Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.10)

21 Mai

Fin de festival difficile pour François-Xavier…

C’est un peu le début de la fin du festival, de la compétition et de mes espoirs de ne pas dormir pendant une projection. Dans le cas de This Must be The Place, présenté en compétition, les assoupissements passagers sont un soulagement. Les errements de Cheyenne, rock star lymphatique incarnée par un Sean Penn en roue libre, ne sont pas vraiment un des temps forts de la sélection officielle. Dire que des rumeurs parlent du prix d’interprétation masculine pour Sean Penn, dirigé pour la première fois par Paolo Sorrentino…

Le sommeil se fait encore plus impitoyable quand je découvre Le Chasseur, second film du réalisateur russe Bakur Bakuradze : le film commence et le personnage principal tue un cochon avant de conduire sa voiture en pleine campagne. Je m’endors. Quand je me réveille, le personnage tue un autre cochon et conduit à nouveau sa voiture. Je re-sombre. Ce manège dure pendant une heure et quart. Je finis par demander à ma voisine de quoi parle le film. Elle m’avoue qu’elle a dormi, elle aussi. Je décide de m’accrocher un peu sur la seconde partie du film et découvre que notre héros vit une liaison adultérine avec une femme sortie de prison. C’est à peu près tout ce que je parviens à tirer de ce drame laconique et déprimant. Je me serai au moins reposé.

Le soir, je fais un plus d’efforts pour suivre Il était une fois en Anatolie (en photo), de Nuri Bilge Ceylan, présenté en compétition. Mais quand même, Nuri Bilge exagère. 2h37 pour raconter une enquête criminelle menée par un procureur, un médecin et quelques pieds nickelés de la police et de l’armée. Quand la recherche du corps de la victime dure facilement 1h30, entrecoupée par une scène de repas, on peut comprendre que les journalistes fatigués s’assoupissent de temps en temps. Pourtant, c’est ce travail sur la durée et une mise en scène d’une grande précision qui fascinent. Le réalisateur donne autant d’importance à l’action (ou l’absence d’action), qu’aux histoires que se racontent les personnages au cours de l’enquête et qui trouvent parfois des échos dans les événements eux-mêmes. Cette intelligence du récit, mariée à un humour à froid qui fonctionnait déjà de façon surprenante dans Les Trois Singes, font le prix d’un film passionnant si on a le courage d’y entrer.

Comme la soirée Drive commence après minuit, je me cale une dernière projection en bouche-trou, Oslo, 31 August, de Joachim Trier. C’est la première fois de la journée que je ne m’endors pas devant un film. Pourtant, cette libre adaptation du Feu Follet, de Drieu La Rochelle, ressemble plus à un long clip de prévention contre la drogue qu’à une œuvre de cinéma. Reste l’interprétation, convaincante dans son ensemble.

Après une soirée arrosée et trois heures de sommeil, je découvre dans des conditions périlleuses le dernier film de la compétition, La Source des femmes de Radu Mihaileanu. Je serais bien présomptueux de donner un avis sur ce film que j’ai entr’aperçu, mais son sujet et son casting pourraient bien en faire un des favoris du jury cannois et un futur succès en salles lors de sa sortie en novembre prochain. Il est néanmoins difficile de deviner les décision du jury cette année, le bruit des rumeurs s’étant fait rare sur la Croisette. J’espère quand même y retrouver, à des places diverses, Le Gamin au vélo, Pater et Drive, enchantements de la sélection 2011.

Ce soir, si tout se passe bien, apéro, plage, film et fête (c’est aussi ça, Cannes). A l’année prochaine.

François-Xavier Taboni

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2 Réponses to “Journal d’un CUTien à Cannes (saison 4, ép.10)”

  1. Sandra samedi 21 mai 2011 à 190739 #

    Bye, bye le Festival de Cannes.. dont on retiendra cette année qu’il a failli ne pas avoir lieu (affaire DSK).
    Heureusement Zorro von Trier est arrivé.
    Le XXIe siècle est formidable.

  2. Greg LAUERT samedi 21 mai 2011 à 221009 #

    maintenant, tu peux écouter une certaine émission radio pour savoir ce que l’on a pu penser du Dardenne …..
    Bon, tu m’as sérieusement intrigué pour Drive. Je ne le manquerais pas.

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