[dvd :] DEVIL TIME FIVE / THE KILLING KIND – Sean McGregor / Curtis Harrington

18 Août

          

Deux titres inaugurent la nouvelle collection Horreur US 70’ proposée par l’éditeur Artus Films : Devil Time Five de Sean McGregor et The Killing Kind de Curtis Harrington.

Ne nous attardons pas outre mesure sur le premier, Devil Time Five, avec lequel on risquerait de se montrer exagérément indulgents. Cinq enfants fous attaquent des adultes venus passer un week-end dans un chalet perdu au milieu de la neige. C’est une base plutôt attirante. Mais comme dans cette histoire il n’y a pas un seul personnage intéressant ou un tant soi peu sympathique, le film ne peut compter que sur sa mise en scène pour s’en sortir et malheureusement celle-ci abuse, entre autres artifices, des looooooongs ralentis avec un redoutable manque d’efficacité… Évidemment, ces lacunes peuvent mettre en joie. Ajoutez-y un doublage français très con (VF oui, car lorsqu’on a compris la nature du film, on a tout intérêt à délaisser la VO) et vous voilà probablement, vous aussi, tout prêts à qualifier la chose de « diablement sympathique ». Bon allez, sombrons ignominieusement dans la complaisance : la vision de Devil Time Five est une expérience sympathique.

Cela dit The Killing Kind tient fichtrement mieux la route, concentrons-nous plutôt sur celui-là –c’est d’ailleurs le choix que semble avoir fait l’éditeur concernant les suppléments, nous y reviendrons.

The Killing Kind, donc. Soit un jeune homme (John Savage) de retour chez sa môman après un séjour derrière les barreaux où il a purgé une peine pour viol. Un viol en bande où, si l’on en croit les premières images du film, il était -presque- aussi forcé par le groupe que sa victime. Mais dans The Killing Kind, tout ou presque est laissé à l’appréciation du spectateur : ces femmes, fraîches ou vieilles, qui encerclent le jeune homme sont-elles vraiment aussi frappadingues qu’elles le paraissent en sa présence ? L’exaspération et la frustration sexuelles viennent-elles d’elles ou de lui ? De tous ? De tous, probablement. Voilà en tout cas un film qui suinte étrangement là où le slasher de base aurait aligné vocalises de scream queens et coups de couteaux psychosiens –on a bien droit à une scène de douche cependant. Les comédiens sont très bons, très bien employés, Ann Sothern –la mère- en tête. Le metteur en scène dose habilement le trouble, l’inconfort et le divertissement. Bref, c’est une jolie réussite.

Ce que confirme dans un supplément d’une demie heure le spécialiste du cinéma Bis Frédéric Thibaut. Il nous retrace la carrière plutôt contrariée de Curtis Harrington, depuis ses débuts expérimentaux avec Kenneth Anger jusqu’à sa mort en 2007. Et, en fait, tout cela est très intéressant, même si, en fait, un petit tic verbal rend, en fait, ces explications un tantinet stressantes à suivre, en fait. Trêve de taquineries, le problème ne vient pas tant de l’orateur, mais du dispositif –que de nombreux éditeurs adoptent : ces longs monologues ininterrompus, face caméra, sont terriblement casse-gueule. Ils respirent quand les spécialistes ?! Enfin, on ne va pas cracher dans la soupe : mieux vaut trop d’« en fait » au cœur d’un bonus constructif que pas de bonus, comme c’est le cas sur le DVD de Devil Time Five. Quoique si, il y a un court métrage, Play with fire de Kévin Favillier. Et en accompagnement de The Killing Kind il y en a un autre, Bloody current exchange de Romain Basset. Offrir cette sorte d’exposition à de jeunes réalisateurs français est une bonne intention, c’est à saluer.

Jenny Ulrich

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