[dvd:] COFFRET DESTINATION MARS

21 Oct

Ed. Artus Films

LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE – William Cameron Menzies – 1953

24H CHEZ LES MARTIENS – Kurt Neumann – 1950

FLIGHT TO MARS – Lesley Selander – 1951

RED PLANET MARS – Harry Horner – 1952

Ah les années 1950 aux Etats-Unis ! L’ère atomique, le code Hays, la paranoïa ambiante, l’anti-communisme, le maccarthysme : autant de thèmes qui ont teinté, voire inspiré les films hollywoodiens. Permettant toutes les audaces scénaristiques, la science-fiction a été le reflet d’une Amérique à la fois conquérante et craintive. En quatre films réunis dans un coffret SF, Artus Films explore cet univers insolite qui mêle divertissement et idéologie.

On commence avec 24h chez les Martiens, réalisé en 1950 par Kurt Neumann, un cinéaste connu pour avoir mis en images plusieurs aventures de Tarzan. Lloyd Bridges (Hot Shots), le père de Jeff Bridges (The Big Lebowski, Tron : l’héritage) tient l’un des rôles principaux. Son personnage participe à la première expédition lunaire au sein d’un équipage improbable : un astronaute qui ne connaît rien au pilotage, un ingénieur éleveur de bétail au Texas, un pilote caricaturalement macho, une femme scientifique (conscience morale de l’équipée).

Dans une décontraction totale, tout le monde embarque en tenue de ville dans la première fusée jamais construite, qui se prend comme un bus de banlieue. Un incident de parcours dévie l’engin vers Mars. Les explorateurs y découvrent une civilisation autrefois florissante, détruite par une catastrophe nucléaire. Des humanoïdes mutants y vivent comme à l’âge de pierre.

L’intrigue est plutôt dans la mouvance de la SF littéraire qui, par anticipation, prévient la société des dangers qui la guettent : ici, les risques du nucléaire et de la guerre totale. Une très bonne surprise avec des trucages forcément datés, mais intelligents. Le noir et blanc et les images teintées fonctionnent très bien. Et l’on retrouve les grands classiques du film de SF : la pluie de météorites, l’atterrissage difficile, le retour improbable, l’héroïsme. Tout ceci dans une ambiance électro-mécanique : des boutons, des leviers, des valves, qui font plus sous-marin que fusée high-tech. On est loin de l’ère de la tablette.

Rien à voir avec Flight to Mars (1951) de Lesley Selander avec Cameron Mitchell en vedette. Tenues d’aviateurs, décors de carton-pâte grossiers, dialogues simplistes : le film est à regarder au second degré. Dès lors, on s’amuse beaucoup. Les Martiens et leurs combinaisons de Teletubbies, les incohérences scientifiques (même si un film de SF n’a pas à être un documentaire), et tout cela pour amener un discours idéologique trivial : le vieux débat qui oppose isolationnistes et interventionnistes. Une rengaine qui agite les politiciens américains depuis George Washington et qui s’est toutefois révélée prépondérante dans l’action américaine lors de la Seconde Guerre mondiale. Selander choisit d’exploiter le thème version paranoïaque : ne faisons confiance à personne, on veut nous envahir, protégeons-nous. Petit détail : les tenues des Martiennes sont très sexy et la gent féminine de la planète rouge n’a pas besoin de faire la vaisselle (une question qui doit titiller la société US de l’époque puisqu’elle arrive comme un clin d’oeil, relevé par la seule femme de l’expédition).

Avec Red Planet Mars (1952), premier film de Harry Horner avec Peter Graves (La Nuit du chasseur, la série Mission impossible), on passe au film de SF politique et plutôt malin. L’action se passe en pleine guerre froide et mêle l’espionnage à la chronique sociale. Un scientifique (Peter Graves) parvient à communiquer avec Mars par l’intermédiaire de codes mathématiques. Les Martiens révèlent qu’ils ont une longévité de 300 ans, des ressources énergétiques et agricoles inépuisables. L’annonce de cette nouvelle provoque un chaos mondial : plus personne ne veut travailler, les entreprises ferment, toute l’économie et déstabilisée. Moralité : le paradis sur Terre (quasi immortalité, fin du travail contraint,…) provoque l’enfer. Une thèse qui est amenée habilement avec une intrigue complexe, qui fait des allers et retours des pays de l’Est aux Etats-Unis, notamment pour dénoncer la dictature qui règne dans le bloc soviétique.

Plus axé sur le fantastique, Les Envahisseurs de la planète rouge de William Cameron Menzies (1953), en couleurs, joue plus sur le thème des méchants extraterrestres qui veulent nous détruire sans qu’on sache pourquoi (Mais pourquoi sont-ils aussi méchants ?!… Parce que !). Par une nuit d’orage, une soucoupe volante se dissimule sous terre. Tout ceux qui s’en approchent sont aspirés et mentalement reconditionnés pour servir les intérêts belliqueux des Martiens. C’est l’envahisseur sournois, qui se cache dans la société et vous retourne l’esprit avec des idées fausses. Les communistes bien sûr ! Heureusement, l’armée est là, alertée par un enfant qui dénonce le comportement déviant de ses parents. Ouf ! La jeune génération veille. Cela dit, la réalisation est inventive et propose même deux fins différentes (en bonus) : l’une en happy end, l’autre plus inquiétante. La longue scène finale, angoissante, utilise des images en surimpression. Suspense est aventure sont au rendez-vous.

En supplément, deux courts métrages La Révélation de Vincent Diderot et Beyond Lifedome de Viktor Alexis, des bandes annonces, un diaporama et un livret de douze pages bien conçu sur la SF. Tout un univers à découvrir.

Franck Mannoni

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2 Réponses to “[dvd:] COFFRET DESTINATION MARS”

  1. Boyan vendredi 21 octobre 2011 à 221054 #

    Ah j’aimerais voir 24h chez les Martiens !

  2. Boyan vendredi 21 octobre 2011 à 221055 #

    Red planet Mars est tentant aussi…

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