TOPS & FLOPS 2011

1 Jan

Voici les Tops & Flops 2011, par les membres de la rédaction de CUT le site.

La consigne : 5 tops et 3 flops maximum. Incontestable.

Et les Tops et Flops de la rédaction sont...

JAKUTA ALIKAVAZOVIC

TOPS

Melancholia (Lars von Trier)

Car c’est exceptionnel ; car Jack Bauer meurt enfin comme un chien ; car à l’instar de LVT moi aussi j’écris des horreurs sur mes phalanges quand je m’ennuie.

L’Exercice de l’Etat (Pierre Schoeller)

Car Michel Blanc invite si éloquemment Jean Moulin à entrer dans un crocodile (comment, non ?).

Drive (Nicolas Winding Refn)

Car le fil narratif tient à un blouson en satinette.

FLOPS

Somewhere (Sofia Coppola)

Car moi aussi papa vient me chercher en hélicoptère et pour autant, je n’inflige pas au monde la plus longue publicité LVMH.

Drive (Nicolas Winding Refn)

Car le fil narratif tient à un blouson en satinette, voyons.

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STEPHANE LIBS

TOPS

L’Apollonide (Bertrand Bonello)

Le film de l’espoir: celui que l’année 2011 de cinéma ne se résume pas à des succès basés sur le social et le psychologique. Se rendre compte que le cinéma est un art et que ceux qui le font, des artistes. Car ce qui se passe clairement, c’est qu’on va plus voir des films pour des sujets que pour des réalisateurs. Les films qui puisent leurs forces dans des références du cinéma (Dernière séance, Hara Kiri, l’ordre et la morale, le cheval de Turin…) , respectent et entretiennent la chose, n’ont pas existé sur les écrans. Et pourtant, cinéphiles ébahis, c’est de là que nous venons, de cette émotion forte et première qu’un jour le cinéma nous a offert et qui disparait petit à petit de nos écrans. Alors au combat camarade avec les filles de l’Apollonide! Armée en déroute qui maintient coute que coute ce lieu alternatif d’une société en marche, filles qui vendent et qui donnent en même temps; mère maquerelle qui encourage, forme et transmet tout en gérant une affaire en voie de disparition. Ca tourne, ça schnite, ça transpire et ça se languit. Et puis la matière est belle et on peut la toucher.

Fighter (David O. Russel)

« Now there was a time, when you love me so… » quelques paroles de l’indispensable titre How you like me now de The Heavy pour la plus belle entrée en matière de l’année. Et Christian Bale qui roule une galoche à une fille qui passe dans une rue de Lowell, Massachusetts. Pas la plus grande réalisation de l’année, aucune portée historique, politique ou sociale (ou si peu) mais la simple ambition de mélanger quelques acteurs pro et oscarisés d’Hollywood avec de vraies gens. Et ça marche! Fiction ou réalité? Fiction bien sûr mais vécue à partir de la matière sensible du réel. L’artifice fonctionne à merveille. Alors on oublie les quelques grossièretés du film car quand on aime, on aime aussi les défauts.

Le gamin au vélo (Frères Dardenne)

Un film sur l’élan et le courage. En avoir ou pas. Et ce p’tit là en a à revendre parce que c’est sa vie qui en dépend. Et quand tout est fini, qu’il n’y a plus d’espoir, il n’y a plus qu’à se jetter sur la première inconnue. Le plus beau geste de l’année et un film qui recommence. Le problème avec les Dardenne, c’est que (presque) à chaque fois, je pense avoir vu leur meilleur film. Et non. Mais toujours je tremble, pris dans un suspense insoutenable car c’est clair: je ne veux pas qu’il arrive du mal à ce gamin là, je ne peux l’imaginer! Je suis là, spectateur, dans cette salle, pour le sauver. C’est notre unique mission quand on est en face d’un film des Dardenne!

Mes meilleures amies (Paul Feig)

On est souvent très con, on vomit beaucoup, on boit encore plus qu’on ne vomit et on baise pas mal dans Mes meilleures amies. Ok ça suffit pas pour en faire un top? Si parce que derrière le vomi la tendresse, derrière la connerie l’amitié et dans le plumar, Kristen Wiig! Le plus beau portrait de femme depuis Léa Seydoux dans Mission Impossible 4 (hop! un coup de tatane et ça dégringole!). Si con et si fragile à la fois. oh oui, oh oui, oh Wiig!

The murderer (Na Hong-jin)

D’accord y a pas la Mustang et les gants en cuir. Ok le sex appeal et les abdos de Ryan Gosling. Mais ce minable chauffeur de taxi a des soucis bien plus insolubles que ceux de l’acteur de l’année. En gros tout ce qui a forme humaine à la frontière sino-coréenne veut sa peau. Alors il court, il grimpe, il tue dans une course effrénée, virtuose et déglinguée qui relègue Drive au niveau du dernier spot pour l’Audi Quattro!

FLOPS

Polisse (Maïwenn le Besco)

Ne pas confondre mise en scène et mise en situation, direction d’acteur et savoir faire réchauffé. Politiquement douteux, d’un égocentrisme pitoyable, Polisse brasse aussi large qu’un spot Beneton. Le point d’orgue: comme il y a des méchants arabes à Belleville, il y a également des maris pervers dans le 16ème arrondissement! Ben tiens! Sauf qu’on nous le disait déjà dans Pinot simple flic! Mais Polisse réussi malgré tout quelque chose d’impossible: offrir à Anthony Delon son plus mauvais rôle!

Les Lyonnais (Olivier Marchal)

Ne pas confondre incarner et statuéfier, rendre hommage et faire l’apologie. Car faut vraiment être bête pour croire que les truands d’avant étaient meilleurs que ceux d’aujourd’hui (ils tuent, c’est tout). Réveille toi Marchal et arrête d’admirer le Momon! T’es metteur en scène! Et puis ils se cachent tous derrières des moustaches trop fournies et des règles de respect à deux balles: on peut tuer la fille de son meilleur ami mais pas touche au clébar à Momon! Malgré tout, Les Lyonnais réussit un exploit: virer Alain Delon d’un plateau! Ah les cons, l’erreur! Tu peux tuer le Yorkshire de Belmondo mais jamais tu vires Delon d’un plateau! « Marchal, Duval et Lanvin, vous n’avez désormais plus que quelques jours à vivre! »

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MARCEL RAMIREZ

TOPS

L’Apollonide (Bertrand Bonello)

Essential Killing (Jerzy Skolimowski)

Super 8 (J.J. Abrahams)

True Grit (Joel et Ethan Cohen)

Black Swan (Darren Aronofsky)

FLOPS

Chez Gino (Samuel Benchetrit)

Time Out (Andrew Niccol)

C’est empli d’un immense chagrin que je vous propose mes derniers « Tops et Flops CUT » de l’histoire de l’humanité, puisque c’est un fait établi : nous mourrons tous en 2012.

D’ici-là, pas de chance : on ne nous épargnera pas un SOS Fantômes 3, et l’on priera pour que Samuel Benchetrit (qui figure en bonne place dans ce Tops et Flops) n’ait pas eu le temps de commettre une nouvelle immondice faite film…

Je ne m’aventurerai pas à citer chacun des grands films que je n’ai pas vu cette année, mais il y en eut pourtant un paquet. Heureusement, j’ai pu m’émerveiller devant l’ambitieux et beau, oui, tellement beau L’Apollonide, m’essouffler aux côtés de l’inénarrable Vincent Gallo dans le radical Essential Killing, me dire que c’est décidément vrai : on peut faire du neuf avec du vieux, en assistant aux projections de Super 8, ou du poétique True Grit, et que des films peuvent figurer dans des Tops malgré de nombreux défauts et lourdeurs, comme Black Swan.

Pourtant parcouru de très belles scènes, pas de Drive dans mon Top, car je ne goûte que très peu les ralentis sur des bisous dans des ascenseurs.

On notera aussi que Mathieu Kassovitz échoue de très peu à intégrer ledit Top malgré un retour plus qu’encourageant avec L’Ordre et La Morale, mais aussi, et je n’en reviens pas moi-même, que je classe pour la deuxième année consécutive un film français en tête !

Allez, continuez d’aller au ciné, et achetez CUT ! Et des bisous apocalyptiques.

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JENNY ULRICH

TOPS

Balada Triste De Trompeta (Álex de la Iglesia)

La Solitude des nombres premiers (Saverio Costanzo)

En 2011, beaucoup de très bons films et parmi ceux-ci, ouf, beaucoup de français (dont l’épatant Lexercice de l’État de Pierre Schoeller ou The Artist de Michel Hazanavicius) qui rachètent la pléthore de très-très-très mauvais films français qui se seraient disputés le haut de mon FLOPS si j’en avais établi un…

Mais j’ai décidé de ne garder en tout et pour tout que deux TOPS en forme de big up à L’Etrange Festival de Strasbourg où je les ai découverts (big up aux cinémas Star aussi qui m’ont permis d’avoir pour un jour un don d’ubiquité, car ces deux chef-d’oeuvres étaient diffusés le même soir à la même heure). L’Etrange Festival, les cinémas Star, les bons films : ENCORE en 2012 !!!

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ROCK BRENNER

TOPS

Tree of Life (Terrence Malick)

Un film émerveillé, qui porte un regard fasciné et fascinant sur ce qui nous entoure et pose les questions essentielles. Malick signe une expérience visuelle et métaphysique intense qui propose au spectateur de sortir de sa bulle pour prendre enfin le temps de regarder ce que notre société cynique refuse de nous laisser voir.

Melancholia (Lars Von Trier)

N’étant pas forcément un admiratif de Von Trier, Melancholia m’a étonné. Une première partie faisant énormément écho au premier long-métrage de son ami Thomas Vinterberg (l’excellent Festen) et mettant les choses en place le temps d’arriver à sa deuxième partie… Deuxième partie qui ne représente pas moins que le meilleur film de fin du monde réalisé jusqu’à présent et l’un des plus beaux plans de fin (peut-être le plus beau). Tétanisant, captant les émotions avec une intensité remarquable, Melancholia hypnotise, et arrivé au bout, donne vraiment l’impression au spectateur de se prendre une planète en pleine gueule.

Animal Kingdom (David Michôd)

Collègue du prometteur Nash Edgerton, David Michôd offre un premier long-métrage d’une qualité rare donnant la belle impression de voir une version froide et australienne du Mean Streets de Scorsese.

Polisse (Maïwenn)

Une illustration prenante, bien jouée, bien écrite, avec une réalisation brute convenant parfaitement à la dimension quasi-voyeuriste de son scénario. Maïwenn ne se surestime pas, ne sous-estime jamais son spectateur et semble être d’une sincérité salutaire.

Snowtown (Justin Kurzel)

Il est impossible d’aimer Snowtown. Rarement un film parvient à communiquer un tel sentiment d’impuissance au spectateur. D’une froideur ultra-douloureuse et d’un calme paralysant, ce premier long-métrage de Justin Kurzel laisse des cicatrices conséquentes. Il est impossible de l’aimer, mais l’effet produit arrivé au bout de cette descente aux enfers suscite l’admiration.

Petits clins d’œil aux autres films sortis en salles cette année qui valent sérieusement la peine d’être vus : l’enthousiasment Donoma (Djinn Carrenard), l’hilarant Mes meilleures amies (Paul Feig), l’amoureux Hugo Cabret (Martin Scorsese), le déchirant Blue Valentine (Derek Ciafrance), le sympathique Intouchables (Eric Toledano, Olivier Nakache), l’inattendu Never Let Me Go (Mark Romanek), le planant Drive (Nicolas Winding Refn), le très prenant Malveillance (Jaume Balaguero), l’intéressant Stone (John Curran), le hardcore J’ai rencontré le Diable (Kim Jee-won), le bien fichu Tintin (Steven Spielberg), le dépressif Balada Triste (Alex de la Iglesia) et le mégalo I’m Still Here (Casey Affleck). Et quelques titres sortis directement en dvd ou toujours inédits en France : le surprenant Red State (Kevin Smith), le barge Super (James Gunn), le beau It’s kind of a funny story (Ryan Fleck), le portnawak New Kids Turbo (Steffen Haars, Flip Van der Kuil) et l’enragé Hobo with a shotgun (Jason Eisener).

FLOPS

Scream 4 (Wes Craven)

Malgré une première séquence fun, Wes Craven s’applique ensuite à se rabaisser à toutes les saloperies qui ont pu lui être dites après la sortie de son premier Scream. Scream 4 est un Scary Movie d’un cynisme bête et irritant au possible et au dénouement aussi ridicule que celui du troisième volet (qui avait au moins le mérite d’être surprenant). Scream 4 c’est un peu le portrait d’un cinéaste en panne d’inspiration se crachant en pleine gueule, et c’est plutôt moche à voir.

Insidious (James Wan)

Une orgie de violons à rendre fou, une réalisation branlée un peu n’importe comment malgré les talents de son réalisateur, un scénario chiant et « l’autre monde » ressemble au carnaval de Rio.

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STEPHANIE DALFEUR

TOPS

Fighter (David O. Russell)

Parce que j’ai pleuré du début à la fin.

La solitude des nombres premiers (Saverio Costanzo)

Parce que j’ai pleuré à la fin.

Tomboy (Céline Sciamma)

Parce que j’ai pleuré à la fin.

Le gamin au vélo (Frères Dardenne)

Parce que j’ai pl…

Les femmes du 6ème étage et Mes meilleures amies (Paul Feig)

Mais j’ai aussi beaucoup aimé Une séparation et la trilogie d’Axel Corti…

FLOPS

Un baiser papillon (Karine Silla)

Pour les meilleurs dialogues 2011 : « mon amour, yé souis malade » « tu as mal digérer les huîtres ? » « non yé un cancer, ye vais mourir, c’est irréversible » « dans quel sens ?? »

Crazy stupid love (John Requa et Glenn Ficarra)

La dernière fois que j’ai quitté un film avant la fin c’était pour Marie baies des anges en 1998…

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GUERINE REGNAUT

TOPS

Drive (Nicolas Winding Refn)

Beginners (Mike Mills)

The Future (Miranda July)

Crazy Stupid Love (John Requa)

FLOPS

Les Bien-aimés (Christophe Honoré)

Je le dis tout net, et ce faisant je tâche de conserver un esprit scrutateur, objectif et exigent, l’important dans la vie, c’est l’amour. C’est pourquoi dans mes TOPS il y a Beginners, pour l’amour et le deuil (à leurs débuts), et The Future, pour l’amour et les fringues vintage. Savoir qu’en plus, les deux réalisateurs de ces films sont mariés et amoureux, c’est le genre de chose qui me fait rêver comme une débutante. Ensuite, il y a le conte de fée Drive, pour l’amour et l’hémoglobine, et, si on suit la trace de Ryan Gosling, Crazy Stupid Love, parce qu’il faut arrêter de se mentir, les feel good movies, c’est de l’amour aussi.

J’aurais pu choisir un autre thème, beaucoup plus 2011 : le pouvoir et le sexe, avec L’Exercice de l’état (Pierre Schoeller) et Shame (Steve McQueen), mais soyons honnête, c’est trop vendeur comme thématiques pour ne pas être exploitées à des fins mercantiles. Et vu que chez CUT, tout n’est principalement qu’amour et Barbapapa, j’ai préféré rester fidèle à cette philosophie.

Du côté obscur de ceux qui ne s’aiment pas, ou qui aiment sans retour, et qui par-dessus tout ça ont d’horrrrrrrrrrribles problème de cheveux, j’ai placé Les Bien-aimés. Et c’est bien dommage, parce que j’y allais pleine d’entrain (et d’amour, cela va sans dire).

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MATHIAS ULRICH

TOPS

Pain noir (Agusti Villaronga)

Villaronga devient mainstream tout en restant pleinement fidèle à lui-même et signe probablement son meilleur film à ce jour. C’est beau et douloureux et on en sort tout tourneboulé.

La ballade de l’impossible (Tran Anh Hung)

Après le mitigé I come with the rain, Tran Anh Hung revient avec un mélo à l’ancienne, dont l’infinie tristesse n’a d’égale que la renversante beauté plastique.

La solitude des nombres premiers (Saverio Costanzo)

Un peu le pendant optimiste de La ballade de l’impossible, et un vraie belle surprise comme l’Italie ne nous en offre plus qu’une toutes les quelques années.

The tree of life (Terrence Malick)

Un vrai trip – comme l’était déjà Le nouveau monde – un rien obtus et poseur, mais également planant et spirituel. Et impermanent, comme il se doit…

The murderer (Na Hong-jin)

Polar violent et rythmé tout autant que constat social d’un rare pessimisme. Un film qui laisse un sale goût dans la bouche.

FLOPS

Road to nowhere (Monte Hellman)

21 ans d’attente pour partir avant la fin. Bien joué, coco !

J’ai rencontré le diable (Kim Jee-woon)

On croyait que Kim avait fait le tour de ce sujet là avec A bittersweet life. En fait, c’était bien le cas : maintenant, il radote.

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SYLVAIN MAZARS

Un certain nombre de cinéastes majeurs (du moins parmi mes préférés) ont sorti un film en France en 2011 : Clint Eastwood, les frères Coen, Steven Soderbergh, Mathieu Kassovitz, Steven Spielberg, Roman Polanski, Martin Scorsese… Malheureusement, à part True Grit et Contagion, je n’en ai vu aucun cette année. Cela explique pourquoi, même en cherchant bien, je peine à dégager un seul « top » dans mon classement. En tout cas, même si, parmi les films que j’ai vu, certains valent plus que la moyenne, aucun ne se dégage vraiment comme incontournable. Par conséquent, je m’interdis le moindre « top » cette année. Pas avant d’avoir vu les films des auteurs susmentionnés. En revanche, je n’avais une fois de plus que l’embarras du choix pour les « flops ». Mais comment n’en choisir que deux, entre I’m Still Here : The Lost Year of Joaquin Phoenix, Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence, Stone, Mr. Nice, Sucker Punch, Le Mytho, Sex Friends et Animaux et Cie ? Chacun en conviendra : c’est impossible. Donc pas de tops et de flops pour moi cette année.

PS : un intrus s’est glissé dans ma liste de « cinéastes majeurs ». Saurez-vous le retrouver ?

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GREG LAUERT

TOPS

Black Swan (Darren Aronofsky)

Et le Doppelganger vint au ballet. Aronofsky secoue les tutus jusqu’à la nausée. Puissant, étourdissant, inoubliable, Black Swan est resté intouchable de janvier à décembre.

The tree of life (Terrence Malick)

Malick était un génie évident et panthéiste, il est apparu cinéaste opaque et mystique en 2011. Peu importe les détours, le big bang et la plage de St Pierre, le cœur du film constitue le plus grand bloc de pur cinéma de cette année.

True grit (Joel et Ethan Coen)

Parce qu’un petit Coen, ca reste un grand film.

Drive (Nicholas Winding Refn)

Un blond tortille du cul dans son jean taille 34, avec un cure-dent entre les ratiches, et un scorpion dans le dos. Avec un postulat impossible, Refn crée des images qui vous suivent partout. Peut être la marque du grand cinéma….

Balada triste de trompeta (Alex de la Iglesia)

L’hystérie du cinéaste espagnol s’ancre dans un cadre historique. Pour la première fois, le jeu de massacre suscite l’empathie, génère l’émotion.

Je délaisse l’exercice du flop (parce que je ne vois pas bien l’intérêt de pointer du doigt les brebis galeuses) pour m’attarder sur une poignée d’outsiders. Cette année aura été marquée par la frilosité des distributeurs. La fréquentation des salles explose, et si les inédits s’amoncèlent, il ne m’ont jamais paru d’aussi bonne qualité.

Le grand vainqueur des égarés me semble être The Woman, de Lucky McKee, chronique familiale perverse, culte désabusé de la figure féminine, et portrait d’un insondable patriarche. Le film méritait une place de choix sur nos écrans. Kevin Smith, indépendant parmi les indépendants, aura également passé les derniers mois à promener ses copies de Red State. Son jusqu’auboutisme économique le dessert et sa charge habile contre les fondamentalistes mettra un certain temps à trouver son public.

D’autres ont passés plusieurs mois dans les cartons, pour enfin sortir dans un relatif anonymat. Au rang des shockers, on pourra notamment citer Kidnappés, le punch au plexus de Miguel Angel Vivas, ou le pompier et jouissif J’ai rencontré le diable de Kim Jee Woon.

Le festival de Sundance continue à faire des petits, mais le cinéma alternatif américain peine à retrouver sa vigueur des années 90. Pourtant, Jennifer Lawrence dépèce admirablement les écureuils avec ses copains hillbillys dans le remarquable Winter’s bone. Joaquin Phoenix fabrique sa légende en singeant Jake La Motta dans I’m still here.

Dans l’Hexagone, je confesse une tendresse toute particulière pour le cinéma de Julie Delpy. Son Skylab est une chronique familiale merveilleusement datée. 2011 aura également sauvegardé une petite place au mélodrame.

Mark Romanek parvient à faire surgir l’émotion de son cinéma glacé dans Never let me go.

A l’inverse, Satrapi et Paronnaud optent pour la débauche d’effets et de couleurs pour illustrer leur Poulet aux prunes. Il ne fallait pourtant rien de plus que l’incroyable regard du grand héros romantique qu’est devenu Mathieu Amalric.

Last but not least, l’ultime surprise de cette année nous parvient encore d’Espagne, et d’un duettiste redevenu solitaire. Jaume Balaguero, qui a abandonné la saga REC, livre un petit monument d’angoisse avec Malveillance. Comme The Woman, cette histoire de concierge est avant tout le récit de la construction d’un incroyable villain de cinéma.

Ce n’est pas parce qu’on aime pas les flops qu’on ne sait pas apprécier un peu de méchanceté gratuite.

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FRANCOIS-XAVIER TABONI

TOPS

Drive (Nicolas Winding Refn) et Le Gamin au vélo (Frères Dardenne)

L’Exercice de l’état (Pierre Schoeller)

Pater (Alain Cavalier)

La Solitude des nombres premiers (Saviero Costanzo)

FLOPS

Green Lantern (Martin Campbell)

Un été brûlant (Philippe Garrel)

En 2011, nous aurons appris que The Ward (John Carpenter) ne sortirait pas au cinéma. Il n’aura la chance de concourir ni pour les tops, ni pour les flops. C’est triste.

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ROMAIN SUBLON

TOPS

L’exercice de l’état (Pierre Schoeller)

L’Apollonide (Bertrand Bonello)

La guerre est déclarée (Valérie Donzelli)

Pater (Alain Cavalier)

Black Swan (Darren Aronofsky)

Je n’ai pas souvenir d’avoir tant aimé le cinéma. Cela voudrait-il dire que je n’ai finalement pas besoin d’un chien ?

FLOPS

Somewhere (Sofia Coppola)

Un été brûlant (Philippe Garrel)

Bientôt, un mauvais film français sera meilleur qu’un mauvais film américain.

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10 Réponses to “TOPS & FLOPS 2011”

  1. Reda dimanche 1 janvier 2012 à 130120 #

    « PS : un intrus s’est glissé dans ma liste de « cinéastes majeurs ». Saurez-vous le retrouver ? »

    Facile : Steven S…oderbergh.

    Ptin c’est toujours pas ici que je vais trouver le monumental Happy Feet 2 dans un top :'(

  2. CUT lundi 2 janvier 2012 à 101015 #

    Je crains que Steven S. ne soit pas la bonne réponse… Même si…

    Happy feet 2 est si bien que ça ? Pourtant le 1 n’était pas très engageant, si ? Et pourquoi est ce un top de l’année ? Snobisme ou réalité ? On veut savoir pourquoi ces pingouins déchainent une telle passion.

  3. Reda lundi 2 janvier 2012 à 200841 #

    Qu’on n’aime pas Spielberg je peux comprendre (enfin…) mais qu’on pense qu’il n’est pas un cinéaste majeur c’est n’importe quoi tant son imagerie inonde toute la production depuis des décennies. Si c’est pas majeur, c’est quoi ?

    Happy Feet est l’oeuvre d’un cinéaste en pleine possession de ses moyens grâce à l’animation et son studio (qui était destiné à être un pôle de technique concurrent de WETA… ça bouge en Océanie) pour retranscrire ses obsessions vertigineuses (admirateur et préfaceur de Joseph Campbell).

    Le deuxième est encore plus, à mettre aux côtés de Tree Of Life ou 2001. Qui a le luxe d’être entrainant du début à la fin.

    Réussite totale sabordé par la Warner (pas de VO, 3 séances par jour, aucune après 18h.

    Et comme d’hab, débacle critique dès qu’un film regarde du côté du néoplatonisme.

  4. CUT mardi 3 janvier 2012 à 20204 #

    Pour Happy Feet, j’attends de voir avant de répondre (forcément, là, je suis démuni). D’autant que tu dis peut-être vrai…

    Pour Steven S., il s’agit de Soderbergh, pas Spielberg!! (comme tu le mentionnais dans ton 1er message)…
    Même si un cinéaste qui inonde la production actuelle n’est pas gage de qualité.

    A suivre…

  5. Reda mardi 3 janvier 2012 à 80801 #

    My bad j’avais mal interprété la réponse.
    Pour Happy Feet 2 je vais rajouter que je pensais que le monstre de mise en scène de l’année serait Tintin par Spielberg utilisant la performance capture.
    Je l’ai cru jusqu’à un beau matin de décembre où j’ai croisé quelques manchots nommés Mumble, Erik, Gloria…

  6. Sylvain mardi 3 janvier 2012 à 140206 #

    Contre toute attente, personne n’a encore trouvé la bonne réponse.

  7. Greg LAUERT mercredi 4 janvier 2012 à 140210 #

    Remarque, Kassovitz sera parfaitement d’accord avec toi quand il apprendra qu’il est un cinéaste mineur.
    Il est en pleine phase de dépréciation, à rabâcher partout qu’il n’est qu’un petit artisan et que le meilleur de sa carrière est derrière lui.
    Il ne cherche pas à se donner tort, de toute évidence.

  8. Reda mercredi 4 janvier 2012 à 180659 #

    Kasso sait très bien qu’il n’est pas un cinéaste majeur, mais entre la filmo de Kasso et celle de Soderbergh, la comparaison est vite faite… A part le sympathique Hors d’atteinte, y’a pas bezef (d’ailleurs lui même est mal à l’aise avec la place que les critiques lui ont accordé, c’est juste un mec qui s’amuse à tourner).

  9. Greg LAUERT vendredi 6 janvier 2012 à 130141 #

    Je pense qu’il connait, entre Hors d’atteinte et Traffic, une période faste que bien des cinéastes doivent lui envier.
    L’anglais, je me répète, c’est un film brillant.

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