Journal d’un CUTien à l’Etrange (saison 4, ép.4)

10 Avr

L'exposition cachée de l'Etrange Festival.

Ayant honteusement raté la soirée porn de vendredi soir à l’Etrange, je suis alors en très grande forme pour attaquer cette journée ensoleillée dans une salle obscure du cinéma Star. La séance de 14h propose une projection intrigante surnommée Aux origines des étoiles qui présente des vieux courts-métrages de science-fiction censés avoir inspiré les plus grands (on nous promet de percevoir des connections avec le cinéma de Roger Corman, le film 2001 l’odyssée de l’espace ou encore L’empire contre-attaque).

Mais avant cela, en guise de préliminaire, nous avons droit à un court-métrage récent titré E-Pigs. Je n’en dirai pas plus. Aux origines des étoiles ne commence pas du tout avec un court-métrage, mais plutôt un moyen d’une durée approximative d’une heure. Et il s’agit plus précisément d’un documentaire russe traitant de la conquête spatiale, de l’invention de la fusée, etc… Intéressant, surtout en sachant que les effets spéciaux réalisés pour le film ont été rachetés par Roger Corman dans le but de les introduire dans ses propres films. Le film suivant est un délire visuel de dix minutes très proche de la dernière partie de 2001 l’odyssée de l’espace. Planant et parfois amusant, le film est agréable à regarder et nous laisse libre d’y voir ce que nous voulons. Une expérience qui n’aura pas emballé la salle. Il était censé y avoir un troisième film, mais finalement, non.

Vous remarquerez que je n’ai pas cité les titres des films projetés, ma mémoire les ayant expulsés (les informations de la programmation n’aidant pas vraiment et ayant eu mon bac à 21 ans), je fais donc appel : si vous voyez de quels films je parle (je m’adresse essentiellement à Mathias Ulrich et FX), faites vous plaisir, giclez vos informations dans les commentaires.

Le jury du festival de Cannes 2011.

16h, heure du voyage sur la planète Tobe Hooper poursuivant la même thématique que les films précédents (« Vers les étoiles et au-delà ») dont les principaux spectateurs sont des cinévores aliénés profitant d’un superbe samedi après-midi pour se séquestrer dans une… oh tiens, Greg Lauert. La passion défie toute logique. Je rejoins ce cher collègue légèrement fatigué par une veille qui semble avoir été agitée, poilue et vintage. « J’ai pas vraiment rattrapé », dit-il en décapsulant une canette de Red Bull qu’il subit amèrement jusqu’à l’extinction des lumières et le début du calvaire.

Ce calvaire s’appelle L’invasion vient de Mars réalisé en 1986, remake des Envahisseurs de la planète rouge pondu par William Cameron Menzies en 1953. Croyant avoir vu le pire de Tobe Hooper avec Spontaneous Combustion, je ravale ma salive devant cette blague 80’s conne comme une valise qui suit un mioche témoin de l’atterrissage d’un ovni dont les mystérieux occupants vont changer le comportement de son entourage. Bien sûr, le gamin va demander de l’aide à l’infirmière de son école dont les mimiques sont aussi convaincantes que celles d’un lama en stress. S’ajoute à cela un doublage français collector, des extra-terrestres en forme de patates géantes (je cite, mais la réalité n’est pas bien loin) et de multiples sous-entendus involontaires entre enfant et adulte qui auraient ému Michael Jackson. C’est très drôle pendant une heure, la salle est de très bonne humeur (Greg : « Il faut que je le montre à ma fille ! »), mais les quarante dernières minutes sont gavantes ; Greg, qui a vidé sa canette de Red Bull, a finalement sombré dans le sommeil.

Clint Eastwood veut faire une toute dernière apparition à l'écran.

Mal au cul et au crâne, il serait trop facile de partir comme ça, nous restons alors pour Lifeforce, autre film de Tobe Hooper réalisé un an avant la farce précédemment citée. Beaucoup plus sérieux et convaincant en terme de réalisation, Lifeforce parle d’une bande d’astronautes qui revient sur Terre en compagnie de créatures humanoïdes en pleine hibernation. Réveillées, ces créatures foutront évidemment le bordel sur Terre (à Londres, plus précisément) en aspirant l’énergie vitale de leurs victimes, les transformant en zombies tous droit sortis du Retour des morts-vivants. D’ailleurs, ce ne serait peut-être pas un hasard puisque l’un des scénaristes de Lifeforce n’est autre qu’un certain Dan O’Bannon (l’un des responsables de L’invasion vient de Mars, mais aussi d’Alien, Dark Star et Total Recall, rien que ça) qui réalisera le fort sympathique Retour des morts-vivants la même année. Bien qu’il soit facile de s’accrocher à Lifeforce, il est aussi facile de s’y ennuyer : on y blablate beaucoup et le gros budget du film (25 millions de dollars) n’est visible à l’écran (et encore…) que lors du dernier acte qui présente une invasion de zombies sprinters en pleine ville. Lifeforce représente assez bien la carrière de Tobe Hooper : malgré certaines qualités, ça ne laisse pas grand-chose.

"Allô Frédérique Bel ? Tu veux un rôle sérieux ?" - "Euh... ok."

S’ensuit à 20h de la projection en avant-première de la co-production franco-hongkongaise Les Nuites rouges du bourreau de jade en présence de ses réalisateurs, Julien Carbon et Laurent Courtiaud. Trop feignasse pour vous faire un synopsis, je vous propose un copier-coller : « Le bourreau de jade, exécuteur du premier empereur de Chine, va réunir le destin de deux femmes à Hong Kong, de nos jours. Carrie, la première, est fascinée par la figure de ce bourreau qui torturait ses victimes à l’aide de griffes redoutables et d’un poison provoquant un plaisir extatique mortel. La seconde, Catherine, une Française recherchée par Interpol, possède sans le savoir le précieux élixir… » Soit. A part une séquence d’introduction plutôt réussie et des qualités techniques indéniables durant l’intégralité du métrage, le fond est tellement inerte qu’il est difficile de ressentir quoi que soit devant cette tentative. Je revois Greg dans la salle, plutôt bon client du film, malgré ses réticences concernant le scénario : « Il y a des trous énormes ! » Au fond de moi : « J’y ai rien vu… »

Vous voulez connaitre la suite ? Bande de tarés.

Pour le moment, cette journée festivalière n’est guère convaincante, il est plus de 22h et le prochain film est J’ai rencontré le Diable (I Saw the Devil), une avant-première, qui dure environ 2h20. Donc, I Saw the Devil de Kim Jee-Woon (réalisateur du Bon, la brute et le cinglé) suit un jeune type qui veut venger la mort de sa fiancée. Puisque la police ne semble pas très motivée, il décide de faire justice lui-même en traquant le tueur en série. Partant d’un postulat assez simple et maintes fois utilisé au cinéma, le rythme du film de Kim Jee-Woon est très proche de l’excellent The Chaser de Na Hong-jin, mais possède quelque chose d’encore plus brutal et sadique. En effet, après une première demi-heure relativement « convenue », le film prend une direction troublante. Le héros du film, rongé par une souffrance qu’il croit pouvoir soulager en exterminant son responsable, décide de jouer avec sa proie dans l’espoir de lui faire subir un sort encore plus douloureux que celui dont sa fiancée a été victime. Très bourrin, Kim Jee-Woon n’hésite pas à montrer une violence extrême pour accentuer son propos et à offrir une réalisation superbement soignée. Greg : « On dirait un peu Batman contre Joker. » Et c’est très vrai. Les caractères des duellistes y font clairement penser : l’un est silencieux et torturé, tandis que l’autre est sadique et pervers. En soi, I Saw the Devil est proche d’une version hardcore et réaliste de The Dark Knight. Les 2h20 du film passent très vite et frappent là où ça fait vraiment du bien.

Je décide ensuite d’échapper au très dispensable The Loved Ones dans le but de me réveiller à temps pour la journée des enfants…

Rock Brenner

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