[dvd :] DEVIL STORY (Il était une fois le diable) – Bernard Launois

10 Sep

Ed. Sheep Tapes et Nanarland.com

Première édition conjointe des éditions Sheep Tapes et du site Nanarland.com (Le site des mauvais films sympathiques), Devil Story ne s’est certes pas égaré en territoire péri-potager pour rien : navet succulent.

Pour une première, c’est très classe : le film, comme le promet l’intitulé de la collection naissante, est donc absolument improbable, et pour l’accompagner –car cette œuvre mérite, non nécessite un accompagnement- on nous a mis les petits plats dans les grands. Grâce notamment à un documentaire d’une demie heure, nous avons droit à un éclairage assez unanime sur ce que provoque l’œuvre chez ses spectateurs, à savoir « mais c’est quoi ce truc ???? ». Le réalisateur Franck Henenlotter raconte qu’au bout d’une dizaine de minutes, son cerveau s’est éteint : on partage son état de stupeur. Jean-François Rauger (Cinémathèque française) replace diplomatiquement l’objet dans son époque : « il y avait la possibilité de faire des films insolites ; parfois formidables, parfois seulement insolites comme c’est le cas de Il était une fois le diable » : diablement insolite en effet. Rurick Sallé (Mad Movies) met l’accent sur la terrible musique écrite pour l’occasion, il oublie de nous mettre en garde contre l’utilisation qui est faite de la Toccata et fugue en ré mineur de Bach : re-dou-ta-ble. Frédéric Thibaut (Impact, Brazil), explique enfin que ce film est une boucle. Et oui, c’est exactement ça… Une boucle.

Car Devil Story, son réalisateur Bernard Launois s’en explique, est un film de presque 1h20 fabriqué à partir d’un peu plus de 50 minutes de métrage initialement tournées –il y a eu quelques ajouts, mais certainement pas 30 minutes… Alors, sans fin, dans un cercle vicieux d’ennui et d’émerveillement mêlés, nous voyons un meurtrier difforme agoniser, nous entendons en chat miauler, une chouette hululer, nous nous laissons piétiner la rétine par un cheval noir qui galope, qui galope, qui galope et un vieil homme qui tournicote dans un champs, un fusil à la main… Il y a aussi, pour faire diversion, une héroïne blonde en nuisette, égarée là, son double version brune (extraordinaire perruque) échappé d’un tombeau et une momie. Et un bateau fantôme… Et une panne d’essence… Ah ce sens du montage…

Les éditeurs proposent trois pistes sonores pour suivre l’oeuvre, il y en a notamment une enregistrée lors d’une diffusion publique en festival : forcément ça rigole fort et c’est bien le genre de film qui gagne à être vu collectivement. Seulement comme le son d’origine n’est pas excellent, ce n’est pas la piste à choisir pour une première découverte solitaire. D’autant que cela le dénature un peu : Devil Story est à mourir de rire par moments, mais il y a aussi des plages d’ennui et quelques instants presque poétiques si on s’y attarde. Les deux autres versions sont respectivement en français et en anglais, parce que Bernard Launois visait l’international dès le départ avec son chef-d’œuvre en devenir. Son actrice principale, Véronique Renaud, rêvait elle d’une carrière au cinéma depuis toute petite, mais après cette première expérience elle a complètement changé de cap. C’est d’autant plus sympathique de la retrouver dans les bonus. Comme elle dit : « ce n’est pas donné à tout le monde de tourner dans le pire nanar du monde ». En revanche il est désormais possible pour tout un chacun de s’offrir ce sérieux concurrent au titre : l’objet déferle en magasins le 12 septembre 2011. Une date qui fera davantage date que celle de la veille ?

Jenny Ulrich

NB : Disponible à la vente à partir du 12 septembre 2011

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