Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.2)

13 Sep

Roseanne, si tu reviens, j'annule tout.

Parce que le festival ne se résume pas à une poignée de projections, je décide de me rendre à 17 heures à la vente aux enchères d’affiches de collection au forum de la FNAC. Certaines propositions sont alléchantes et ne trouvent bizarrement pas acquéreur. Mon challenge consiste à rester concentré, et à ne pas me laisser absorber par les œuvres de Ben Templesmith accrochées aux murs. Si je me gratte nonchalamment la tête ou l’oreille, je risque de repartir avec une affiche géante du Cinquième élément et ce pour la modique somme de 70 €.

Au comble de la tension (et les mains vides, pardon au commissaire priseur), j’entame une double séance vampirique avec les deux premiers films en compétition.

Shunji Iwai a longtemps cherché son titre. Epuisé par cette quête insensée, il l’a appelé Vampire (sans s, il n’y en a qu’un, on est loin de la surenchère de Carpenter). Dans la lignée de Morse, il explore le mythe sous un angle naturaliste. D’ailleurs, si l’on excepte une bouteille de sang torchée au goulot, le film s’attache plus à la pulsion de mort adolescente qu’aux ersatz de Dracula. Iwai se révèle un rien complaisant, mais le film n’est pas dénué d’arguments. Ses personnages sont saisissants, sa musique sublime. Le cinéaste japonais propose une œuvre franchement exigeante qui pourrait se révéler comme la bonne surprise de cette programmation.

Stake Land nous ramène ensuite aux figures connues. Il y a des canines pointues, des pieux dans le cœur, et un univers post apocalyptique familier. Le film de Jim Mickle pourrait être amusant s’il se décidait à avancer au lieu de s’inscrire dans un rythme binaire entre massacre de vampires et contemplation de rednecks. Le cinéaste peine à choisir entre l’action et la stupeur, et il pille au passage ses petits camarades. La partition est à ce titre un odieux plagiat des meilleures collaborations de Warren Ellis et Nick Cave. En sortant de la salle, on oublie d’ailleurs de parler du film pour se concentrer sur l’incroyable coup de vieux de Kelly McGillis.

La foule s’amasse déjà aux portes de la salle pour découvrir le film de genre de Kevin Smith. J’avoue que je suis curieux de savoir si Smith sera aussi habile à faire frémir le cinéphile exigent qu’à se moquer de Tim Burton sur scène. La réponse est heureusement positive. Red state (en photo) est une charge un peu stérile contre les fondamentalistes de tous bords, le Patriot Act, le gouvernement américain et sa gestion de crise. C’est surtout un thriller foutrement efficace servi par un Michael Parks d’anthologie et par des dialogues absolument brillants signés de l’auteur de Clerks. Smith confirme l’essai pour sa transition vers un autre cinéma, sans pour autant perdre son identité.

Le public semble acquis à la cause du film, et je mets un terme à cette soirée de projection sur une note positive. Tant pis pour les Dutch Kids on the block. Il faut en garder sous le pied pour les 6 jours à venir. Je voudrais quitter ce trottoir, je devrais aller me coucher. Pourtant, il est une heure du matin et on discute encore sur le bitume de la photographie des Moissons du Ciel et de l’implication de Nestor Almendros. Était-il présent au début du tournage ou rejoint-il le projet par la suite ? Je n’attends pas l’heure bleue pour quitter mes camarades cinéphiles. Demain, on s’attaque à la rétrospective.

Greg Lauert

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