Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.1)

12 Sep

Pour la première, un super-héros s'habille chez H&M.

A la conférence de presse du samedi, Daniel Cohen, directeur artistique et instigateur du festival, m’a accueilli d’un laconique : « C’est parti. » Il faudra pourtant attendre une journée encore avant le début des festivités. Pour la première fois, le FEFFS s’ouvre donc un dimanche, pour durer une semaine entière.

Au courant de l’après midi, un message des attachés de presse m’invite à me présenter sur les lieux à une heure précise, pour rejoindre la salle avant les invités, les officiels et bien sûr le public. Le temps de récupérer mon accréditation (ce précieux sésame qui me garantit une bonne cinquantaine d’heures dans les salles obscures pour les sept prochains jours), et j’entre dans la grande salle du St-Ex. On se salue et on tremble. La tension est palpable. Le staff est occupé. Ou peut être s’occupe-t-il en vain pour tromper l’angoisse…..

J’apprends qu’un tracas majeur a été évité : la copie présentée ce soir est arrivée sans sous-titres. Après quatre années de pratique, il semblerait que la FEFFS connection soit à même de régler ce genre de problèmes dans un délai raisonnable. Je m’installe, à gauche, quatrième rang en partant du bas, à ma place officieuse pour les séances de festival. Le premier confrère qui me cherche du regard dans la salle saura où me trouver. Dans l’affluence, il faut savoir prendre ses marques.

Et pour cette ouverture, il y a tant de monde que les organisateurs ont prévu une seconde projection dans la foulée. Notre hôte, un rien fébrile, prend la parole pour l’introduction, les remerciements, un énoncé du programme et la traditionnelle présentation du jury.

La salle vibre avec respect à l’heure de se confronter au président. George Romero, le père des zombies sur celluloïd, est bien présent. Il apparait humble, motivé, heureux, et nous confirme qu’on aura l’occasion de le croiser dans les salles obscures au fil de la semaine. Ce luxe, que Corman ne nous avait pas offert il y a deux ans, pourrait sembler une véritable consécration pour le cinéphile strasbourgeois. Après cinquante minutes d’un laïus nécessaire, Daniel laisse la place au film d’ouverture.

En préambule, dans un dernier mot, il oppose Super (en photo) à Kick Ass. Quelques heures plus tard, je m’insurge de la comparaison. Le film de Matthew Vaughn est un récit de super héros, qui se fonde sur une mythologie précise. Super, qui ne l’est pas tant que ça (et pour info, je m’arroge le droit à une vanne facile par jour) est un vigilante. C’est du moins comme ça que j’appelle l’histoire d’un type qui décide de buter le dealer qui a volé, drogué, abusé sa copine, et ce quand bien même il voudrait mettre un slip par dessus son collant.

Rainn Wilson, qui est condamné à jouer Dwight Schrute pour le restant de ses jours, évolue laborieusement dans un récit franchement gênant et équivoque. Le film joue habilement de son ambigüité pendant une bonne heure et sombre dans la facilité pour son dernier tiers. L’apologie de la famille américaine et la mise à distance du freak est une conclusion consternante.

Par ailleurs, le film perd une grande partie de son intérêt lorsqu’Ellen Page quitte l’écran. Elle anime son personnage avec une énergie incroyable et les meilleures scènes lui sont réservées. La séance est toutefois loin d’être dénuée d’intérêt, puisque le film ne sortira pas en salle en France.

L’apéritif du cinéphage est consommé. Demain, il s’agira d’entrer dans la vif du sujet, et il y a une belle série de canines au programme. Super !

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3 Réponses to “Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.1)”

  1. Earl lundi 12 septembre 2011 à 121213 #

    Pas d’accord sur l’anecdote sur Corman, j’avais pu le voir à plusieurs reprises dans les salles, et même au star pour voir un vieux film N&B.

    Sinon la critique du film d’ouverture me confirme que j’ai eu raison de rester chez moi et ne pas utiliser 1/6ème de mon pass festival pour Super…

  2. Fan de Cinéma (@fandecine) mardi 13 septembre 2011 à 01203 #

    Ah ENFIN quelqu’un qui partage mon point de vue sur la conclusion de Super que j’avais vu au BIFFF et qui, perso, m’avait plutôt réjoui jusqu’aux dix dernières minutes assez horripilantes

  3. Marie (@mariemini) mardi 13 septembre 2011 à 101037 #

    D’accord pour l’importance d’Ellen Page. Mais j’ai bien aimé le héros, précisément dans sa lourdeur. Pour la fin, tout à fait d’accord.

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