Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.3)

14 Sep

T'as 2 secondes pour me dire où sont cachés mes Miel Pops !

Ce troisième jour aura été marqué d’un retard salutaire. Je fais le choix de ne pas assister au ciné-concert de 20h. La perspective d’un grand film muet accompagné en live au piano me rappelle d’excellents souvenirs, mais je suis également désireux de dégager du temps pour profiter de la rétrospective.

La séance de Night of the living dead (qui sera présentée par King George en personne à la séance de 22h30 jeudi) affiche presque complet. L’affluence dans la salle 3 du Star a pour conséquence de faire monter la température. Le film m’est familier et la chaleur me plonge dans une désagréable torpeur. Je lutte contre le sommeil pendant une heure trente.

Pendant le générique final, je me rue à l’extérieur pour un grand bol d’air avant de replonger pour Tod Browning. Sur le trottoir, mon camarade Rock (qui s’excuse de ne pas écrire pour CUT du fait de ses obligations de photographe pour le FEFFS) me détaille la production de Red State. Je songe à Kevin Smith et ses manières Zoetropiennes consistant à débourser quatre millions de dollars pour son propre film.

Dans l’intervalle, la salle s’est largement vidée pour Les poupées du diable. Je respire et je profite de cette très belle copie ressortie par Carlotta. Le film est plus beau que dans mon souvenir. Je suis séduit, et je réalise que j’avais totalement occulté ce splendide final mélodramatique au sommet de la Tour Eiffel. Je songe qu’il me faudrait revoir une autre collaboration entre Browning et l’excellent Lionel Barrymore. Si le calendrier le permet…

A cinq minutes du terme de la séance, un message de mon ami Mathias Ulrich m’informe d’un retard très conséquent dans la projection de Sint. Le film supposé commencer à 22h15 ne sera projeté qu’une heure plus tard pour cause d’évacuation de piano et autres considérations techniques. Je profite de l’aubaine, et je traverse deux rues au pas de charge. Malgré l’absence de contremarque pour la séance en question, personne n’a l’idée de m’arrêter. Le film commence à peine lorsque j’entre dans une salle bondée.

Il faut croire que les aventures hollandaises du St-Nicolas fédèrent les cinéphiles strasbourgeois. Dick Maas attise la curiosité du fait de l’excellente réputation de son Ascenseur. Il faut croire qu’il est resté bloqué dans les années 80. Son Sint redéfinit le mauvais slasher eighties. C’est cousu de fil blanc, les personnages adolescents défient les limites de la crétinerie, et je ne m’attarderais pas sur le postulat de départ. Le cinéaste le ressasse suffisamment. Toutes les dix minutes, le spectateur est gratifié d’un conte à trois sous sur l’évêque tueur et la pleine lune. Comble de maladresse, même les crimes n’ont rien d’amusant. Au final et au mieux, on évoquera un nanar sympathique.

Il est prêt d’une heure quand les plus courageux entament la séance finale (qu’on ne qualifiera plus de séance de minuit pour l’occasion). Daniel Cohen promet un rape and revenge particulièrement extrême. Je me risque dans la salle pour quelques minutes, et j’y resterais finalement jusqu’à près de 3 heures.

I spit on your grave (en photo) m’apparait particulièrement habile. La structure est définie dans la qualification du genre, et je crains une complaisance extrême sur le calvaire de la jolie Sarah Butler. Il n’en est rien. L’équilibre est parfait, les sévices sont odieux mais relativement courts avec une ellipse judicieuse, et la réaction de la victime est hyper violente et tout à fait jouissive. Dans la salle, on perçoit des ricanements de plaisir devant ce virage torture porn. Steven Monroe se tire avec les honneurs d’un long métrage extrêmement casse gueule.

Je regagne enfin mon lit au milieu de la nuit. Les soirées s’allongent et d’ici la fin de la semaine, je parviendrai à l’heure bleue.

Demain, c’est day off pour votre serviteur. La prochaine chronique sera servie vendredi, à chaud.

 Greg Lauert

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Une Réponse to “Journal d’un CUTien au FEFFS (saison 4, ép.3)”

  1. rock jeudi 15 septembre 2011 à 01216 #

    (Oui, désolé.)
    Moins enthousiaste sur « I spit… » qui m’a paru ennuyeux et très vain. Et je dois dire que sa musique de film d’action a finit par me rendre sourd.
    Sinon, ouais, « Red State », c’est carrément bien, quoi.

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