[cinéphilie :] Julie Gavras

13 Juil

Julie Gavras (réalisatrice) était à Strasbourg pour présenter son nouveau film, 3 x 20 ans (sortie le 13 juillet 2011).

La crise de la soixantaine d’Adam et Mary (William Hurt et l’EXCELLENTE Isabella Rossellini), mariés depuis longtemps, toujours amoureux. Mais avec le départ du foyer du troisième et dernier enfant, avec surtout la remise d’une médaille récompensant l’ensemble de la carrière de Monsieur, architecte à qui l’on commande dans la foulée les plans d’une maison de retraite : ces deux-là prennent conscience de leur âge. Et de ce que cela implique éventuellement au sein de la société. Le sujet est traité avec élégance et malice sur le ton de la comédie, parfois un peu convenue ou flottante, mais certains personnages sont si burlesques et touchants qu’on s’attarde bien volontiers avec eux. Julie Gavras réagit, plus ou moins en rapport avec le sien, aux films suivants.

TOUT PEUT ARRIVER (Nancy Meyers) :

Ah oui, j’adore. C’est drôle par rapport à ce que je disais tout à l’heure (NDLR : pendant l’entretien minuté) de la difficulté de traiter ce sujet : ils ont tout de même mis Keanu Reeves qui tombe amoureux de Diane Keaton. Après, il y a une scène que je trouve formidable, je ne sais plus si c’est avant ou après que Diane Keaton et Jack Nicholson couchent ensemble, mais à un moment ils se voient dans la glace et ils hurlent tout les deux, lui n’ayant l’habitude de ne coucher qu’avec des petites de 20 ans… Enfin voilà, il y a un truc qui est délicieux là-dessus, oui.

LES PETITS RUISSEAUX (Pascal Rabaté) :

Je ne l’ai pas vu, j’ai lu la BD. J’adore sa BD, je ne sais pas ce que ça fait en film.

EVE (Joseph L. Mankiewicz) :

Ah. Elle n’est pas très vieille quand même dans le film : à un moment elle le dit, elle a 40 ans, c’est ça ? Même pas. C’est un de mes films fétiches, mais pas sur les histoires d’âge, sur les rapports humains. L’arrivisme, la séduction…

LA PLUS BELLE SOIREE DE MA VIE (Ettore Scola) :

Non, je ne l’ai pas vu.

Cut : J’ai pensé à cette adaptation de La Panne de Dürrenmatt à cause du jeu des amis de Nora (NDLR : la mère de Mary, interprété par Doreen Mantle), ces anciens magistrats.

Julie Gavras : Le jeu des amis de Nora, c’est une vraie histoire. J’ai une amie qui voulait faire un documentaire là-dessus. Elle avait découvert deux groupes différents de personnes âgées dans Paris. Un groupe de vieilles femmes yiddishes, survivantes des camps sûrement, qui se réfugiaient en haut du McDonald place de la République, à Paris. Les serveurs étaient sympas ils leur laissait prendre UN café, puis tout l’après-midi elles étaient là-haut, il n’y avait personne, ça n’emmerdait personne : et il y avait ce truc surréaliste où on montait au premier étage du McDo et ça parlait yiddish ! Et ce fameux deuxième groupe, qui était donc un groupe qui faisait des paris sur les comparutions immédiates. Mais c’était très compliqué à filmer, donc elle n’a jamais réussi à faire ça. C’était il y a 10, 15 ans, elle n’a jamais réussi à faire ce documentaire, mais cette histoire de groupe qui faisait des paris sur les comparutions immédiates, ça m’était resté en tête et après, je me suis dit : ça va trop bien pour le personnage de Nora.

THE SADDEST MUSIC IN THE WORLD (Guy Maddin) :

Je ne sais pas si c’est celui-là que j’ai vu, comme ils ont fait un certain nombre de films ensemble (NDLR : avec Isabella Rossellini). J’en ai vu un où tout était re-sonorisé en direct, je l’ai vu à l’Odéon. Isabella lisait le texte et tout était re-bruité en direct : forcément, ce qu’il y a de génial avec le bruitage, c’est que ce n’est jamais l’objet auquel on pense qui va faire le bruit qu’on imagine. Mais voilà… Pour la fantaisie d’Isabella, oui !

HAROLD ET MAUDE (Hal Ashby) :

Je ne l’ai jamais vu, Harold et Maude ! C’est drôle parce que quand je racontais que j’écrivais sur ce sujet, tout le monde me disait : mais il faudrait que tu vois Harold et Maude. Quand on dit aux gens : je vais faire un film sur les seniors, il y a quand même un certain nombre de cases qui se remplissent ! Ça, La maison du lac, Sunset Boulevard ; il y avait un joli film, il y a quelques années, de Sarah Polley qui s’appelait Loin d’elle… Voilà. Mais effectivement, Harold et Maude c’est presque le seul, enfin si j’ai bien compris, qui est un peu drôle sur le sujet.

Propos recueillis par Jenny Ulrich

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