boulot), il fonctionne aussi sur trois niveaux.

Quand ça parle, on n’écoute pas. Dialogues abscons, mais possiblement drôles, scénario à tiroirs qu’il faut braquer pour en découvrir le contenu… On nage, on flotte, on coule.

Quand F.J. Ossang coupe le son, on ouvre la bouche. Beau, flamboyant, apocalyptique, le film est une merveille plastique.

Quand il met le son, mais que ça ne parle pas, on se trémousse avec une gueule de tombés de nues. Lard (dont l’ébouriffant titre War pimp renaissance sublime la scène d’ouverture, véritable extorsion au réel), The Cramps, The eighties matchbox b-line disaster, Jack Belsen, Little Drake, MKB Fraction Provisoire… La musique est libre et perce le film pour en découper la moelle. La meilleur B.O de ce siècle !

Nous parlerons de Dharma guns dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le samedi 19mars). En attendant, F.J. Ossang nous livre ses souvenirs et/ou impressions des films suivants.

LE TESTAMENT DU DOCTEUR MABUSE (Fritz Lang)

Fabuleux ! J’ai été très marqué par l’éblouissante scène d’ouverture du film. Cette espèce de musique industrielle… C’est l’un des plus beaux films que j’ai vus.

AVIDA (Gustave Kervern / Benoît Delépine)

Je ne l’ai pas vu.

VAUDOU (Jacques Tourneur)

C’est l’un de mes cinéastes fétiches. J’aime beaucoup Vaudou, mais j’ai surtout une passion pour Night of the démon (Rendez-vous avec la peur, titre français), malgré le monstre à la fin. C’est un film éblouissant par le mystère de son découpage classique. Tourneur est un cinéaste très précis.

LE FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN (Jean-Pierre Jeunet)

J’en ai juste vu un bout à la télé…

LE FESTIN NU (David Cronenberg)

C’est un très beau film. Et un modèle d’adaptation. Je trouve que, souvent, les adaptations tournent un peu à vide parce que le propre des livres, c’est les mots. Alors que ce film est une très bonne introduction à l’univers de William Burroughs. Et quand on sort du film, on a envie de lire les livres. Notre grand adaptateur, c’est John Huston. Je sais que c’est un film qui a été assez décrié à l’époque, mais que j’aime vraiment bien : Au-dessous du volcan (adapté du livre éponyme de Malcolm Lowry). Et puis le livre est très différent du film. Ce ne sont pas des films qui vampirisent l’œuvre, mais qui au contraire appellent à la lecture.

IRREVERSIBLE (Gaspar Noé)

J’aime bien oui. Je ne l’ai vu qu’une fois. Les films que j’aime, je peux les voir 25 fois. Irréversible, c’est un film assez éprouvant, que j’ai vu une seule fois, à Cannes. C’est un bon réalisateur.

SILENCIO (F.J. Ossang)

C’est un peu mon retour ! Accidentel d’ailleurs. Parce que des Portugais m’ont proposé de faire un petit film, en numérique. J’ai dit « oh ben non », puis j’ai trouvé un peu de la pellicule, une caméra, on est parti à trois et on a fait ce film en six jours. Au départ, c’était couplé avec une chorégraphie, je devais faire les images. Et puis comme j’avais apporté la caméra, j’ai pu tourner un peu plus et on a eu la chance de pouvoir finir le film en 35mm. Il a été projeté à l’époque en section à l’invitation d’un festival au Portugal. Puis il a eu en France le Prix Jean Vigo, puis il est passé au festival de Cannes… Ca m’a beaucoup facilité les choses pour repasser à l’avance sur recettes, parce que je n’avais pas fait de films depuis huit ans ! J’ai assez vite des idées de scénario, mais après c’est la croix et la bannière pour réunir tout ce qu’il faut pour faire le film. L’histoire de Dharma Guns, ça fait longtemps que je l’ai en tête !

LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (George Romero)

Je l’ai vu en 1978, à Toulouse. Magnifique…

LA POSSIBILITE D’UNE ILE (Michel Houellebecq)

Pas vu, non. Mais j’ai envie de le voir. C’est toujours attirant les films que tout le monde déteste !

LOST (J.J. Abrahams)

Hé ben pas vu non plus.

Propos recueillis par Romain Sublon

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