[dvd :] I’M STILL HERE – Casey Affleck

11 Jan

Ed. CTV International

Dès l’annonce de l’arrêt de sa carrière d’acteur, on avait douté du sérieux de Joaquin Phoenix. Un doute qui amplifia lorsque l’acteur annonça qu’il décidait en fait de se lancer dans une carrière de rappeur, et plus encore à la vue de sa première prestation live… La thèse du canular fit la quasi-unanimité, d’autant qu’on nous apprenait dans la foulée que Casey Affleck, frère de Ben et beau-frère de Joaquin, préparait un (faux) documentaire sur cette affaire.

Une bonne nouvelle en un sens, puisque cela signifiait qu’on allait revoir le grand Joaquin sur grand écran. Mais restait à voir le film…

L’ayant manqué au cinéma, je fus emplis d’une joie immense lorsque le rédacteur en chef de CUT me tendit le DVD dudit film ; une joie cela dit mêlée de peur, car je ne vous cache pas que je commençais à m’inquiéter grandement pour l’égérie masculine du meilleur cinéaste de ces dix dernières années (au moins d’après moi), alias James Gray.

De forme ronde, et troué en son centre tel un donut, ledit DVD ressemblait à tout autre DVD. Mais à peine avais-je pressé le bouton « Play » de la télécommande de mon fantastique lecteur, que je fus pris de terreur : ce (faux) documentaire semblait être du grand n’importe quoi !

On nous présente au départ la famille Phoenix comme s’il s’agissait de la famille Jackson, et l’on voit ainsi les enfants Phoenix chanter  leur désir de devenir des stars internationales, un peu comme les Jackson 5 à l’époque, mais on ne sait si Papa Phoenix usait lui aussi de son ceinturon…

Puis on entre dans le vif du sujet : Joaquin est filmé au naturel, chez lui, avec ses amis ou assistants, on ne sait pas trop, et lors d’une sorte de gala de charité, il balance sa bombe à quelques journalistes : il va arrêter de faire l’acteur !!! On comprend donc que le film va suivre son année off.

Joaquin fait le fou, imite les dingueries de Jackass (sans toutefois être drôle à chaque tentative), sniffe de la coke,  fait venir des putes à domicile, enregistre des chansons dans son studio personnel pour son fameux album de rap qu’il est censé préparer… On ne s’ennuie pas, mais on a connu mieux.

Par la suite, Casey Affleck joue la transparence et filme l’entourage de Joaquin faire état de fuites quant à un supposé canular, mais du coup, on ne comprend plus : où nos deux compères veulent-ils en venir ? Le film n’est-il qu’un prétexte à un « show Joaquin Phoenix » faisant étalage de ses talents d’acteur ?… Même Ben Stiller et P. Diddy ne semblent pas tout bien comprendre lors de leurs apparitions, piègés qu’ils sont par la caméra d’Affleck.

Mes doutes initiaux persistent jusqu’à la fin du film, et se muent en un immense incompréhension : c’est donc cela une performance vidéo ?… Canular ou pas, Phoenix a pris de gros risques, mais pour quoi faire ? Je ne sais pas, l’amour de l’art sans doute…

Ce n’est pas dans mes habitudes, mais je suis resté un brin hermétique à cet objet filmique peu identifiable, et dans le genre faux documentaire, je préfèrerai certainement toujours This Is Spinal Tap. Quant à Joaquin Phoenix, ne nous inquiétons pas trop pour lui : il sera à l’affiche du prochain Paul Thomas Anderson.

Marcel Ramirez

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