[à l’affiche :] MARTHA MARCY MAY MARLENE

2 Mar

Take Shelter 2

Premier long-métrage de Sean Durkin qui avait dernièrement produit le film Afterschool, Martha Marcy May Marlene raconte l’histoire d’une jeune femme fuyant la secte dans laquelle elle avait vécue pendant près de deux ans sans donner aucune nouvelle à ses proches. Elle décide de retrouver sa sœur ainée et de reprendre une vie normale, mais elle ne parvient pas à avouer la raison de sa disparition. Martha est persuadée que les membres de la secte la pourchassent. Illusion et réalité se mélangent et la paranoïa s’installe.

Grandement influencé par le Rosemary’s Baby de Polanski, l’atmosphère du film de Sean Durkin est angoissante. Il ne s’agit pas d’un film d’horreur, ni même d’un thriller ; c’est une plongée dans l’esprit d’une jeune femme qui perd ses repères et qui patauge dans la paranoïa la plus totale. La réussite du film est notamment de parvenir à rendre le spectateur aussi paranoïaque que sa protagoniste. Le montage passe du présent au passé de son personnage par des transitions pour la plupart très efficaces, le spectateur découvre peu à peu les raisons de sa méfiance, et on a la crainte, comme elle, que quelque chose arrive.

Inspiré par la secte de Charles Manson, Durkin peint le portrait d’une « famille » créée et manipulée par un leader charismatique qui récupère de jeunes personnes inadaptées, paumées, donc très influençables, pour leur faire faire ce que bon lui semble. Cette partie du film n’est jamais extravagante, ce n’est pas The Manson Family de Jim Van Bebber, Durkin ne caricature pas, il préfère faire naître l’angoisse par des silences ou par de courts moments clés présentant la dimension malsaine de cette famille. Dans le présent de Martha, elle se retrouve face à sa grande sœur et son mari qui représentent une forme de réussite sociale. Réussite que Martha rejette, persuadée qu’une autre vie est possible. Mais dans les deux cas, que ce soit dans la secte ou auprès des proches de Martha, un manque cruel de communication règne. Un manque dont Martha n’est pas forcément irresponsable. Le film de Durkin aborde entre autres la difficulté à trouver son propre chemin, de faire le choix d’une vie en présentant deux classes sociales opposées.

Durkin se demande ce qui se pourrait se passer dans la tête d’une fille fuyant une secte, à quoi ressembleraient ses jours et ses nuits après cette décision. Le réalisateur choisit un rythme relativement lent, mais jamais complaisant et aucune prétention ne s’en dégage, au contraire, même si on s’ennui parfois, ce rythme semble totalement approprié à l’histoire racontée. Pour rendre cette plongée dans la paranoïa crédible, Durkin a su bien s’entourer en choisissant de nous faire découvrir la sublime (à tous les niveaux) Elizabeth Olsen que l’on reverra sûrement très vite. Sans oublier Brady Corbet (qu’on avait aperçu dans Melancholia, mais surtout dans Mysterious Skin) et le très charismatique John Hawkes (Winter’s Bone) simplement parfait dans le rôle du leader de la fameuse secte.

Considérablement sous l’influence de Polanski, Martha Marcy May Marlene n’est peut-être pas inoubliable, mais il a le mérite d’être prenant et de se révéler comme un coup d’essai honorable, sensible et crédible.

Rock Brenner

Martha Marcy May Marlene, de Sean Durkin /// Avec Elizabeth Olsen, Sarah Paulson, Brady Corbet, John Hawkes /// En salles depuis le 29 février – 1h42

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