[dvd :] LES CHAUSSONS ROUGES – Michael Powell & Emeric Pressburger

9 Déc

Ed. Carlotta

Dans un ouvrage d’entretiens paru en 2001 chez Calmann Levy, Samuel Blumenfeld recueille ces propos de Brian De Palma. Le cinéaste s’exprime sur le film phare des productions Archers :  » Les chaussons rouges est pour moi le film parfait, je peux me le repasser image par image dans ma tête et c’est plutôt rare. Tout fonctionne à merveille, c’est très novateur, très émouvant. C’est le plus grand film que je connaisse sur la création artistique. C’est pour cela qu’il nous a touchés à ce point, le ballet est une métaphore de toutes les œuvres artistiques. »

Ils sont une poignée de cinéastes phare des années 70 à n’avoir jamais caché leur admiration pour le film de Powell et Pressburger. Martin Scorsese, notamment, introduit cette édition par un exposé de la restauration de 2009. En comparant les images, il démontre qu’il est à nouveau possible de saisir les émotions provoquées par ces couleurs très abruptes. Ce sentiment disparaissait doucement depuis les années 40. Et avec ce sentiment, c’est l’impact du film qui s’enfuyait peu à peu. La VHS et le DVD (notamment l’édition Lumières des années 2000) n’ont jamais su rendre justice à cette œuvre.

Il apparait logique que Carlotta, éditeur fortement positionné sur le patrimoine, opte pour ce titre à l’heure de développer un catalogue haute définition. Powell et Pressburger ont fait, avec l’aide de Jack Cardiff, le choix d’une grande ambition graphique. Et le Blu-ray sert parfaitement ces choix artistiques.

A l’heure d’une superbe édition du film dans l’hexagone, les puristes se sont penchés sur les différentes versions disponibles. La copie proposée par Carlotta vaut elle mieux que l’édition américaine de Criterion ? L’édition anglaise ITV est elle à présent désuète ? D’un strict point de vue technique, il semblerait que l’on ne puisse pas faire de choix objectif. Il ne s’agit pas d’entrer dans les querelles de clocher, mais simplement de noter que Carlotta tutoie les meilleurs, que cette édition du film fera date.

Le contenu éditorial évite l’overdose et la redite. On vise ici l’efficacité et la rigueur. Marty offre une présentation technique. Thelma Schoonmaker, veuve de Powell et monteuse d’une poignée de chef d’œuvres du cinéma contemporain s’attache à l’impact du film sur divers artistes.

Enfin, un documentaire assez court s’occupe de la mise en perspective, d’isoler le cœur du film et ses indéniables qualités. Il ne s’agit pas de théoriser sans fin sur un film dont on a tellement parlé sans l’avoir vraiment vu. Il s’agit d’introduire, de préparer le cinéphile à un choc probable.

Greg Lauert

N.B : Pour un regard sur le film après quelques mots sur son édition, je vous propose mon avis, à chaud, publié en ces lieux après la découverte de la copie restaurée de 2009. A lire ici.

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