Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 42)

25 Avr

// QUELQUE PART DANS LE TEMPS – Jeannot SZWARC //

Christopher Reeve trinque à la santé de la COTOREP.

Christopher Reeve, auteur de pièces à succès à Chicago dans les années 70,  s’éprend de Jane Seymour en voyant sa photo et recourt à l’autohypnose pour la rejoindre en 1912. Leur histoire d’amour sera confrontée aux limites du temps.

Jeannot Szwarc, connu pour avoir pris la suite de Steven Spielberg en dirigeant le second opus des Dents de la mer, s’est égaré à la télévision. Le cinéaste français est devenu en l’espace de trente ans un artisan forcené du petit écran américain. En 1980, il signe toutefois ce film singulier, daté, touchant.

L’histoire est tirée d’une nouvelle de Richard Matheson, que l’écrivain adapte lui même pour l’écran. Si le romancier n’a jamais été considéré comme un des papes de la science fiction et du fantastique, il n’en est pas moins un fabuleux conteur. Matheson a surtout un talent particulier pour humaniser la science fiction. Ses œuvres transpirent un romantisme désuet.

Somewhere in time ne déroge pas à la règle. Il serait inutile d’attendre de multiples rebondissements. Matheson construit sa chronique amoureuse, installe ses personnages et, comme au temps des meilleurs épisodes de Twilight Zone, libère sa chute fracassante. Le coup de marteau vient achever le spectateur, confortablement installé dans une romance rythmée par une partition sans faille de John Barry.

Szwarc donne au film une patine old school. Il est parfaitement conscient de sa dimension intemporelle. Le même scénario n’aurait sans doute pas manqué de séduire Mankiewiscz ou William Wyler. Le réalisateur français ne renie pas le classicisme du matériau. Il l’adapte avec une indéniable humilité, dans le respect d’un savoir faire hollywoodien, à des années lumières des tourments du nouveau cinéma américain des années 70.

Reeve, comédien disparu prématurément, vient alors de tourner le premier Superman de Richard Donner. En redécouvrant Quelque part dans le temps, on en vient à regretter l’archétype dans lequel l’acteur s’est inscrit. Il est à cette époque un mélange de Montgomery Clift, de Rock Hudson et de Cary Grant. Il représente une figure solide et romantique, très loin des standards du temps.

Cette figure apparait toutefois idéale dans ce petit bijou signé Matheson et Szwarc, dans cette œuvre oubliée, hors du temps.

Greg Lauert

A savoir : la 18ème variation de Rachmaninoff qui fait ici le lien entre les deux amants ne manquera pas d’évoquer un autre film aux cinéphiles. Il s’agit du morceau que Bill Murray revient apprendre chaque matin dans Un jour sans fin d’Harold Ramis.

QUELQUE PART DANS LE TEMPS de Jeannot Szwarc // 1980 // 103 minutes // 1.85 : 1 // Avec Christopher Reeve, Jane Seymour, Christopher Plummer, Bill Erwin, Teresa Wright.

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Une Réponse to “Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 42)”

  1. Moi vendredi 16 septembre 2011 à 231132 #

    Je regarde un épisode de Fringe. JE vois que J.Swarc en est le réalisateur, je « googlise » son nom je tombe sur sa fiche, sa filmographie, ce film, je rebondis avec wikipédia sur l’histoire et son auteur, R.Matheson et au final j’arrive ici. Personne ne semble jamais avoir remarqué cette page. Vous ne l’avez pas écrite pour rien, je l’ai lu.

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