[dvd :] TRIANGLE – Christopher Smith

11 Sep

Ed. CTV

Triangle arrive dans nos bacs auréolé du prix de l’inédit vidéo décerné en janvier à Fantastic’arts. Les plus chanceux auront pu le découvrir il y a deux ans déjà, dans une première tournée de festivals, à l’heure où Christopher Smith bénéficiait encore du crédit critique obtenu pour Severance.

Triangle n’a donc pas eu les honneurs d’une sortie classique sur les écrans français. Smith, comme beaucoup de cinéastes anglais évoluant dans le genre, est condamné à être découvert sur DVD dans nos contrées. Son dernier opus, Black Death, a précisément suivi le même chemin. En l’occurrence, avec un budget de 15 millions de dollars, Triangle fait figure d’inédit luxueux, et il faudrait être de bien mauvaise foi pour justifier sa condamnation à une si mauvaise exposition.

Le making- of présenté en supplément confirme d’emblée l’ambition du cinéaste. Le point de départ du long métrage est singulier mais l’exécution graphique est irréprochable. Ce que l’on pourra à l’inverse reprocher à Christopher Smith, c’est de s’improviser scénariste de son œuvre. Parce qu’il est évident qu’il fonctionne comme un admirable faiseur d’images : son film est parsemé de grandes idées, de plans fantastiques, de séquences palpitantes. On retiendra notamment Rachael Carpani et ses ersatz agonisants sur le pont supérieur envahi de mouettes.

Le problème de Triangle tient au fait que l’histoire a été maladroitement bricolée autour d’une poignée d’idées vagues, autour d’une envie forte de cinéma. Smith l’avoue lui-même dans le documentaire : son troisième long métrage est né d’une envie de paquebot abandonné sur l’océan. La narration greffée en complément est bancale. Le film fonctionne sur l’empathie supposée du spectateur pour le personnage de Melissa Georges. Sans ce sentiment et sans cette implication, il ne reste qu’un tourniquet vide. L’auteur-réalisateur amène la clé du récit à dix minutes du terme. Auparavant, il n’y a qu’une poignée d’indices et la plupart d’entre nous n’auront pas la coquetterie de fureter pour les trouver. Dans l’incompréhension, et malgré le mouvement endiablé, Triangle tourne à vide. On se fout des personnages. Le film se suit sans déplaisir et sans grand intérêt.

C’est un bel objet, soigné, ambitieux et surtout foutraque. C’est une malle dans laquelle on devine l’imaginaire du cinéaste, mais qui serait dépourvue de poignée pour nous permettre de nous accrocher et de le suivre. Il serait toutefois légitime que Christopher Smith retrouve à l’avenir le chemin des salles obscures, ne serait ce que pour pouvoir saluer son ambition en un lieu approprié.

Greg Lauert

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