Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.9)

20 Mai

ATTENTION!!!!!!!! La voiture va te manger.

Une nouvelle journée qui commence à 14h30, pour cause de soirées cannoises sur les plages et sur les hauteurs de la ville en compagnie de quelques gins tonic bien servis.

C’est la cohue pour assister à la deuxième projection de La piel que habito, de Pedro Almodovar, présenté en compétition. La popularité du cinéaste et la reprise de sa collaboration avec Antonio Banderas y sont probablement pour beaucoup. Pour le reste, Almodovar déroule avec une certaine habileté les ficelles de son cinéma : récit à tiroirs entre présent et passé, mise en scène très cadrée et révélations scénaristiques et psychanalytiques pour le moins étonnantes. Il faut que le cinéaste convoque un univers de science fiction pour rendre un tant soi peu crédible cette histoire abracadabrante. Heureusement, Almodovar sait terminer son film sur une note assez émouvante et je sors finalement plutôt content de cette projection.

Comme je suis particulièrement en retard, ma projection suivante se déroule à 19h30 après 1h30 de queue, quand même. La première scène de Drive, présenté en compétition, me fait immédiatement oublier tous ces menus soucis. En adaptant un roman de James Sallis (Drive – Rivages Noir) Nicolas Winding Refn signe un des plus beaux polars angelenos de ces dernières années. Marchant sur les traces de Michael Mann et William Friedkin, le réalisateur de Bronson donne sa vision de ce que peut être un film noir aujourd’hui. Les mésaventures d’un homme, cascadeur le jour, engagé comme chauffeur dans des hold-up la nuit, sont tout simplement stupéfiantes. Aussi inspiré quand il s’agit de filmer la touchante idylle entre le héros et sa voisine au début du film que pour décrire une explosion de violence froide dans sa seconde partie, le cinéaste parvient surtout à ne pas tomber dans le piège du style pour le style. Il s’appuie pour ça sur une interprétation irréprochable : Ryan Gosling, tout en intériorité, rappelle un jeune James Caan tandis que Carey Mulligan campe une touchante femme fatale. Dans le camp adverse, Nicolas Winding Refn parvient à renouveler l’image deux acteurs souvent mal ou sous employés, Albert Brooks et Ron Perlman.

Bien qu’il puisse pâtir de l’enthousiasme qu’a provoqué Drive, je vais quand même découvrir Le jour où il arrive, le nouveau film de Hong Sang-soo à 22h. Depuis quelques films, le cinéaste sud-coréen se débarrasse de plus en plus de la technique pour arriver à approcher la vérité des sentiments éprouvés par ses personnages. Si la démarche est louable, le résultat, n’est pas complètement satisfaisant : on a par exemple du mal à comprendre pourquoi Hong Sang-soo choisit de tourner son film en noir et blanc, tant celui-ci parait terne. In fine, cette effacement de la technique finit par se remarquer et joue un peu contre un cinéaste qui reste néanmoins très fort pour rendre passionnantes des discussions de bistrots et des marivaudages amoureux toujours aussi minimalistes.

Demain, on tente de parler de This Must be the Place, de Paolo Sorrentino, et de One Upon a Time in Anatolia de Nuri Bilge Ceylan.

François-Xavier Taboni

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