[cinéphilie :] Maurice Barthélémy et Lord Kossity

8 Juin

Le cinéma ne passera pas par moi !

Maurice Barthélémy (réalisateur) et Lord Kossity (acteur) étaient à Strasbourg pour présenter leur nouveau film, Low cost (sortie le 8 juin 2011). L’histoire ? Des quidams (dont un moche, un ringard et une blonde) se retrouvent coincés dans un avion d’une compagnie low-cost. Voilà un scénario qui ne casse pas trois pattes à un canard. Heureusement, il y a la superbe photo du film (euh… non, en fait), des acteurs brillants (non, non plus), une mise en scène virtuose (bon ben non, non plus) et des bonnes vannes (une !). Dommage que Maurice Barthélémy se soit laissé aller à tant de médiocrité. Lui, l’auteur du bancal mais prometteur Casablanca driver, lui l’auteur du naïf mais touchant Papa. Forcément, il doit y avoir quelque chose à sauver de ce troisième film : sa névrose.

Nous discuterons peut-être (mais ce n’est pas sûr) de Low cost  lors de la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 11 juin). En attendant, Maurice Barthélémy et Lord Kossity nous livrent leurs souvenirs et impressions des films suivants.

RESTONS GROUPES (Jean-Paul Salomé)

Maurice Barthélémy : Ah purée, je ne l’ai pas vu ce film !..

Lord Kossity : Moi, ça me dit quelque chose. Ouais.

M.B. : Avec Bruno Solo et Emma de Caunes, c’est ça ?

L.K. : Ouais.

M.B. : On m’en a dit du bien. Je le verrai avec plaisir.

L.K. : C’est une histoire loufoque, au bout du monde.  Avec pas mal d’engueulades.

CASABLANCA DRIVER (Maurice Barthélémy)

M.B. : Ca me dit quelque chose… Casablanca driver n’est pas dans le même style d’humour que Low cost. Pour Casablanca driver, je m’étais beaucoup inspiré de When we were Kings, dans sa forme très seventies, dans l’aspect faux-documentaire aussi. C’était un film de genre. Low cost a une forme plus traditionnel, plus grand public, c’est moins décalé que Casablanca. Low cost est une pure comédie, pour faire rire. Bon, mon humour ne fait pas rire tout le monde mais j’ai la prétention de croire que ça peut faire rire quelques personnes. Casablanca est mon premier film, fait d’imperfections mais qui vieillit plutôt bien je crois. Peu de gens l’ont vu mais je crois qu’ils l’ont bien aimé.

L.K. : Malheureusement non, je ne l’ai pas vu !

M.B. : Et puis je me souviens que pour ce film, je n’avais pas pu laisser ma fin car la production disait que ce n’était pas possible de laisser une fin aussi noire et triste pour un film comme ça. Donc il y avait une deuxième fin, mais j’ai quand même laissé la mienne avant, qui donnait une note d’espoir, comme une suite à cette aventure. C’était une concession, c’est vrai, mais une petite concession au regard du film barjot qu’on m’a laissé faire.

SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE (Jean-Paul Rouve)

M.B. : Oui, le premier film de Jean-Paul. Tu l’as vu ?

L.K. : Oui, j’ai vu quelques extraits.

M.B. : Ah, d’accord.

L.K. : Evidemment, je sais de quoi ça parle.

M.B. : Ca comptait beaucoup pour moi de voir son premier film. Ca m’intriguait et puis je suis très friand de ce genre d’histoires de braquage. Je ne sais pas trop comment parler de ce film. Jean-Paul a trouvé un bon dosage entre un film personnel et un film grand public.  Ca lui a aussi permis de se raconter lui. Parce que, quand même, ce personnage de Spaggiari, c’est un peu Jean-Paul Rouve. C’est quelqu’un qui dans la vie est très multi facettes, qui se cache derrière de nombreux artifices mais qui en réalité fuit la relation. Et ça, ça ne m’a pas surpris que Jean-Paul raconte cette histoire. Car Jean-Paul est Spaggiari, Jean-Paul est un escroc ! Je suis aussi névrosé que Jean-Paul, je fuis aussi la relation. On fait des films qui parlent sur nous, mais de façon discrète. Comme tous les réalisateurs en fait, c’est très con ce que je dis.

IRREVERSIBLE (Gaspar Noé)

M.B. : On en parlait ce matin.

L.K. : Ouais.  Un film glauque, avec Joe Prestia qui est un pote. La scène du viol, interminable. J’ai eu beaucoup de mal. Je me suis senti mal à l’aise, et je n’ai pas pu le regarder jusqu’à la fin. Je voulais rencontrer ce mec, Gaspar Noé, pour lui dire tout le bien que je pense de son film.

M.B. : J’aime bien la force très simple de ce film. Evidemment je ne marche pas dans tout. Je trouve la scène du viol très complaisante. Mais c’est un grand réalisateur qui ne transige pas sur sa vision.

L.K. : Je ne suis pas prêt à le revoir.

M.B. : Ni cette version, ni celle animée ? Parce qu’il paraît que Disney a racheté les droits !..

Y A T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ? (ZAZ)

M.B. : Un grand film. Quand je l’ai vu, j’ai tout de suite su que c’était ça que je voulais faire. Un humour hybride en fait, qui mêle beaucoup de genres. Avec les Mython Python, c’était la référence. Ce film a ouvert une brèche : South Park, Les  Nuls, les Robins des bois etc. Ca a un peu vieilli, c’est vrai. Mais ça reste un grand film ! Ce film m’a donné envie de faire Low Cost, très clairement. Faire un film qu’on peut voir, revoir, rerevoir.

L.K. : C’est un film culte.

TOUTES LES FILLES PLEURENT (Judith Godrèche)

M.B. : Premier film de Judith. Je n’avais plus envie de jouer moi. Et jouer dans son film m’a redonné l’envie de jouer. C’est une réalisatrice en puissance, qui doit faire d’autres films ! Là elle a fait un film très personnel, c’est peut-être ce qu’on lui a reproché. Elle est allée au fond de son intimité et nous l’a fait partager, ce qui est très courageux. Je l’encourage à faire un film de genre. Moi j’adore les films de genre, les films à pitch et elle c’est tout le contraire ! J’espère qu’elle va vite en faire un deuxième.

Propos recueillis par Romain Sublon

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2 Réponses to “[cinéphilie :] Maurice Barthélémy et Lord Kossity”

  1. Reda mercredi 8 juin 2011 à 190754 #

    Joe Prescia c’est le fils de Joe Prestia et de Joe Pesci ?

  2. Romain mercredi 8 juin 2011 à 231139 #

    Dont acte.

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