Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 53)

11 Juil

// LES ASSOCIES – Ridley Scott //

Manifestement, Nico Cage ne sait pas encore quelle coupe demander à son coiffeur.

Jouer un arnaqueur psychotique perclus de troubles obsessionnels du comportement apparait comme un choix logique dans la carrière de Nicolas Cage. Ces dernières années, le neveu de Francis Ford Coppola se tourne vers les options improbables, les personnages outranciers et perruqués. Plus connu en début de parcours pour ses outrances que pour son talent, il avait pourtant convaincu définitivement son audience avec Leaving Las Vegas en 1995. Depuis, il enchaine, paye ses impôts, s’inquiète bien peu de l’avis de la communauté cinéphile sur l’orientation de sa carrière.

Matchstick Men (titre original) devait être une nouvelle débauche. Cage devait jouer les doux dingues pour un esthète du blockbuster, un roi de la surenchère graphique, un compère stakhanoviste aussi peu soucieux que lui de la qualité de sa livraison annuelle. Mais Ridley n’est pas Tony. Le grand Scott peut être grand cinéaste. Il peut même surprendre sur un projet quasi intimiste.

L’arnaqueur, donc, plume les niais avec un collègue agité, jusqu’à ce qu’un psychiatre lui conseille de reprendre contact avec sa fille de 14 ans. La comédie sentimentale ne dure pas. La suite est affaire de poupées russes. Mais la construction mécanique du film de filous n’est qu’accessoire. Ce qui importe, c’est l’application de ces monstres habitués des projets dantesques sur un polar aussi intime.

Ridley Scott s’amuse de son montage abrupt, et sort les filtres pour écraser Los Angeles de cette lumière crue, aveuglante. Les trois comédiens font un travail admirable. Cage, pourtant invité à la surenchère, est d’une admirable justesse. Sam Rockwell confirme un statut de second rôle luxueux. Alison Lohman s’affirme comme une véritable révélation. Jeune adulte à l’heure du tournage, elle apporte une maturité stupéfiante à un rôle ambigu d’adolescente instable. Sa confrontation avec le tumultueux Cage constitue le cœur du film. Elle est une anti Lolita, totalement asexuée, totalement roublarde, qui tend au personnage du père le miroir de ses absences.

Le film ne cède pas à l’angélisme. Il prend un tour cynique, violent, mature. Il confirme la soumission de ces grandes figures du cinéma contemporain à un récit en mode mineur.

Ridley Scott a souvent répété qu’il n’y avait pas de bon film sans une bonne histoire, sans de bons personnages. A l’étude de sa filmographie récente, on peinait à le croire. Les associés a le mérite d’équilibrer un peu ces intentions entre deux insipides foires à la destruction massive.

Greg Lauert

A savoir : Alison Lohman joue une jeune fille de 14 ans. Pourtant, elle a déjà 22 ans au moment du tournage.

LES ASSOCIES de Ridley Scott // 2003 // 116 minutes // 2.35 : 1 // Avec Nicolas Cage, Sam Rockwell, Alison Lohman, Bruce Altman, Bruce McGill

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3 Réponses to “Ces films dont on ne vous parle pas (épisode 53)”

  1. williams lundi 11 juillet 2011 à 121252 #

    bonjour je m’appelle Williams
    je voulai me connecter sur épisode 53

  2. williams lundi 11 juillet 2011 à 121253 #

    bonjour je m’appelle Williams
    je voulai me connecter sur cinéma

  3. Romain lundi 11 juillet 2011 à 140228 #

    Bonjour Williams.
    Je comprends pas.

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