[à l’affiche :] Le marin masqué

14 Fév

Joe et Averell, Laurel et Hardy, Quick et Flupke...

Sophie Letourneur, cinéaste à suivre. Quand on écrit cela, on écrit tout. On n’écrit rien ? On n’écrit rien. C’est une cinéaste à suivre, qu’on l’aime ou qu’on la conchie ; oui, voilà, la plus grande qualité de Sophie Letourneur est de ne pas laisser indifférent. A l’heure du tout tiédasse, ce n’est pas rien (on y revient).

Le Marin Masqué ne sort que maintenant ; il a pourtant été tourné avant – ou plus exactement pendant – La vie au Ranch (son premier et seul long métrage à ce jour, une pépite !). « J’ai terminé le montage de La vie au ranch en décembre 2008, le financement de ce film était difficile, l’attente fût longue entre chaque étape afin de trouver l’argent pour le terminer (…) Le long métrage n’est pas une fin en soi, explique-t-elle. Ce qui m’importe c’est la spontanéité de mes désirs de cinéma quel qu’en soit le cadre. C’est dans cet esprit que j’ai écrit Le marin masqué. » Le cinéma ou la beauté du geste.

Un privilège de l’âge ? Peut-être. Sophie Letourneur n’a que 34 ans. Mais ce n’est plus une exception ; Rebecca Zlotowski, Céline Sciamma, Isild et Maïwenn le Besco, Mia Hansen-Love pour ne citer qu’elles. De l’insolence, du talent et surtout de la gourmandise ! Nine Antico (auteur de BD ; Le goût du paradis, Coney island baby, Girls don’t cry), signe la très belle affiche du film, mais aussi ce court texte (extrait du dossier presse), charmant : « Sophie Letourneur possède la clé des tiroirs secrets : ceux des instants gênants, mais charmants, futiles mais cruciaux, ratés mais jamais inutiles, qui balisent notre individualité. Ses films, d’une justesse presque documentaire, ont le venin, comme l’antidote, de la nostalgie. Ils guettent discrètement ce qui tombe de nos poches, sur le chemin cahoteux de la maturité. »

Du haut de ses 36 minutes, pas une de trop, pas une qui manque, Le marin masqué est un film qui redonne des couleurs au burlesque. Sur le canevas connu de la grande gigue et de la petite sèche, Sophie Letourneur déroule le fil d’un souvenir vieux comme le monde ; ce mec que, ado, l’on désirait plus que tout persuadée que lui aussi nous désirait plus que tout – NB : cette histoire fonctionne quelque soit le sexe des protagonistes. Et bien sûr, le souvenir est transcendé (akoibon sinon ?) avec une élégance formelle estimable et une poésie ravageuse. Qu’on se le dise, Sophie Letourneur est une cinéaste libre, qui a le goût du ridicule et le plaisir du verbe.

Avec Le marin masqué, elle signe un petit film de rien, où tout est dit.

Romain Sublon

Note : Le film n’est pas visible dans pléthore de salles (lire la liste ici), mais il passera sur Arte le vendredi 9 mars. A ne pas rater, donc.

Le marin masqué, de et avec Sophie Letourneur /// Avec Laetitia Goffi et Johan Libéreau /// En salles depuis le 8 février – 36′

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s