Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.6)

17 Mai

Dans quelle main ai-je caché le dernier bon film de ma femme ?

Attendu depuis plus d’un an par la planète cinéphile, The Tree of Life (en photo) se dévoile enfin aux yeux des spectateurs lundi matin, à la séance de 8h30. Dans ce film, Terrence Malick ambitionne de raconter la vie d’une famille américaine dans les années 50, tout en évoquant également en images les origines de l’humanité. Notamment illustré par des images spectaculaires de coulées de lave, d’aurores boréales, de dinosaures en images de synthèses ou de bancs de méduses, le film se présente d’abord comme un poème visuel, avant de prendre un tournant narratif assez ténu. Cette abstraction, liée à une imagerie parfois assez naïve, ne convainc pas vraiment le public de la salle Lumière : le film est aussi copieusement hué qu’il est applaudi.

Une petite course matinale sur la croisette me permet d’entrer ensuite à la projection d’Impardonnables, d’André Téchiné, présenté à La Quinzaine des Réalisateurs. Adapté d’un roman de Philippe Djian, le film, où plusieurs genres se bousculent, commence par séduire. Malheureusement, abondance de biens nuit et les constants revirements de l’histoire, alimentés par les diverses névroses de personnages, finissent par asphyxier un récit, dont on se détache peu à peu pour attendre une ou des conclusions qui ne semblent jamais venir.

Hors satan, de Bruno Dumont, présenté en Certain Regard, n’offre pas vraiment les mêmes caractéristiques. Son nouvel opus, si caractéristique de son style, surfe entre néo film noir et cinéma fantastique, pour un résultat qui provoque bien évidemment une scission parmi le public.

Après toutes ces émotions, il faut se ressourcer. Un repas idyllique dans un cadre paradisiaque me permet de reprendre des forces avant de voir le dernier film de la soirée, The Island, second long métrage du bulgare Kamen Kalev. L’Œuvre, qui navigue entre plusieurs thèmes, plusieurs genres, et même plusieurs esthétiques, peine à convaincre. On est bien sûr surpris par les brusques bifurcations du récit, mais celles-ci semblent tellement artificielles qu’il est difficile d’adhérer à un projet dont on a bien du mal à cerner la cohérence.

Demain, on devrait normalement parler de Pater d’Alain Cavalier et du Havre d’Aki Kaurismaki.

François-Xavier Taboni

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3 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.6)”

  1. Greg LAUERT mardi 17 mai 2011 à 111159 #

    Et ton avis alors, sur le Malick ?
    Je sais que tu ne partages pas mon enthousiasme sur le cinéaste, mais bon, j’ai du mal à croire que l’auteur de Days of heaven puisse signer autre chose qu’un chef d’oeuvre.

  2. François-Xavier Taboni mardi 17 mai 2011 à 121219 #

    Tu pourra juger par toi même bientôt je pense. Je trouve que la puissance visuelle d’une partie du film ne contrebalance pas certaines choses vraiment très naïves, à la limite de l’image d’Epinal (notamment la voix-off), une narration ou trop présente ou trop lâche et puis le côté 2001 du pauvre à certains moments, c’est un peu gênant. Mais la relation entre Brad Pitt et ses gosses est intéressante. C’est marrant de le voir jouer la machoire serrée et prendre l’accent qu’il a dans Inglourious Basterds. Je me demande lequel il a tourné en premier, du coup. Un peu trop de grands angles et de steadycam qui donnent un look étrangement daté au film. Sinon, je suis content de l’avoir vu dans une très grande salle : c’est le genre de film que je verrai bien en IMAX en fait.

  3. Greg LAUERT mardi 17 mai 2011 à 130148 #

    je vois ça jeudi, je pense. Rien de bien rébarbatif à ce que tu m’énonces là … je reste confiant.
    Et tu connais mon côté midinette (genre fan de Benjamin Button), donc la naiveté mélodramatique, ca ne me rébute pas.

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