[dvd:] SUMMERTIME – David Lean

5 Sep

Ed. Carlotta

Comme l’explique très justement Pierre Berthomieu en préambule, Summertime est pour David Lean un film de milieu de carrière. Il se trouve à la jonction de deux trajectoires, quelque part entre une carrière britannique (c’est encore un film anglais) et un destin américain. L’intérêt du film réside principalement dans la position historique de l’œuvre. D’un strict point de vue cinématographique, Lean se montra et se montrera plus convaincant. L’éditeur Carlotta réduit ainsi au strict minimum son travail éditorial, conscient sans doute de la valeur anecdotique de cet intermède vénitien.

Vacances à Venise (titre français) est donc présenté dans une très belle copie, avec pour seul complément une introduction de 8 minutes. Si l’œuvre s’avère quelque peu décevante, elle n’en est pas pour autant dispensable pour le cinéphile appliqué à mieux connaitre un grand cinéaste. Il est ainsi passionnant de voir Lean évoluer une fois encore en format 1.37 : 1 avant un virage définitif vers l’écran large. Venise semble ainsi s’apprécier par une fenêtre ouverte et joliment désuète, quoique dénuée de dramaturgie.

Katherine Hepburn cherche donc l’amour entre deux canaux. Elle est déjà une caricature de l’incroyable actrice des années 30 et 40. Sa voix et son ton si singuliers apparaissent souvent forcés. Mais elle est une icône américaine et presque aristocratique, un symbole frondeur, une réminiscence de l’âge d’or.

Lean ne tardera pas à migrer, et à délaisser ses romances anglaises pour ses grands spectacles hollywoodiens. Il entrera alors au panthéon des cinéastes, avec des œuvres gargantuesques mais toujours intimistes. Vacances à Venise est à ce titre un trait d’union thématique dans sa filmographie. Pour le cinéaste britannique, l’histoire d’amour sur grand écran se doit d’avoir un cadre inoubliable. Il peut s’agir des steppes russes du Dr Jivago, des falaises d’Irlande de La fille de Ryan ou, dans ce cas précis, des ruelles de la cité des Doges.

Cet élan caractéristique, cette volonté de sublimer la passion des personnages par des atours graphiques et géographiques aura su traverser les frontières et accompagner David Lean jusqu’au terme de sa carrière, au fil d’œuvres sans doute plus mémorables que ce titre édité récemment par Carlotta.

Greg Lauert

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