[dvd :] DEEP END – Jerzy Skolimowski

20 Déc

Ed. Carlotta (blu ray)

Un rien méconnu, Deep End bénéficie aujourd’hui d’une exposition importante, et d’une restauration dont profiterait bien un certain nombre de très grands classiques du cinéma. Carlotta, spécialiste du répertoire encore peu positionné en haute définition, en fait un de ses titres phares.  Si le choix peut apparaître surprenant de prime abord, une révision de la copie permet de lever le voile sur les intentions de l’éditeur.

Deep End est un film éminemment fétichiste qui, sous des airs débonnaires, cultive un exceptionnel sens du détail. La narration serait bien insipide sans la chevelure rousse et animée de la splendide Jane Asher. Certaines images disparaitraient de notre esprit s’il n’y avait des points d’ancrage comme l’imperméable jaune de la jeune femme. Il y a les yeux de John Moulder-Brown, le décor des bains, cette robe courte et colorée très swinging London.

Jerzy Skolimowski réalise une œuvre très graphique, qui s’inscrit durablement dans la rétine du cinéphile pour de petits choix anodins, quoique fondamentaux. Certains diront que le film doit sa renommée à cette empathie pour le personnage, à cet éveil libidineux au contact d’une icône sixties. Il y a l’attrait pour le cadre historique, il y a la fascination pour la rousse qui aura quitté McCartney.

Ces éléments, pris à posteriori, glissent sur les intentions du cinéaste. Le film est un récit singulier, dans lequel deux personnages font fondre de la neige dans une bouilloire au fond d’une piscine vide pour retrouver un petit diamant. Postulat improbable. Il fallait un talent certain pour porter ces faits à l’écran, pour leur confier une dimension très érotique, pour les faire entrer dans l’Histoire du cinéma à coup d’images iconiques.

Deep End marque ses spectateurs, et cette trace indélébile se retrouve au cœur des suppléments proposés. Skolimowski, un rien surpris, se trouve obligé de détailler à l’oral des scènes coupées et des rushes disparus. Etienne Daho relit son chant d’amour paru dans Libération. Un long documentaire revient sur la genèse de l’œuvre et son impact global. Le bonus du Blu ray devient affectif, tendre, nostalgique. Plutôt que des faits, on prend la mesure de l’affect, des sentiments divers qu’a pu provoquer cette œuvre.

Enfin, Carlotta offre une occasion de revoir une Jane Asher particulièrement rare au cinéma dans un court métrage de 1976. Pour prolonger peut être la fascination, pour entretenir le culte. Mais la chevelure rousse ne bouge plus de la même manière. Et l’on se dit alors que Deep End est en tous points unique.

Greg Lauert

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