[dvd :] CANNIBAL HOLOCAUST – Ruggero Deodato

12 Nov

Éd. Opening

Opening ressort Cannibal holocaust en édition Ultimate. Nous avions déjà parlé du film et longuement interviewé Ruggero Deodato, qui s’était par ailleurs soumis à l’exercice de la cinéphilie. Par rapport à l’édition sortie en 2004, le disque de bonus – d’un très bon niveau global – reste rigoureusement le même. Ce qui change, c’est le nouveau master haute définition. Celui de 2004 avait déjà pas mal d’allure, mais ce nouveau transfert, si il est un poil plus sombre, supprime quelques défauts de pellicule et quelques fourmillements.

Cannibal holocaust, grand classique du cinéma crapoteux, est donc beau comme un sou neuf.

Par delà ses aspects les plus discutables (scènes snuff avec des animaux, goût du sensationnalisme crapuleux), le film apparaît curieusement assez sympathique aujourd’hui. C’est la rencontre de deux conceptions du cinéma. Un cinéma à l’ancienne – le film de jungle d’antan, avec aventuriers mal rasés et tribus sauvages – et le pur film de procédé. Ici, la grande idée du film tourné par ses propres interprètes, qui sera beaucoup reprise plus tard.

Si c’est cette deuxième partie qui valu sa réputation au film (Deodato a beaucoup raconté comment il du se présenter au tribunal avec ses comédiens pour prouver qu’ils étaient bien vivants), il n’est pas interdit de trouver la première moitié beaucoup plus intéressante, finalement. C’est un peu l’état d’esprit des personnages à l’écran qui se répercute sur la manière dont il sont filmé. Ouverture d’esprit et optimisme dans un premier temps – pour un cinéma au premier degré manufacturé avec soin par des artisans chevronnés; duplicité et cynisme ensuite – et l’arrivée d’un cinéma de petits malins, où l’on salope la technique par pur artifice. L’apport de Robert Kerman n’est sans doute pas négligeable non plus. Dommage que ce curieux acteur de formation théâtrale, qui faute de trouver du boulot ailleurs se résolut un jour à faire du porno et crut bien être tiré d’affaire le temps de quelques bandes cannibalesques (il est aussi dans La secte des cannibales et Cannibal ferox, tous deux d’Umberto Lenzi) n’eut pas davantage d’occasions de travailler dans le cinéma traditionnel. Sa présence à l’écran était loin d’être inintéressante.

Mathias Ulrich

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