Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 46)

23 Mai

// AU REVOIR A JAMAIS – Renny Harlin //

Aaaaaah... Les années Cindy Lauper...

the The long kiss goodnight (titre original) est un film mineur, mis en scène par un maitre de l’actioner bourrin dans les années 90. Si le film conserve une place dans l’histoire du cinéma, c’est parce qu’il sonne irrémédiablement le glas d’un genre particulier.

Oublions un instant Kiss Kiss Bang Bang, revival arty et daté dès sa sortie. Au revoir à jamais (titre finalement prémonitoire) ferme la parenthèse enchantée de Shane Black, scénariste mémorable et finalement peu prolixe. Le style est immédiatement identifiable : un privé miteux, un personnage principal au bout du rouleau, un coéquipier réticent, la punch-line obligatoire pour ponctuer un coup de feu ou un coup de poing. Black a redéfinit le polar dans les années 80.

Ses personnages naissent dans le film noir, meurent dans un déluge pyrotechnique. Pour exister, le héros a besoin d’un antagonisme. L’auteur s’approprie donc le buddy movie, style typiquement ancré dans la comédie, et le marie au film criminel.

Dans les premières années, personne ne prête attention à Shane, ouvrier à la chaine du blockbuster sous la coupe de Joel Silver. Il faudra un génial best-of, une encyclopédie du film d’action intitulée Last Action Hero pour que la planète cinéphile se penche sur le cas de cet admirable dialoguiste. Renny Harlin, Richard Donner, John Mc Tiernan, Tony Scott ont porté ses scénarii à l’écran. Et il les a pliés à son style, à ses mots, à son ton.

Au revoir à jamais est une plongée abrupte dans son univers, dans cette caverne des fantasmes récurrents. Geena Davis, tueuse amnésique, y retrouve la mémoire et s’associe à un Samuel L. Jackson aussi rincé que savoureux pour dézinguer du barbouze avec le sourire. Les plus jeunes cinéphiles voudront préciser que Robert Rodriguez s’essaye au même type de cinéma. La différence, pure et évidente, réside dans la caractérisation des personnages.

Shane Black puise son vivier chez Raymond Chandler et Mickey Spillane. Il s’inscrit dans une tradition du récit criminel, il rénove de sublimes épaves, des déchets au charisme phénoménal. Il couche sur le papier les personnages que le spectateur veut voir à l’écran. L’action est secondaire. Le fondement, le principal, c’est la vanne qui l’introduit.

Greg Lauert

A savoir : si Au revoir à jamais peut être considéré comme le terme d’une première carrière de Shane Black, il s’agit également de la dernière apparition de Geena Davis dans un rôle majeur sur grand écran.

AU REVOIR A JAMAIS de Renny Harlin // 1996 // 121 minutes // 2.35 : 1 // Avec Geena Davis, Samuel L. Jackson, Craig Bierko, Brian Cox, David Morse.

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Une Réponse to “Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 46)”

  1. Fabien mardi 31 mai 2011 à 130140 #

    Hmm… Je me souviens avoir oublié ce film. Enfin je crois…

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