Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.8)

19 Mai

Raccompagné par Gilles Jacob et Thierry Frémaux, Lars von Trier quitte le Festival de Cannes.

Il y a quelques jours, Terrence Malick nous montrait le début du monde avec The Tree of Life. Lars von Trier présente aujourd’hui un film miroir, Melancholia (en photo), drame intimiste et cosmique sur la fin du monde. Beaucoup de liens semblent rapprocher les deux œuvres, mais, stylistiquement, chacune appartient bien évidemment à son auteur. Le dernier opus, présenté en compétition, du danois tourmenté se place en effet dans la lignée esthétique d’Antechrist. Déconcertant, émouvant, difficile à appréhender en quelques heures (comme le Malick, finalement), c’est le genre de film sur lesquels butent un peu facilement les jugements hâtifs. Il faudra laisser du temps à Melancholia pour grandir en nous et bien évidemment s’abstraire de la polémique déclenchée par la dernière provocation en date de Lars von Trier lors de la conférence de presse. Espérons que cette fin du monde cinématographique ne marquera pas la fin de sa carrière.

Xavier Durringer n’est pas confronté aux même problèmes que le réalisateur d’Epidemic. Il faudrait en effet être particulièrement pointilleux pour trouver la moindre polémique au sein de La Conquête, présenté hors compétition. Petit condensé assez télévisuel de l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy, cette biographie rappelle un peu le W., d’Oliver Stone, produit assez lisse, bien vendu sur une irrévérence supposée, et au final bien trop sage. Seul Denis Podalydès, qui livre une prestation impressionnante de vérité, sans jamais sombrer dans la caricature, tire vraiment son épingle du jeu.

Il sera en revanche bien difficile de trouver un élément qui pourrait repêcher le nouveau film de Naomi Kawase, Hanezu, présenté en compétition. Le style ultra-minimaliste de la cinéaste ne sert pas vraiment une intrigue très légère à laquelle on n’accroche jamais et la volonté de la cinéaste d’inscrire son récit dans un environnement discrètement fantastique n’ajoute rien à un projet aussi déconcertant que décevant.

Heureusement, le film est court et je peux enchaîner avec la projection de presse du second film japonais en compétition, Ichimei, de Takashi Miike, remake du Hara-kiri de Masaki Kobayashi datant de 1962. Il a donc fallu le sujet de ce classique du cinéma japonais, et l’arrivée de Jeremy Thomas (collaborateur entre autres de Bertolucci et Oshima) aux rennes de la production pour que Miike fasse son entrée dans la sélection officielle. Pour parler plus précisément du film, on est assez déçu par la révérence dont le cinéaste fait preuve vis-à-vis du film original. Les ajouts majeurs de sa version consistant en un tournage en couleurs et en 3-D, ce dernier choix est particulièrement surprenant étant donné la nature très statique du sujet et de la mise en scène. A noter que pour les fans hardcore du Miike plus foutraque, on pouvait voir au marché du film une autre de ses œuvres, Ninja Kids, également terminé cette année. Miike reste Mike : tout va bien.

Demain, si les nuits cannoises le permettent, on parlera de La piel que habito, de Pedro Almodovar, et de Drive, de Nicolas Winding Refn.

François-Xavier Taboni

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