[dvd :] LILIOM– Frank Borzage

13 Mar

ed. Carlotta

Après les fleurons du muet –un coffret très justement sacré par le Syndicat Français de la Critique de cinéma « meilleur coffret DVD 2010 »- Carlotta aborde le versant parlant de l’œuvre de Frank Borzage avec Liliom (1930). Oui : avant d’être un célèbre film de Fritz Lang (1934), la pièce de Franz Molnar fut déjà brillamment portée à l’écran par  notre ami Frank (et encore avant cela, en 1919, par Michael Curtiz).

Ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Liliom auront intérêt à se préserver de toute introduction afin de goûter le virage inattendu que prend le récit dans son troisième tiers. Du moins est-ce inattendu dans la version de Borzage qui, s’il annonce tout de même la chose par des jeux de mise en scène et de décors, excelle à plonger le spectateur dans cette histoire d’amour bancale que l’on croit balisée jusqu’au bout. Charles Farrell, dans le rôle de Liliom, nous est d’abord présenté comme un homme viril (très étonnamment fairbanksien), mais son côté généralement un peu veule a tôt fait de reprendre le dessus et le séduisant bonimenteur de foire du début ne tarde pas à se transformer en personnage vaguement déplaisant, vivant aux crochets de sa Julie (impeccable Rose Hobart dont c’est le premier rôle)…

Dans le coffret récompensé susmentionné, l’historien Hervé Dumont expliquait pourquoi, suite à un drame, Borzage a décidé de ne plus jamais tourner qu’en studio. Et ce que l’on constate de film en film, c’est que cela convient magnifiquement à son cinéma. Il faut dire aussi qu’il savait s’entourer de chefs opérateurs et de décorateurs de grand talent –ici, ce sont Chester Lyons et le fidèle Harry Oliver. Cette cohérence artistique fait que le basculement dans le dernier tiers du métrage est à la fois audacieux et fluide. Et puis le dosage dramatique est ajusté pile-poil : à peine commence-t-on à trouver les démêlées du couple un rien planplan qu’un premier choc survient suivi peu après par le fameux tournant scénaristique. Classe.

Pas de bonus en veux-tu en voilà sur ce disque-ci, à peine une introduction d’Hervé Dumont (qui nous apprend que le film fût un échec public et commercial complet à sa sortie, on lui souhaite un bien meilleur sort cette fois) et une galerie photo. Pas de quoi se sentir floué cependant ; la copie est très belle.

PS : Sur son site, Carlotta propose, outre des extraits du film, un « supplément » qui ne figure pas sur le DVD, à savoir un court mais intéressant entretien avec Charles Tesson : ça se passe ici.

Jenny Ulrich

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