Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.3)

14 Mai

Laaaaapin ?

Il est 14h30, le jour vient de se lever, il est temps d’aller voir le premier film de la journée après avoir éliminé les dernières vapeurs de la fête Carlotta et du Petit Majestic. Je commence avec Habemus Papam (en photo) de Nanni Moretti, présenté en compétition. Après son évocation toute personnelle de l’Italie de Berlusconi dans Le Caïman, le cinéaste a de nouveau déclenché la polémique en Italie en situant son nouveau film au Vatrican, lors de l’élection d’un nouveau pape. Ce dernier, incarné par un Michel Piccoli admirable, se découvre incapable d’exercer ses fonctions et s’évade après une séance d’analyse avec un psychiatre joué par Moretti lui-même. Cette crise de foi et ses conséquences rappellent des œuvres plus anciennes du réalisateur, et plus particulièrement Palombella rossa, dans cette façon ludique de décrire les occupations de quelques hommes regroupés dans un même lieu. Il en est même proche dans la manière du réalisateur de conclure de façon brutale un film qui s’est déroulé comme un rêve, laissant ses spectateurs sur une note assez dure mais finalement très logique.

Comme je suis aussi là pour voir des films et que je n’ai pas été très studieux, j’enchaîne rapidement avec la projection d’Arirang, de Kim Ki-duk. Le réalisateur, autrefois si régulier, n’avait pas tourné de film depuis 2008. Il en explique les raisons dans ce documentaire (?) à la première personne, où, reclus dans un cabanon en montagne, il s’adresse à la caméra pour tenter de comprendre pourquoi il a cessé presque toute activité. Si le narcissisme du cinéaste rebute de prime abord, on finit par se laisser porter par ses inventions de mise en scène et sa façon de transformer, avec des moyens minimalistes, cette confession filmée en stimulant exercice de cinéma.

Ensuite, c’est la course pour arriver à temps dans la file d’attente pour la projection de presse de Footnote de Joseph Cedar, présenté en compétition. Précipitation inutile, le nouveau film du réalisateur de Beaufort n’intrigue pas énormément de journaliste et tout le monde peut rentrer dans la salle Debussy. Après l’aridité de son film de guerre, le style foisonnant de la première partie de cette comédie noire laisse un peu perplexe. Mais il faut attendre que l’intrigue se noue pour apprécier tout le sel de cette histoire de concurrence entre un père et son fils, qui étudient, chacun à sa manière, le Talmud.

Comme la soirée Habemus Papam ne commence pas tout de suite, je décide de clore ma journée de projections avec Miss Bala du mexicain Gerardo Naranjo. Dans une mise en scène classique et épurée, le réalisateur fait le pari de raconter, sur un peu plus d’une journée, le parcours d’une jeune femme, aspirante miss basse Californie et de dresser en même temps un portrait des activités de narcotrafiquants et de la corruption qui gangrènent le pays. La contraction, un peu artificielle, d’événements chocs, déréalise un film qui se veut pourtant documenté et empêche d’adhérer vraiment au véritable chemin de croix que traverse cette jeune femme écrasée par un environnement implacable.

Demain, si le physique et le mental tiennent le coup, on parle de Michael, premier film du réalisateur autrichien Markus Schleinzer, et du Gamin au vélo des frères Dardenne.

François-Xavier Taboni

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