[agitation :] POSITIF a 60 ans

1 Fév

Y aura de la country au cinéma Star (Strasbourg), du 2 au 5 février.

Strasbourg, le cinéma Star plus précisément, fête les 60 ans de la revue Positif. Le titre emblématique, fondé en opposition aux Cahiers du cinéma en 1952 (lire ci-dessous le texte officiel de présentation de cet anniversaire, signé Michel Cieutat l’un des plus fidèles collaborateurs de Positif), n’a jamais cessé de nourrir la cinéphilie française.

Positif a traversé la grande guerre de la critique dans les années 70, a vu disparaître ses chevaux de bataille et ses emblèmes, a survécu au désintérêt croissant pour la presse papier.

Positif vit toujours. La revue ne s’est pas marginalisée et radicalisée à l’image de son concurrent historique. Elle prône une conception différente de la presse cinéma, coûteuse soit, toujours pertinente (on y trouve les meilleures entretiens de cinéastes) et quelque part amoureuse (les films mal aimés sont oubliés ou chroniqués le mois suivant leur sortie).

Positif n’est plus la norme critique. A l’heure de la synthèse et de l’analyse post-it, le titre est devenu un pan d’histoire, un luxe cinéphile, un rêve exigeant. On ne lit plus Positif, on le collectionne, on le célèbre et on traque les numéros les plus rares.

Pendant quatre jours, les cinémas Star offriront la possibilité de revoir une poignée de chef d’œuvres, en leurs temps défendus ou mis en avant par la revue. Certaines séances seront présentées par Michel Ciment, directeur de la publication de Positif (et au passage auteur du meilleur ouvrage jamais écrit sur Stanley Kubrick), d’autres par Michel Cieutat, critique.

Greg Lauert

Précision : Un rendez-vous à vivre dès jeudi soir (et jusqu’à dimanche) au Star avec, au programme, 6 films pour 6 décennies : Cinq pièces faciles de Bob Rafelson, Muriel ou le temps d’un retour (Alain Resnais), Chungking express (Wong Kar-wai), L’As de pique (Milos Forman), Identification d’une femme (Michaelangelo Antonioni) et Nashville (Robert Altman).

Note : Voici le texte de présentation, par Michel Cieutat, de l’anniversaire des 60 ans de Positif (entre adolescence persistante, vieille rancune et souffle permanent) :

« La revue Positif est née à Lyon en mars 1952. Une bande de copains, hypokhâgneux pour la plupart, mais avant tout cinéphiles passion-nés, ont éprouvé le besoin impératif de réagir devant le manque d’intérêt social, politique, voire avant-gardiste, dont faisaient preuve les rédacteurs des Cahiers du cinéma, revue parisienne née un an auparavant. Ils décidèrent d’un commun accord de créer leur propre publication. Laissant aux Cahiers le monopole de la défense strictement formaliste des Howard Hawks, Alfred Hitchcock et autres Raoul Walsh, le fondateur de Positif Bernard Chardère et ses trois amis leur préfèrèrent Luis Buñuel, John Huston, Jacques Prévert et quiconque s’exprimait cinématographiquement en toute liberté personnelle. Devant le départ pour le service militaire de Chardère, les quatre mousquetaires des origines décidèrent de transférer le siège social de leur publication à Paris pour en assurer les assises. Les difficultés économiques ne cessèrent pratiquement jamais par la suite (malgré le bénévolat de l’ensemble de ses rédacteurs), mais la revue continua néanmoins de s’imposer de plus en plus au fil du temps comme la rivale n°1 des illustres Cahiers, voire même de “meilleure revue de cinéma du monde“ pour Martin Scorsese ! Dans les mains successives de critiques éminents comme Roger Tailleur, Robert Benayoun ou Michel Ciment, Positif a soutenu tous ceux dont l’apport au cinéma d’auteur, réalisateurs, scénaristes, techniciens, interprètes, a été considéré comme déterminant dans le développement du 7e Art, tant du point de vue de l’expression humaniste que de celui de la recherche des nouvelles formes. » (extrait du dossier presse, Michel Cieutat)

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Une Réponse to “[agitation :] POSITIF a 60 ans”

  1. caroleaurouet mercredi 4 juillet 2012 à 80801 #

    Pour les 60 ans de Positif, vient de paraître :

    Bernard Chardère – 60 ans de cinéma
    Sous la direction de Carole Aurouet
    Editions Jean-Michel Place
    2012 – ISBN 9-782858-939473
    37€50
    http://www.jeanmichelplace.com/fr/livres/detail.cfm?ProduitID=1363

    Contributions : Barthélémy Amengual, Gérard Amsellem, Carole Aurouet, Pierre Billard, Raymond Borde, Sonia Bove, Freddy Buache, Raymond Chirat, Michel Cieutat, Thierry Frémaux, Serge Gaubert, Jean A. Gili, Gérard Gozlan, Nelly Kaplan, Francis Lacassin, Lucien Logette, Vincent Lowy, Rajak Ohanian, Jean Ollé-Laprune, Sylvain Portmann, Roger-Yves Roche, Max Schoendorff, Bertrand Tavernier, Paul Louis Thirard et Anne Vignaux-Laurent.

    Bernard Chardère a fondé à Lyon la revue Positif et l’Institut Lumière, il y a respectivement 60 et 30 ans. Ce double anniversaire est l’occasion de publier un volume, richement illustré de photographies, accompagné d’un DVD. Soit un ensemble d’études et de témoignages portant sur des sujets qui sont le reflet de son inépuisable curiosité, une anthologie de ses textes parus de 1952 à nos jours, trois courts-métrages qu’il a réalisés entre 1959 et 1970 ainsi que le documentaire que Vincent Lowy lui a consacré en 2008.
    Fondateur de la revue Premier Plan (1959), secrétaire général du Théâtre de la Cité de Roger Planchon (1961), membre du Congrès Indépendant du Cinéma International (CICI, à partir de 1963), créateur de la structure de production les Films du Galion (1959), délégué général de la Fondation nationale de la Photographie (hébergée dans la maison des Lumière qu’il a ainsi sauvée des promoteurs, 1978), spécialiste des frères Lumière et de Jacques Prévert, etc., le cinéphile Bernard Chardère se bat avec une indéfectible ferveur pour une critique cinématographique militante et investie. Il n’hésite pas à se positionner sur les questions d’actualités, attaché au sujet même des films et à leur inscription dans leur époque.

    Le DVD est offert avec cet ouvrage : il comprend trois courts-métrages de Bernard Chardère produits par les Films du Galion : Autrefois les canuts ; La Ricamarie 1869-1969 ; Comme un des Beaux-Arts ainsi qu’un documentaire de Vincent Lowy : Bernard Chardère ou le cinéma comme humanisme, produit par CinéCInéma et CLC en coproduction avec TLM.

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