[dvd :] SCENES DE CHASSE EN BAVIERE – Peter Fleischmann

1 Avr

Ed. Montparnasse

Je me souviens d’avoir usé d’un nombre conséquent de superlatifs à l’époque (pas très lointaine) où j’ai découvert Scènes de chasse en Bavière pour la première fois. C’était à l’occasion de sa ressortie en salles, fin 2009, peu après la Palme d’or attribuée à Cannes au Ruban blanc de Michael Haneke. Les deux films étaient alors souvent rapprochés dans la presse. Oui. Mais non. Ouimaisnon. S’il faut l’estampiller, Scènes de chasse en Bavière, est une oeuvre existentielle, pas nihiliste.

Comme son titre l’indique, le film se passe en Bavière, dans un petit village qui, en 1968 -époque du tournage et du récit-, n’est pas touché par la modernité. La pièce de Martin Sperr à l’origine du film se déroule au sortir de la seconde guerre mondiale, Fleischmann a choisi une période plus « neutre » pour dérouler sa terrible histoire : l’éviction d’un « corps étranger » (tout individu qui sort de la norme) par un « organisme sain » (le village comme entité).

C’est grotesque, monstrueux, jubilatoire. Les comédiens, peu de professionnels, beaucoup de vrais villageois, forment une impressionnante galerie de personnage. Les baffes et les coups de pieds aux culs sonnent on ne peut plus juste, on encaisse ; quant au cochon éviscéré et transformé sous nos yeux en provisions de bouche, on peut dire qu’il a eu une belle mort. Au passage, on salue la blague que fait le « méchant » aux bébés de l’animal : humour noir de chez noir. Tout est au rendez-vous dans ce film, même la musique est idéalement choisie.

Et à l’heure où des émissions comme Strip-Tease épinglent les quidams, il est fort intéressant d’entendre Peter Fleischmann évoquer ses « acteurs » et les traditions très particulières de Bavière. Dans Scènes de chasse en Bavière, c’est bien d’ « acteurs » qu’il s’agit, personne n’a été pris en traître, le réalisateur l’affirme et fait l’éloge d’un peuple d’une grande richesse artistique –bien que considéré comme plouquissime par le reste de la nation allemande.

Peter Fleischmann, aussi disert et intéressant dans l’entretien proposé sur ce DVD qu’au moment où j’ai eu le plaisir de le rencontrer, livre tout plein d’anecdotes, de souvenirs et de clefs pour aborder ce film, son premier long métrage de fiction. Et comme je ne m’en lasse pas, j’en remets une couche avec mes propres suppléments : une cinéphilie ici et un long entretien (1h) à télécharger librement . Et puis sur le site de l’éditeur, on peut voir un extrait du film. Sortie du DVD le 5 avril 2011.

Jenny Ulrich

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s